- 07/03 Confiance en Dieu. *
(Job 4 1-21)
4 1 Éliphaz de Témân prit la parole et dit : 2 Si on t’adresse la parole, le supporteras-tu ? Mais qui pourrait garder le silence ! 3 Vois, tu faisais la leçon à beaucoup d’autres, tu rendais vigueur aux mains débiles ; 4 tes propos redressaient l’homme qui chancelle, fortifiaient les genoux qui ploient.
5 Et maintenant, ton tour venu, tu perds patience, atteint toi-même, te voilà tout bouleversé ! 6 Ta piété ne t’inspire-t-elle pas confiance, ta vie intègre n’est-elle pas ton assurance ? 7 Souviens-toi : quel est l’innocent qui a péri ? Où donc a-t-on vu des justes exterminés ? 8 Je parle d’expérience : ceux qui labourent l’iniquité et sèment le malheur, les moissonnent.
9 Sous l’haleine de Dieu ils périssent, au souffle de sa colère ils sont anéantis. 10 Les rugissements du lion, les cris du fauve, comme les crocs des lionceaux sont brisés. 11 Le lion périt faute de proie, et les petits de la lionne se dispersent. 12 J’ai eu aussi une révélation furtive, * mon oreille en a perçu le murmure. 13 À l’heure où les rêves agitent confusément l’esprit, quand une torpeur envahit les humains, 14 un frisson d’épouvante me saisit et remplit tous mes os d’effroi. 15 Un souffle glissa sur ma face, hérissa le poil de ma chair. 16 Quelqu’un se dressa… je ne reconnus pas son visage, mais l’image restait devant mes yeux. Un silence… puis une voix se fit entendre : 17 « Un mortel est-il juste devant Dieu, en face de son Auteur, un homme serait-il pur ?
18 À ses serviteurs mêmes, Dieu ne fait pas confiance, et il convainc ses anges d’égarement. * 19 Que dire des hôtes de ces maisons d’argile, posées elles-mêmes sur la poussière ? On les écrase comme une mite ; 20 un jour suffit à les pulvériser à jamais ils disparaissent, car nul ne les ramène. * 21 Leur piquet de tente est arraché et ils meurent dénués de sagesse. » *
Job 4 (1-21)
- – Titre. Cette réponse d’Éliphaz exprime en la durcissant la doctrine traditionnelle de la rétribution : doctrine qui est avant tout une affirmation de foi en la justice providentielle du Dieu de l’Alliance. Doutant de son efficacité dans tous les cas, le poète la rappelle néanmoins avec beaucoup de chaleur.
- – Verset 12. furtive. Litt. « À moi une parole vint furtivement ». Il s’agit d’une parole céleste, proférée par un personnage mystérieux, cf. v. 16, communiquée au milieu d’un sommeil profond (même terme en Gn 2 21; 15 12) et visant à provoquer le frisson du sacré.
- Ce mode de connaissance surnaturel contraste avec le caractère rationnel de la doctrine des sages et atteste une évolution de celle-ci, du moins dans certains cercles. Mais la révélation dont se réclame Éliphaz ne correspond exactement ni à l’expérience habituelle des prophètes, lesquels recevaient ordinairement la Parole à l’état de veille, ni à l’inspiration que revendiquera plus tard le Siracide, 24 31-33; 39 6. Elle s’apparente plutôt aux songes ou visions nocturnes, cf. Za 1 8, avec une note terrifiante soulignée volontiers par le genre littéraire apocalyptique, cf. Dn 4 2; 5 5-6.
- – Verset 18. d’égarement. « Serviteurs de Dieu » et anges sont identiques. Si ces êtres qui approchent Dieu gardent pourtant une infirmité radicale, à plus forte raison l’homme charnel et périssable.
- – Verset 20. les ramène. « nul ne les ramène » meshîb conj.; « nul n’y prend garde » (?) meshîm hébr.
- – Verset 21. de sagesse. « piquet de tente » yetedam conj.; « corde » yitram hébr. – « dénués de sagesse », litt. « et non avec sagesse » ; on pourrait aussi comprendre « faute de sagesse » ou « et ce n’est pas la faute de la sagesse ». Mais le contexte immédiat, qui insiste sur la fragilité de l’homme en général et la brièveté de son existence, suggère plutôt l’idée que celui-ci n’a pas ou ne sait pas trouver le temps (cf. ps 90 12) d’acquérir la sagesse, ou encore que sa science limitée ne peut rien contre la mort.
