- 12/05 Mort de Judas. (Évangile Matthieu.)
27 3 Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il avait été condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens : 4 « J’ai péché dit-il, en livrant un sang innocent. » Mais ils dirent : « Que nous importe ? À toi de voir. » 5 Jetant alors les pièces dans le sanctuaire, il se retira et alla se pendre. 6 Ayant ramassé l’argent, les grands prêtres dirent : « Il n’est pas permis de le verser au trésor, puisque c’est le prix du sang. » 7 Après délibération, ils achetèrent avec cet argent « le champ du potier » comme lieu de sépulture pour les étrangers. 8 Voilà pourquoi ce champ-là s’est appelé jusqu’à ce jour le « Champ du Sang ». * 9 Alors s’accomplit l’oracle de Jérémie le prophète : Et ils prirent les trente pièces d’argent, le prix du Précieux qu’ont apprécié les fils d’Israël, 10 et ils les donnèrent pour le champ du potier, ainsi que me l’a ordonné le Seigneur. *
Évangile Matthieu 27 (3-10)
- – Verset 8, « champ du sang » en araméen « Haqeldama ». Une tradition très ancienne et probablement authentique place ce lieu dans la vallée de Hinnom.
- – Verset 10, ordonné le Seigneur. Yahvé se plaignait de n’avoir reçu des Israélites, en la personne de son prophète Zacharie, qu’un salaire dérisoire ; la vente de Jésus pour le même prix de misère paraît à Mt réaliser cet oracle prophétique.
- 12/05 Jésus devant Pilate.
27 11 Jésus fut amené en présence du gouverneur et le gouverneur l’interrogea en disant : « Tu es le Roi des juifs ? » Jésus répliqua : « Tu le dis ». * 12 Puis, tandis qu’il était accusé par les grands prêtres et les anciens, il ne répondit rien. 13 Alors Pilate lui dit : « N’entends-tu pas tout ce qu’ils attestent contre toi ? » 14 Et il ne lui répondit sur aucun point, si bien que le gouverneur était fort étonné.
15 À chaque Fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu’elle voulait. 16 On avait alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. * 17 Pilate dit aux gens qui se trouvaient rassemblés : « Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus que l’on appelle Christ ? » 18 Il savait bien que c’était par jalousie qu’on l’avait livré. 19 Or, tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle point de l’affaire de ce juste ; car aujourd’hui j’ai été très affectée dans un songe à cause de lui. »
20 Cependant les grands prêtres et les anciens persuadèrent aux foules de réclamer Barabbas et de perdre Jésus. 21 Prenant la parole, le gouverneur leur dit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils dirent : « Barabbas » 22 Pilate leur dit : « Que ferais-je donc de Jésus que l’on appelle Christ ? » Ils disent tous : « Qu’il soit crucifié ! » 23 Il reprit : «Quel mal a-t-il donc fait ? » Mais ils criaient plus fort : « Qu’il soit crucifié ! » 24 Voyant alors qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’il s’ensuivait plutôt du tumulte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains * en présence de la foule, en disant : « je ne suis pas responsable de ce sang ; à vous de voir ! » 25 Et tout le peuple répondit : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » * 26 Alors il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, * il le livra pour être crucifié.
Évangile Matthieu 27 (11-26)
- – Verset 11, « tu le dis ». Par ces mots Jésus reconnaît comme exact, du moins en un certain sens, ce qu’il n’aurait pas dit cependant par lui-même.
- – Verset 16, nommé Barabbas. Ici et au v 17, var : « Jésus Barabbas », ce qui donne à la question de Pilate un tour frappant, mais cette précision semble venir d’une tradition apocryphe.
- – Verset 24, et se lava les mains. Geste expressif, et que les Juifs durent bien comprendre.
- – Verset 25, et sur nos enfants. Expression biblique traditionnelle, par laquelle le peuple accepte la responsabilité de la condamnation qu’il réclame.
- – Verset 26, fait flageller. Prélude normal à la crucifixion chez les Romains.
- 12/05 Le couronnement d’épines.
