64 1 comme le feu enflamme des brindilles, comme le feu fait bouillir l’eau, pour faire connaître ton nom à tes adversaires, devant ta face les nations trembleraient 2 quand tu ferais des prodiges inattendus. (Tu es descendu : devant ta face les montagnes ont été ébranlées.) * 3 Jamais on n’avait ouï dire, on n’avait pas entendu, et l’œil n’avait pas vu * un Dieu, toi excepté, agir ainsi en faveur de qui a confiance en lui.
4 Tu as rencontré celui qui, plein d’allégresse, pratique la justice ; en suivant tes voies, ils se souviendront de toi. Voici que toi, tu t’es irrité, et nous avons péché. Nous sommes à jamais dans tes voies et nous serons sauvés. * 5 Tous, nous étions comme des êtres impurs, et nos bonnes actions comme du linge souillé. Tous, nous nous flétrissons * comme des feuilles mortes, et nos fautes nous emportent comme le vent.
6 Plus personne pour invoquer ton nom, pour se réveiller en s’attachant à toi, car tu nous as caché ta face et tu nous as livrés * au pouvoir de nos fautes. 7 Et pourtant, Yahvé, tu es notre père, nous sommes l’argile, tu es notre potier, nous sommes tous l’œuvre de tes mains. 8 Yahvé, ne t’irrite pas à l’excès, ne garde pas à jamais le souvenir de la faute. Vois donc, nous sommes tous ton peuple.
9 Tes villes saintes sont devenues un désert, Sion est devenue un désert, Jérusalem, un lieu désolé. 10 Notre temple saint et magnifique, où nos ancêtres te louaient, est devenu la proie du feu. Tout ce que nous aimions est devenu ruine. 11 Peux-tu rester insensible à tout cela, Yahvé ? Te taire serait nous humilier à l’excès.
- – Titre. Le long poème 63 7 – 64 11 a la forme d’un psaume de supplication collective, cf. spécialement Ps 44 et 89 et les Lamentations. Les références de 63 18 et 64 9-10 à la ruine de Jérusalem et du Temple en 587 indiquent que le souvenir de la catastrophe est encore tout proche. Le poème date du début de l’Exil. Le rappel de l’histoire passée, 63 7-14, est conforme à la théologie deutéronomiste : Dieu châtie son peuple révolté, puis il le sauve.
- – Verset 9. un messager. « messager » çir grec; « angoisse » car hébreu.
- – Verset 11. son serviteur. « son serviteur » mss, syr.; « son peuple » hébr.
- – Verset 14. nom glorieux. Les vv. 11-14 rappellent le premier grand acte sauveur de Dieu, la délivrance d’Égypte, comme le gage du salut à venir.
- – Verset 15. et vois. Ici commence proprement la supplication, encadrée par les deux appels de 63 15 et 64 11 qui se correspondent. Entre les deux, les thèmes ordinaires aux supplications se succèdent sans plan défini. Noter l’insistance sur la paternité divine, 63 16; 64 7.
- – Verset 19. et descendait. La phrase se continue à 64 lb. Cet appel à la venue de Yahvé est interrompu par l’évocation des traits ordinaires des théophanies, cf. Ps 18 6-7; 144 5, etc.
- – Verset 2. ébranlées. Glose qui répète 63 19.
- – Verset 3. pas vu. Saint Paul, 1 Co 2 9, semble citer ce texte en une formule mieux rythmée : « l’œil n’a pas vu et l’oreille n’a pas entendu… » II est difficile de dire s’il cite largement ou s’il possédait un texte d’Isaïe différent du nôtre.
- – Verset 4. seront sauvés. Litt. : « en elles nous sommes à jamais… »; l’expression peut se rapporter aux « voies » du début du v., mais d’autres interprètent tout autrement : « Dans nos fautes nous sommes à jamais et nous serions sauvés! ». Ce serait alors un cri de découragement. On reste hésitant, et il est possible que le texte soit corrompu.
- – Verset 5. nous flétrissons. « nous flétrissons » grec; hébr. incertain.
- – Verset 6. a livrés. « tu nous a livrés » versions; « tu nous as fait trembler » (?) hébr.