(Job 5 1-27)
5 1 Appelle maintenant ! Est-ce qu’on te répondra ? Auquel des saints * t’adresseras-tu ? 2 En vérité, le dépit tue l’insensé et l’emportement fait mourir le sot. 3 J’ai vu ceci, moi : l’un deux prenait racine, quand sa demeure fut soudain maudite. *
4 Ses fils sont privés de tout appui, accablés à la Porte * sans défenseur ; 5 leur moisson nourrit des affamés, car Dieu la leur ôte de la bouche, * et des hommes altérés convoitent leurs biens. 6 Non, la misère ne sort pas de terre, la peine ne germe pas du sol. 7 C’est l’homme qui engendre la peine comme le vol des aigles recherche l’altitude, * 8 Pour moi, j’aurais recours à Dieu à lui j’exposerais ma cause. *
9 II est l’auteur d’œuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter. 10 II répand la pluie sur la terre, envoie les eaux sur les campagnes. 11 S’il veut relever les humiliés, pousser les affligés au comble du bonheur, 12 il déjoue les desseins des astucieux, incapables de mener à bien leurs intrigues. 13 II prend les sages au piège de leurs astuces, rend stupides les conseillers retors. 14 En plein jour ils se heurtent aux ténèbres, ils tâtonnent à midi comme dans la nuit.
15 II arrache de leur gueule l’homme ruiné * et le pauvre des mains du puissant. 16 Alors le faible renaît à l’espoir et l’injustice doit fermer la bouche. 17 Oui, heureux l’homme que Dieu corrige ! Aussi, ne méprise pas la leçon * de Shaddaï ! * 18 Lui, qui blesse, puis panse la plaie, qui meurtrit, puis guérit de sa main, 19 six fois de l’angoisse il te délivrera, et une septième le mal t’épargnera * 20 Dans une famine, il te sauvera de la mort ; à la guerre, des atteintes de l’épée. 21 Tu seras à l’abri du fouet de la langue, sans crainte à l’approche du pillard. * 22 Tu riras de la sécheresse et du gel * et tu ne craindras pas les bêtes de la terre. 23 Tu auras un pacte avec les pierres des champs * les bêtes sauvages seront en paix avec toi. 24 Tu trouveras ta tente prospère, ton bercail au complet quand tu le visiteras. 25 Tu verras ta postérité s’accroître, tes rejetons pousser comme l’herbe des champs. 26 Tu entreras dans la tombe bien mûr, comme on entasse la meule en son temps. 27 Tout cela, nous l’avons observé : c’est la vérité ! À toi d’écouter et d’en faire ton profit.
Job 5 (1-27)
- – Verset 1. des saints. Les anges, cf. 15 15 (à éclairer par 4 18); Za 14 5; Dn 4 10, 14, 20; 8 13. Leur intercession est encore mentionnée à 33 23-24, cf. Za 1 12; Tb 12 12. La question d’Éliphaz est formulée sur un ton ironique : si les anges eux-mêmes sont jugés par Dieu, il ne sert à rien de compter sur leur appui contre Dieu. Mais elle suppose précisément la coutume de recourir à une intercession de cette nature, coutume qui pourrait avoir de lointaines attaches polythéistes : le dieu d’un individu intervenait dans l’assemblée des dieux pour défendre son client.
- – Verset 3. maudite. « fut maudite » d’après grec et syr.; « je maudis » hébr. – le texte des w. 3-4 est mal assuré et la traduction reste conjecturale.
- – Verset 4. la Porte. La porte principale de la ville, lieu des rassemblements et de la justice.
- – Verset 5. la bouche. « de la bouche », litt. « de leurs dents », mishshinîm conj.; « (hors) des épines » miççinîm hébr. Verset 7.
- – l’altitude. «qui engendre» yôlid conj.; «qui est né» yûllad hébr. – « aigles » : en suivant les versions qui ont lu nesher ; mais l’hébr. « fils de Reshep » a peut-être le même sens : Reshep, dieu de la foudre et de l’éclair aurait l’aigle pour symbole.
- – Verset 8. ma cause. Après sa question ironique du v. 1 (cf. note explicative), Éliphaz semble opposer à ceux qui recourent aux anges, ceux qui, comme lui, n’ont pas peur de s’adresser directement à Dieu. Par là même, il invite Job à rectifier son attitude vis-à-vis de Dieu et à se comporter avec plus de loyauté à son égard.
- – Verset 15. l’homme ruiné. ruiné » mohorab conj.; « de l’épée » mehereb hébr.
- – Verset 17. la leçon. Les maux de Job sont donc une correction, une leçon douloureuse mais salutaire. Ainsi dira encore Élihu, 33 19s.