27 27 Alors les soldats du gouverneur prirent avec eux Jésus dans le Prétoire * et ameutèrent sur lui toute la cohorte. 28 L’ayant dévêtu, ils lui mirent une chlamyde écarlate, * 29 puis, ayant tressé une couronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite. Et, s’agenouillant devant lui, ils se moquèrent de lui en disant : « Salut, roi des juifs ! » * 30 et, crachant sur lui, ils prenaient le roseau et en frappaient sa tête. 31 Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la chlamyde, lui remirent ses vêtements et l’emmenèrent pour le crucifier.
Évangile Matthieu 27 (27-31)
- – Verset 27, dans le Prétoire. C’est à dire la résidence du Prêteur, doit être l’ancien palais d’Hérode le Grand, où s’installait régulièrement le procurateur quand il montait de Césarée à Jérusalem. Ce palais, sis à l’ouest de la ville, était distinct de la résidence familiale des Asmonéens, qui était proche du Temple et où Hérode Antipas reçut Jésus envoyé chez lui par Pilate. Certains cherchent le prétoire dans la forteresse Antonia, au nord du Temple.
- – Mais cette localisation ne s’accorde ni avec les habitudes des procurateurs, telles que nous les font connaître les anciens textes, ni avec l’usage du mot « prétoire », qui ne peut se déplacer ainsi, ni avec les mouvements de Pilate et de la foule juive dans les récits évangéliques de la Passion, surtout celui de saint Jean.
- – Verset 28, chlamyde écarlate. Manteau de soldat romain (sagum). Sa couleur rouge va évoquer par dérision la pourpre royale.
- – Verset 29, roi des Juifs. Les Juifs s’étaient moqués de Jésus comme « prophète », les romains se moquent de lui comme « roi» : ces deux scènes reflètent bien les deux aspects, religieux et politique du procès de Jésus.
- 12/05 Le crucifiement.
27 32 En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et le requirent pour porter sa croix. 33 Arrivés à un lieu dit Golgotha, * c’est-à-dire lieu dit du Crâne, 34 ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; * il en goûta et n’en voulut point boire. 35 Quand ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort. * 36 Puis, s’étant assis, ils restaient là à le garder. 37 Ils placèrent aussi au-dessus de sa tête le motif de sa condamnation ainsi libellé :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » 38 Alors sont crucifiés avec lui deux brigands, l’un à droite et l’autre à gauche.
Évangile Matthieu 27 (32-38)
- –Verset 33, Golgotha. Transcription du mot araméen « Goulgoltha », « lieu du Crâne », en latin « Calvaria » (d’où « Calvaire »).
- – Verset 34, vin mêlé de fiel. Breuvage enivrant que les femmes juives compatissantes avaient coutume d’offrir aux suppliciés pour atténuer leurs souffrances. En fait ce vin était plutôt mêlé de « myrrhe », le « fiel » étant dû chez Mt à une réminiscence du Ps 69 22. Jésus refuse ce stupéfiant.
- – Verset 35, en tirant au sort. Add, « pour que s’accomplit l’oracle du prophète : ils se sont partagé mes vêtements, et ma robe, ils l’ont tiré au sort. » Ps 22 19, glose empruntée à Jn 19 24.
- 12/05 Jésus en croix raillé et outragé.
27 39 Les passants l’injuriaient en hochant la tête 40 et disant :
« toi qui détruis le Sanctuaire et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même, si tu es fils de Dieu, et descends de la croix ! » 41 Pareillement les grands prêtres se gaussaient et disaient avec les scribes et les anciens : 42 « Il en a sauvé d’autres et ne peut se sauver lui-même ! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix et nous croiront en lui ! 43 Il a compté sur Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s’il s’intéresse à lui ! Il a bien dit : je suis fils de Dieu ! » 44 Même les brigands crucifiés avec lui l’outrageaient de la sorte.
Évangile Matthieu 27 (39-44)
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Ps 69 22. 22 Pour nourriture ils m’ont donné du poison, dans ma soif ils m’abreuvaient de vinaigre.
Psaume 22 19 18 Je peux compter tous mes os, les gens me voient, ils me regardent ; 19 ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
Jean 19 24. 23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; 24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura» : afin que l’Écriture fût accomplie : Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà ce que firent les soldats.