Jonas sauvé.
2 1 Yahvé fit qu’il y eut un grand poisson pour engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. * 2 Des entrailles du poisson, il pria Yahvé, son Dieu. Il dit : * 3 De la détresse où j’étais, j’ai crié vers Yahvé, et il m’a répondu ; du sein du shéol, j’ai appelé, tu as entendu ma voix. 4 Tu m’avais jeté dans les profondeurs, au cœur de la mer, et le flot m’environnait. Toutes tes vagues et tes lames ont passé sur moi. 5 Et moi je disais : Je suis rejeté de devant tes yeux. Comment contemplerai-je * encore ton saint Temple ? 6 Les eaux m’avaient environné jusqu’à la gorge, l’abîme me cernait. L’algue était enroulée autour de ma tête.
7 À la racine des montagnes j’étais descendu, * en un pays dont les verrous étaient tirés sur moi pour toujours. Mais de la fosse tu as fait remonter ma vie, Yahvé, mon Dieu. 8 Tandis qu’en moi mon âme défaillait, je me suis souvenu de Yahvé, et ma prière est allée jusqu’à toi en ton saint Temple. 9 Ceux qui servent des vanités trompeuses, c’est leur grâce qu’ils abandonnent. 10 Moi, aux accents de la louange, je t’offrirai des sacrifices. Le vœu que j’ai fait, je l’accomplirai. De Yahvé vient le salut. 11 Yahvé commanda au poisson, qui vomit Jonas sur le rivage.
Jonas 2 (1-11)
- – Verset 1. trois nuits. Sur ce poisson, et plus généralement sur les prodiges accumulés par l’auteur de Jonas.
- – Verset 2. il dit. Ce cantique, mosaïque d’emprunts à divers psaumes, a la structure habituelle des psaumes d’action de grâces : rappel des angoisses passées, récit de la délivrance. Les psalmistes assimilent les grands dangers à la mort, et la libération à une résurrection ; de même ici : cf. vv. 6, 7, 8.
- – La mer, ennemie de Dieu à l’origine, cf. Jb 7 12+, est regardée, soit comme le Royaume de la mort, soit du moins comme le chemin qui y conduit. On comprend donc les expressions si fortes de ce cantique, et aussi que l’aventure de Jonas ait été présentée par Jésus, Mt 12 40 ; Lc 11 30, comme la figure de son propre séjour « dans le cœur de la terre » (le shéol plutôt que le tombeau, cf. Jon 2 2-3).
- – Le Royaume de la mort apparaît alors comme un monstre vorace, qui ne peut retenir Jésus et le rejette lors de sa résurrection. L’analogie entre le baptême du chrétien et la résurrection du Christ a conduit à utiliser dans le même sens la figure de Jonas dans la typologie baptismale.
- – Verset 5. contemplerai-je. « Comment contemplerai-je » conj.; « Pourtant je contemplerai » hébreu.
- – Verset 7. descendu. « la racine des montagnes » désigne sans doute le fond de la mer (sur laquelle était censée reposer la terre).