- – Verset 17. de Schaddaï. Ce nom divin de l’époque patriarcale, cf. Gn 17 1+, est employé dans Jb avec une intention d’archaïsme.
- – Verset 19. t’épargnera. Eliphaz s’exprime à la façon des « proverbes numériques », cf. Pr 6 16-19; 30 15s.
- – Verset 21. du pillard. du pillard » conj.; « du pillage » hébr.
- – Verset 22. du gel. « de la sécheresse et du gel » lesharab ûlekepôr conj.; « du pillage et de la famine » leshod ûlekapan hébr., mais ces deux fléaux sont déjà mentionnés.
- – Verset 23. des champs. Dont il faut débarrasser, en Palestine, les champs cultivés. Cf. Is 52; 2 R 3 19, 25.
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Gn 2 21 ; 21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. 22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.
Za 1 8, 8 J’eus une vision pendant la nuit. Voici : Un homme montant un cheval roux se tenait parmi les myrtes qui ont leurs racines dans la profondeur ; derrière lui, des chevaux roux, alezans, et blancs. 9 Je dis : « Qui sont ceux-là, mon Seigneur ? » Et l’ange qui me parlait me dit : « Je te ferai voir qui ils sont. »
Dn 4 2 ; 2 J’ai eu un songe : il m’a épouvanté ; des angoisses, sur ma couche, et les visions de ma tête m’ont tourmenté. 3 Je décrétai : qu’on m’amène tous les sages de Babylone pour qu’ils me fassent connaître l’interprétation du rêve. 4 Magiciens, devins, chaldéens et exorcistes sont venus : je leur dis mon rêve, ils ne m’en donnèrent pas l’interprétation.
Dn 5 5-6 ; 5 Soudain apparurent des doigts de main humaine qui se mirent à écrire, derrière le lampadaire, sur le plâtre du mur du palais royal, et le roi vit la paume de la main qui écrivait. 6 Alors le roi changea de couleur, ses pensées se troublèrent, les jointures de ses hanches se relâchèrent et ses genoux se mirent à s’entrechoquer. 7 II manda en criant devins, chaldéens et exorcistes. Et le roi dit aux sages de Babylone : « Quiconque lira cette écriture et m’en découvrira l’interprétation, on le vêtira de pourpre, on lui mettra une chaîne d’or autour du cou et il gouvernera en troisième dans le royaume. »
Dn 4 10, 14, 20 ; 10 Je contemplai les visions de ma tête, sur ma couche. Voici : un Vigilant, un saint descend du ciel. — 14 C’est la sentence que prononcent les Vigilants, la question tranchée par les saints, afin que sache tout vivant que le Très Haut a domaine sur le royaume des hommes : il le donne à qui lui plaît et élève le plus bas d’entre les hommes ! — 20 « Quant à ce qu’a vu le roi : un Vigilant, un saint, descendu du ciel, qui disait : Abattez l’arbre, détruisez-le, mais la souche et ses racines laissez-les en terre, dans des liens de fer et de bronze, dans l’herbe des champs, et qu’il soit baigné de la rosée du ciel et que sa part soit avec les bêtes des champs jusqu’à ce que sept temps soient passés sur lui.
Dn 8 13 ; 13 J’entendis un saint qui parlait, et un autre saint dit à celui qui parlait : « Jusques à quand la vision : le sacrifice perpétuel, désolation de l’iniquité, sanctuaire et légion foulés aux pieds ? » 14 II lui dit : « Encore deux mille trois cents soirs et matins, alors le sanctuaire sera revendiqué. »
Za 1 12 ; 11 Or ils s’adressèrent à l’ange de Yahvé qui se tenait parmi les myrtes, et ils dirent : « Nous venons de parcourir la terre, et voici que toute la terre est en repos et tranquillité. » 12 Alors l’ange de Yahvé prit la parole et dit : « Yahvé Sabaot, jusques à quand tarderas-tu à prendre en pitié Jérusalem et les villes de Juda auxquelles tu as fait sentir ta colère depuis soixante-dix ans ? » 13 À l’ange qui me parlait, Yahvé répondit par des paroles de bonté, des paroles de consolation.
2 R 3 19, 25. (contre Moab) 19 Vous frapperez toutes les villes fortes, vous abattrez tous les arbres de rapport, vous boucherez toutes les sources et vous désolerez tous les meilleurs champs en y jetant des pierres. » — 25 Ils détruisaient les villes, ils jetaient chacun sa pierre dans tous les meilleurs champs pour les remplir, ils bouchaient toutes les sources et abattaient tous les arbres de rapport. Finalement, il ne resta plus que Qir-Hérès : les frondeurs l’encerclèrent et la battirent de leurs coups.