AT-26 LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Chapitres : 1—   6  8

Le chœur. *

7 1 Reviens, reviens, Sulamite ; * reviens, reviens, que nous te regardions ! Pourquoi regardez-vous la Sulamite, dansant comme en un double chœur ? *

  • Vers 1. Le chœur. Un appel du chœur et une intervention du poète (plutôt que du bien-aimé) introduisent une nouvelle description de la bien-aimée, w. 2-6. Elle est symétrique à celle de 4 1-6, dont elle reprend certains éléments, les faons jumeaux, la tour, mais elle est plus sensuelle et l’ordre est différent : il va de bas en haut. Les termes de comparaison sont disparates : collier, coupe, froment, faons, tour, puis des particularités géographiques. On ne peut pas y lire une description allégorique de la Terre Sainte : la bien-aimée a les yeux en TransJordanie (Hcshbôn). le nez au Liban et la tête au Carmel. Ce sont des hyperboles, exprimant l’admiration que suscite sa vue.
  • Vers 1. Sulamite. Le nom n’apparaît qu’ici et reste inexpliqué. On a proposé d’y voir une allusion à la Sunamite qui réchauffa David et dont 1 R 1 2-4 exalte la beauté, ou une forme féminine dérivée du nom de Salomon, « celle qui appartient à Salomon », représentant le bien-aimé, cf. 3 7-11.
  • Vers 1. double chœur. La Sulamite est imaginée chantant entre deux chœurs qui scandent ses évolutions par des « Reviens » répétés, au début du v. C’est un type connu de danse orientale et pas seulement dans les fêtes de mariage. Cela justifie que la description qui suit commence par les pieds de la danseuse ; le texte pourrait être récité par le chœur et non par le bien-aimé : celui-ci n’intervient sûrement que dans le morceau suivant, vv. 7-10.

LE BiEN-AIMÉ.

2 Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbe de tes flancs est comme un collier, œuvre des mains d’un artiste. 3 Ton nombril forme une coupe, que les vins n’y manquent pas ! Ton ventre, un monceau de froment, de lis environné. 4 Tes deux seins ressemblent à deux faons, jumeaux d’une gazelle.

5 Ton cou, une tour d’ivoire. Tes yeux, les piscines de Heshbôn, près de la porte de Bat-Rabbim. Ton nez, la tour du Liban, sentinelle tournée vers Damas. 6 Ton chef se dresse, semblable au Carmel, et ses nattes sont comme la pourpre ; un roi est pris à tes boucles. * 7 Que tu es belle, que tu es charmante, ô amour, ô délices ! *

8 Dans ton élan tu ressembles au palmier, * tes seins en sont les grappes. 9 J’ai dit : Je monterai au palmier, j’en saisirai les régimes. Tes seins, qu’ils soient des grappes de raisin, le parfum de ton souffle, celui des pommes ; 10 tes discours, un vin exquis !

  • Vers 6. tes boucles. Traduction incertaine ; si elle est juste, on comparera un chant d’amour égyptien : « De ses cheveux elle a lancé contre moi ses rets. » Sur le « roi » de ce v. et la « fille de prince » du v. 2, cf. 1 4 et 12.
  • Vers 7. délices. Litt. « fille de délices » syr. et Aquila; « dans les délices » hébr. – Les w. 7-10 expriment un mouvement passionné vers la possession physique de l’aimée.
  • Vers 8. au palmier. Trois femmes de la Bible, Gn 38 6: 2 S 13 1; 14 27, s’appellent Tamar, « palmier », symbole de la beauté féminine, comme l’explicitent les deux dernières références.

La bien-aimée. *

Il va droit à mon bien-aimé, comme il coule sur les lèvres de ceux qui sommeillent. * 11 Je suis à mon bien-aimé, et vers moi se porte son désir. * 12 Viens, mon bien-aimé, allons aux champs ! * Nous passerons la nuit dans les villages, 13 dès le matin nous irons aux vignobles.

Nous verrons si la vigne bourgeonne, si ses pampres fleurissent, si les grenadiers sont en fleur. Alors je te ferai le don de mes amours. * 14 Les mandragores exhalent leur parfum, à nos portes sont tous les meilleurs fruits. Les nouveaux comme les anciens, je les ai réservés pour toi, mon bien-aimé.