03/01 Sagesse du monde et sagesse chrétienne. 1 Cor 1-2

Sagesse du monde et sagesse chrétienne.

 1  17 Car le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse * du langage, pour que ne soit pas réduite à néant * la croix du Christ. 18 Le langage de la croix, en effet, est folie * pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.

 19 Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents * je la jetterai.

 20 Où est-il, le sage ? Où est-il, l’homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse * du monde ? 21 Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, * c’est par la folie du message qu’il a plut à Dieu de sauver les croyants. 22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, * 23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, 24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. * 25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, * et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

  26 Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. 27 Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; 28 ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, 29 afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu. 30 Car c’est par lui que vous êtes * dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, * justice, sanctification et rédemption, * 31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur.

1 épître Corinthiens 1 (17-31)

–   Verset 17, sans la sagesse. A cette « sagesse » humaine (ici les spéculations de la pensée et les artifices de la rhétorique) s’opposera la sagesse de Dieu, v 24 et 2 6s.

  À néant. Litt : « vidée » (de son contenu). Paul développe ce point en 2 1-5.

Verset 18, est folie. Dans tout ce passage, folie est péjoratif : non la folie de l’héroïsme, mais la folie de la sottise, de la stupidité.

Verset 20, la sagesse. Dans tout ce passage, Paul ne condamne pas l’authentique sagesse humaine, don de Dieu et apte à connaître Dieu, v 21+, mais une sagesse orgueilleuse, suffisante.

Verset 21, sagesse de Dieu. C’est-à-dire dans les œuvres de Dieu, qui manifestent sa sagesse, cf Sg 13 1-9 ; Rm 1 19-20. Autres interprétations : par une disposition de la sagesse de Dieu ; ou : au temps de la sagesse de Dieu, c’est-à-dire de l’ancienne économie placée sous le signe de la mesure, opposée à la nouvelle où Dieu se manifeste de façon paradoxale, apparemment insensée.

  Verset 22, de sagesse. On est en quête de sécurités humaines : miracles garantissant la vérité du message (cf Jn 4 18); sagesse ou doctrine satisfaisante pour une intelligence avide de connaître. Cette quête n’est pas condamnable en elle-même, et la croix du Christ, paradoxalement, y répondra, v 24+. Mais si elle est une exigence préalable, en dehors de laquelle on refuse son adhésion, elle est inadmissible.

Verset 24, sagesse de Dieu. Humainement, la Croix apparaît comme le contraire de l’attente, pour les Juifs comme pour les Grecs : échec au lieu de manifestation glorieuse, folie au lieu de sagesse. Mais dans la foi, la croix apparaît comme comblant et dépassant l’attente : puissance et sagesse divines.

Verset 25, que les hommes. Ce caractère paradoxal de l’action divine (1 18-25) se vérifie dans l’élection des Corinthiens (1 26-30) et dans la prédication de Paul (2 15).

Verset 26, selon la chair. C’est-à-dire d’un point de vue purement humain.  

Verset 30, que vous êtes. Le mot a un sens très fort. Vous existez maintenant en Jésus Christ, vous qui auparavant n’existiez pas (v. 28) aux yeux du monde, alors que ceux qui existent selon le monde sont réduits à rien (v. 28). C’est de cette existence nouvelle en Jésus Christ que vous devez vous glorifier (v. 31) et de celle-là seulement (cf v. 29).

Venant de Dieu. Ainsi la sagesse chrétienne n’est pas le fruit d’un effort humain « selon la chair ». Elle se trouve dans un être humain apparu en « la plénitude des temps » (Ga 4 4), le Christ, qu’il faut « gagner » (Ph 3 8), pour trouver en lui « tous les trésors de la sagesse et de la science » (Col 2 3). Et cette sagesse est celle d’un salut total : « justice, sanctification, rédemption ».

Et rédemption. Ces trois derniers mots sont les thèmes fondamentaux de la future épître aux Romains, déjà en voie d’élaboration dans la pensée de Paul, cf Rm 1 17 ; 6 19, 22 ; 3 24.

Sagesse du monde et sagesse chrétienne. Suite.

 2   1 Pour moi quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. 2 Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. 3 Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant, * 4 et ma parole et mon message n’avaient rien des discours persuasifs de la sagesse ; c’était une démonstration d’Esprit et de Puissance, * 5 pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. *

6 Pourtant, c’est bien de sagesse que nous parlons parmi les parfaits, * mais non d’une sagesse de ce monde ni des princes de ce monde, * voués à la destruction. 7 Ce dont nous parlons, au contraire, c’est d’une sagesse de Dieu, mystérieuse, * demeurée cachée, celle que, dés avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire, 8 celle qu’aucun des princes de ce monde n’a connue – s’ils l’avaient connue, en effet, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la Gloire *9 mais, selon qu’il est écrit, * nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.

 10 Car c’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit ; l’Esprit en effet sonde tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu. 11 Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. 12 Or, nous n’avons pas reçu, nous, l’esprit du monde, mais l’esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits. 13 Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par l’humaine sagesse, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles. * 14 L’homme psychique * n’accueille pas ce qui est de l’Esprit de Dieu : c’est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge. 15 L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et lui même n’est pas jugé par personne. * 16 Qui en effet a connu la pensée du Seigneur, pour pouvoir l’instruire ? Et nous l’avons, nous, la pensée du Christ.

1 épître Corinthiens 2 (1-16)

          (Chap. 2) Verset 3,tout tremblant. Expression biblique stéréotypée. 

Verset 4, et de puissance. Allusion aux miracles et aux effusions de l’Esprit qui ont accompagné la prédication de Paul (voir 1 5 et 2 Co 12 12).

Verset 5, puissance de Dieu. Les discours de la sagesse humaine sont persuasifs par eux-mêmes (v 4). Ils entraînent chez les auditeurs une adhésion purement humaine (v 5). C’est ce que Paul refuse. Sa parole est bien une démonstration (v 4), car elle manifeste l’action de l’Esprit ; mais elle demande une adhésion d’un autre ordre : celui de l’Esprit.

   Verset 6, les parfaits. Non pas un groupe ésotérique d’initiés, mais ceux qui ont atteint le plein développement de la vie et de la pensée chrétienne. Cf 1 Co 14 20; Col 4 12; He 5 14; Mt 19 21+. Ils sont identiques aux « spirituels » que Paul oppose aux petits « enfants dans le Christ », 3 1.

De ce monde. Par « princes de ce monde » il faut entendre : soit les autorités humaines, soit plutôt les puissances mauvaises, les démons qui règnent sur le monde, cf 1 Co 15 24-25, Ep 6 12 ; aussi Lc 4 6 et Jn 12 31+, soit enfin les unes et les autres, les premières étant l’instrument des secondes.

Verset 7, mystérieuse. Litt : « en mystère ». Non une sagesse énigmatique, mais une sagesse dont l’objet est le mystère, le secret du dessein de salut réalisé dans le Christ, Rm 16 25.  

   Verset 8, de la Gloire. La Gloire et la splendeur de la puissance de Yahvé, Ex 24 16+, attribut divin incommunicable. En qualifiant Jésus de « Seigneur de la Gloire », Paul le met implicitement au même rang que Yahvé.

Verset 9, qu’il est écrit. Libre combinaison d’Is 64 3 et de Jr 3 16, ou citation de l’apocryphe « Apocalypse d’Élie ».

Verset 13, des réalités spirituelles. Texte difficile. On peut aussi comprendre : « montrant l’accord des choses spirituelles pour les spirituels »; « les choses spirituelles étant proportionnées aux spirituels »; « soumettant les réalités spirituelles au jugement des hommes inspirés ».

Verset 14, l’homme psychique. L’homme laissé aux seules ressources de sa nature. Cf le « corps psychique », 15 44.

Verset 15, jugé par personne. Le texte est en partie polémique : « par personne », sous entendu : « qui ne soit pas lui-même spirituel », ce qui est le cas des Corinthiens « charnels », 3 1-3. Mais au Ch 14, Paul posera les règles auxquelles doivent se plier les « spirituels ». Cf aussi 12 10+ et Th 5 19-22.

3 1 Pour moi, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des êtres de chair, * comme à de petits enfants dans le Christ. 2 C’est du lait que je vous ai donné à boire, non une nourriture solide ; vous ne pouviez encore la supporter. Mais vous ne le pouvez pas davantage maintenant, 3 car vous êtes encore charnels. Du moment qu’il y a parmi vous jalousie et dispute, n’êtes-vous pas charnels et votre conduite n’est-elle pas tout humaine ? 4 Lorsque vous dites, l’un : « Moi, je suis à Paul », et l’autre : « Moi, à Apollos », n’est-ce pas là bien humain ?

1 épître Corinthiens 3 (1-4)

  •          Ch 3, verset 1, êtres de chair. Pour le couple esprit-chair, cf Rm 1 9+ ; 7 5+.

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1 Co 14 20; 19 Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. 20 Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. 

Col 4 12; 12 Épaphras, votre compatriote, vous salue ; ce serviteur du Christ Jésus ne cesse de lutter pour vous dans ses prières, afin que vous teniez ferme, parfaits et bien établis dans tous les vouloirs divins. 

He 5 14; 13 Effectivement, quiconque en est encore au lait ne peut goûter la doctrine de justice, car c’est un tout petit enfant ; 14 les parfaits, eux, ont la nourriture solide, ceux qui, par habitude, ont le sens moral exercé au discernement du bien et du mal.

Mt 19 21+. 21 Jésus lui déclara : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi ».

Jean 12 31+, 31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors ; 32 et moi, une fois élevé de terre, J’attirerai tous les hommes à moi ”.

Rm 16 25. 25 À celui qui a le pouvoir de vous affermir conformément à l’évangile que j’annonce en prêchant Jésus Christ, révélation d’un mystère enveloppé de silence aux siècles éternels, 26 mais aujourd’hui manifesté, et par des Écritures qui le prédisent selon l’ordre du Dieu éternel, porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi ;

Ex 24 16+, La nuée couvrit la montagne. 16 La gloire de Yahvé s’établit sur le mont Sinaï, et la nuée le couvrit pendant six jours. Le septième jour, Yahvé appela Moïse du milieu de la nuée. 17 L’aspect de la gloire de Yahvé était aux yeux des Israélites celui d’une flamme dévorante au sommet de la montagne. 18 Moïse entra dans la nuée et monta sur la montagne. Et Moïse demeura sur la montagne quarante jours et quarante nuits. 

Rm 1 9+ 8 Et d’abord je remercie mon Dieu par Jésus Christ à votre sujet à tous, de ce qu’on publie votre foi dans le monde entier. Car Dieu m’est témoin, à qui je rends un culte spirituel en annonçant l’Évangile de son Fils, avec quelle continuité je fais mémoire de vous 10 et demande constamment dans mes prières d’avoir enfin une occasion favorable, si Dieu le veut, d’aller jusqu’à vous.