05/09 L’alliance et la circoncision.

  • 05/09 L’alliance et la circoncision. *

  17  1 Lorsque Abram eut atteint quatre vingt dix neuf ans, Yahvé lui apparut et lui dit : « Je suis El Shaddaï, * marche en ma présence et sois parfait. 2 J’institue mon alliance entre moi et toi, et je t’accroîtrai extrêmement » 3 et Abram tomba la face contre terre.

Dieu lui parla ainsi :

4 « Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations 5 et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, * car je te fais père d’une multitude de nations.

6 Je te rendrai extrêmement fécond, de toi, je ferai des nations, et des rois sortiront de toi, 7 de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. 8 À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu. »

9 Dieu dit à Abraham : « Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération. 10 Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est à dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis. * 11 Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de votre alliance entre moi et vous. 12 Quant ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération. Qu’il soit né dans la maison ou acheté à pris d’argent à quelque étranger qui n’est pas de ta race, 13 on devra circoncire celui qui est né dans la maison et celui qui est acheté à prix d’argent. Mon alliance sera marquée dans votre chair comme une alliance perpétuelle. 14 L’incirconcis, le mâle dont on n’aura pas coupé la chair du prépuce, cette vie là sera retranchée de sa parenté : il a violé mon alliance. »

       Dieu dit à Abraham : « Ta femme Saraï, tu ne l’appelleras plus Saraï, mais son nom est Sara. * 16 Je la bénirai, elle deviendra des nations et des rois de peuple viendront d’elle. » 17 Abraham tomba la face contre terre, et il se mit à rire * car il se disait en lui-même : « Un fils naîtra-t-il à un homme de cent ans, et Sara qui a quatre vingt dix ans va-t-elle enfanter ? » 18 Abraham dit à Dieu : « Oh ! Qu’Ismaël vive devant ta face ! » 19 Mais Dieu reprit : « Non, mais ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac, j’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance perpétuelle, pour être son Dieu et celui de sa race après lui. * 20 En faveur d’Ismaël aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. 21 Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. » 22 Lorsqu’il eut fini de lui parler, Dieu remonta d’auprès d’Abraham.

23 Alors Abraham prit son fils Ismaël, tous ceux qui étaient nés dans sa maison, tous ceux qu’il avait acquit de son argent, bref tous les mâles parmi les gens de la maison d’Abraham, et il circoncit la chair de leur prépuce, ce jour même, comme Dieu le lui avait dit. 24 Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans lorsqu’on circoncit la chair de son prépuce 25 et Ismaël, son fils, était âgé de treize ans lorsqu’on circoncit la chair de son prépuce. 26 Ce jour même furent circoncis Abraham et son Fils Ismaël, 27 et tous les hommes de sa maison, enfants de la maison ou acquis d’un étranger à prix d’argent, furent circoncis avec lui.

Genèse 17 (1-27)

  •           Titre. Nouveau récit de l’alliance, de tradition sacerdotale. L’alliance scelle les mêmes promesses que dans la tradition Yahviste du Ch. 15, mais impose cette fois à l’homme des obligations de perfection morale, v 1, un lien religieux avec Dieu, et une prescription positive, la circoncision. Comparer dans la même source, l’alliance avec Noé, Gn 9  9+.
  •       Verset 1 El Shaddaï. Ancien nom divin de l’époque patriarcale, spécialement retenu par la tradition sacerdotale, rare en dehors du Pentateuque, sauf dans Job. La traduction commune, « Dieu Tout puissant », est inexacte. Le sens est incertain ; on a proposé « Dieu de la montagne », d’après l’akkadien Shadu ; il serait préférable de comprendre « Dieu de la steppe », d’après l’hébreu Saded et un autre sens du mot akkadien. Ce serait une appellation divine apportée de Haute Mésopotamie par les ancêtres.
  •          Verset 5. Abraham. D’après la conception antique, le nom d’un être ne le désigne pas seulement, il désigne sa nature. Un changement de nom marque donc un changement de destinée. En fait, Abram et Abraham semblent être deux formes dialectales du même nom et signifier également : « Il est grand quand à son Père, il est de noble lignée. ».mais Abraham est expliqué ici par l’assonance avec ‘ab hamon « père de multitude ».
  •           Verset 10. circoncis. La circoncision était primitivement un rite d’initiation au mariage et à la vie du clan. Elle devient ici un « signe », qui rappellera à Dieu (comme dans l’arc en ciel) son alliance, et à l’homme son appartenance au peuple choisi et les obligations qui en découlent. Cependant les lois ne font que deux allusions à cette prescription. Elle ne prit toute son importance qu’à partir de l’exil. Saint Paul l’interprète comme le « sceau de la justice et de la foi », voir Rm 4  14.
  •         Verset 15. Sara. Sara et Saraï sont deux formes du même nom, qui signifie « princesse », et Sara sera mère de rois, v 16.
  •           Verset 17. à rire. Au rire d’Abraham feront écho le rire de sara, et celui d’Isaac, forme abrégée de Yçhq-el, qui signifie : « Que Dieu sourie, soit favorable, ou a souri, s’est montré favorable ». Le rire d’Abraham exprime moins l’incrédulité que son étonnement devant l’énormité de la promesse. Au moins veut-il une confirmation, qu’il sollicite en rappelant l’existence d’Ismaël, qui pourrait être l’héritier promis.
  •         Verset 19. après lui. « Pour être son Dieu et celui de » avec une partie du grec ; omis par hébreux.
  • 05/09 L’apparition de Mambré. *

