LE CHŒUR. *
6 1 Où est parti ton bien-aimé, ô la plus belle des femmes ? Où s’est tourné ton bien-aimé, que nous le cherchions avec toi ?
- Vers 1 Le chœur. Nouvelle intervention du chœur, qui prépare la conclusion des vv. 2 et 3 : il ne faut pas chercher le bien-aimé, il reste présent au cœur de la bien-aimée, qui est son a jardin », cf. 4 12+.
LA BIEN-AIMÉE.
2 Mon bien-aimé est descendu à son jardin, aux parterres embaumés, pour paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lis. 3 Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ! Il paît son troupeau parmi les lis.
Cinquième poème
LE BIEN-AIMÉ. *
4 Tu es belle, mon amie, comme Tirca, charmante comme Jérusalem, * redoutable comme des bataillons. * 5 Détourne de moi tes regards, car ils m’assaillent ! * Tes cheveux sont un troupeau de chèvres, ondulant sur les pentes du Galaad.
6 Tes dents sont un troupeau de brebis, qui remontent du bain. Chacune a sa jumelle et nulle n’en est privée. 7 Tes joues sont des moitiés de grenade derrière ton voile, 8 II y a soixante reines et quatre-vingts concubines ! (et des jeunes filles sans nombre.)
9 Unique est ma colombe, ma parfaite. Elle est l’unique de sa mère, la préférée de celle qui l’enfanta. Les jeunes femmes l’ont vue et glorifiée, reines et concubines l’ont célébrée : 10 « Qui est celle-ci qui surgit comme l’aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, * redoutable comme des bataillons ? »
11 Au jardin des noyers je suis descendu, pour voir les jeunes pousses de la vallée, pour voir si la vigne bourgeonne, si les grenadiers fleurissent. 12 Je ne sais, mais mon désir m’a jeté sur les chars d’Amminadîb ! *
- Vers 4. le bien aimé. La sécurité de l’amour mutuel s’exprime au v. 3 en des termes semblables à ceux de 2 16. Les vv. 4-10 forment un petit poème que délimite la répétition des mêmes mots à la fin du v. 4 et du v. 10. Les vv. 5b-7 reprennent partiellement 4 1-2, 3b et peuvent être une addition. Le bien-aimé proclame que l’aimée est son unique, qui vaut plus que tout un harem royal, v. 8, cf. 1 R 11 3; 2 Ch 11 21; 13 21.
- Vers 4. Jérusalem. Jérusalem est « la toute belle, la joie de l’univers », Lm 2 15. Tirça, première capitale du royaume du Nord, 1 R 14 17, est mise en parallèle parce que son nom signifie qu’elle est « agréable, plaisante ».
- Vers 4. des bataillons. Sens incertain.
- Vers 5. m’assaillent. D’autres poètes parleront de « regards assassins ».
- Vers 10. le soleil. Comparer l’éloge de l’épouse dans Si 26 16-18. Le grand prêtre Simon est lui-même comparé à la lune et au soleil, Si 50 6-7, Un chant d’amour égyptien compare l’aimée, unique et sans pareille, cf. ici v. 9, à Sirius, la plus brillante des étoiles.
- Vers 12. d’Amminadîb. Les vv. Il et 12 sont indépendants du poème qui précède et ils sont énigmatiques. On ne sait pas qui parle : c’est le bien-aimé si le jardin du v. 11 représente son arme, comme en 4 12, 16 ; 5 1, mais c’est la bien-aimée si l’on considère que la seconde partie du v. sera dite par elle à 7 13. – Le v. 12 est le plus difficile du Cantique et défie toute interprétation. Peut-être cet Araminadîb est-il l’équivalent palestinien du « Prince Mehi », un personnage accessoire des chants égyptiens, qui circule en char et s’ingère dans les amours d’autrui.