  18 1 Yahvé lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu’il était assis à l’entrée de la tente, au plus chaud du jour. 2 Ayant levé les yeux, voilà qu’il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui ; dès qu’il les vit, il courut de l’entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre. * 3 Il dit : « Monseigneur, je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t’arrêter. 4 Qu’on apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l’arbre. 5 Que j’aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d’aller plus loin ; c’est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais donc comme tu as dit. »

6 Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : « Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes. » 7 Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon ; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer. 8 Il prit du caillé, du lait, le veau qu’il avait apprêté et plaça le tout devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, et ils mangèrent.

9 Ils lui demandèrent : « Où est Sara ta femme, » Il répondit « elle est dans la tente. » 10 L’hôte dit : « Je reviendrai vers toi l’an prochain ; alors, ta femme Sara aura un fils. » Sara écoutait, à l’entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui. 11 Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d’avoir ce qu’ont les femmes. 12 Donc, Sara rit en elle-même * se disant : « Maintenant je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard ! » 13 Mais Yahvé dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : « Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ? » 14 Y a-t-il rien de trop merveilleux pour Yahvé ? À la même saison l’an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils. « Je n’ai pas ri dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua : « Si, tu as ri. »

Genèse 18 (1-14)

  • –          Titre. Dans sa rédaction finale, ce récit yahviste narre une apparition de Yahvé accompagnée de deux hommes qui, d’après 19 1, sont deux Anges. Le texte hésite en plusieurs endroits entre le pluriel et le singulier. Dans ces trois hommes auxquels Abraham s’adresse au singulier, beaucoup de Pères ont vu le mystère de la trinité, dont la révélation est réservée au N.T. le récit prépare celui du Ch. 19. Le yahviste a recueilli et transformé une vieille légende sur la destruction de Sodome, dans laquelle interviennent trois personnages divins, cette histoire formait le noyau d’un cycle de Lot qui fut rattaché au cycle d’Abraham.
  •         Verset 2. à terre. Ce n’est pas une « adoration », un acte de culte, mais une simple marque d’hommage. Abraham ne reconnaît d’abord dans les visiteurs que des hôtes humains, et leur témoigne une magnifique hospitalité. Leur caractère divin ne se manifestera que progressivement. 
  •          Verset 12. elle même. Allusion au nom d’Isaac, ce rire n’est pas un manque de foi : Sara ne connaît pas encore l’identité de l’hôte, qu’elle devinera au v 15, d’ou alors sa crainte.

——————————————–

Gn 9  9+. 8 Dieu parla ainsi à Noé et à ses fils : 9 « Voici que j’établis mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous, 10 et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, bestiaux, toutes bêtes sauvages avec vous, bref tout ce qui est sorti de l’arche, tous les animaux de la terre. 11 J’établis mon alliance avec vous : tout ce qui est ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre ». 12 Et Dieu dit : « Voici le signe de l’alliance que j’institue entre moi et vous et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à venir : 13 Je mets mon arc dans la nuée et il deviendra un signe d’alliance entre moi et la terre. 14 lorsque j’assemblerai les nuées sur la terre et que l’arc apparaîtra dans la nuée, 15 Je me souviendrai de l’alliance qu’il y a entre moi et vous et tous les êtres vivants, en somme toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. 16 Quand l’arc sera dans la nuée, je le verrai et me souviendrai de l’alliance éternelle qu’il y à entre Dieu et tous les êtres vivants, en somme toute chair qui est sur la terre ».

Rm 4  14. 14 Car si l’héritage appartient à ceux qui relèvent de la Loi, la foi est sans objet, et la promesse sans valeur ; 15 la Loi en effet produit la colère, tandis qu’en l’absence de loi il n’y a pas non plus de transgression. 16 Aussi dépend-il de la foi, afin d’être don gracieux, et qu’ainsi la promesse soit assurée à toute la descendance, qui se réclame de la Loi seulement, mais encore de la foi d’Abraham, notre père à tous, 17 comme il est écrit : Je t’ai établi père d’une multitude de peuples – notre père devant Celui auquel il a cru, le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence.