01/02 L’épreuve de la liberté. Genèse 2

  • 01/02 L’épreuve de la liberté. Le paradis. * Genèse 2

2  4b Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel, 5 il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol. 6 Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. 7 Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, * il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant. *

8 Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, * à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé, 9 Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbre séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie * au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. 10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là se divisait pour former quatre bras. * 11 Le premier s’appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l’or ; 12 L’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium * et la pierre de cornaline. 13 Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush. 14 Le troisième fleuve s’appelle le Tigre : il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate. 15 Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. 16 Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement :

« Tu peux manger de tous les arbres du jardin. 17 Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal * tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort ». *

18 Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie ». * 19 Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné. 20 L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.

21 Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. * 22 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme * et l’amena à l’homme.

       23 Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair !  Celle-ci sera appelée « femme » * car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »

24 C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. 25 Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.

Genèse 2 (4b-25)

  •          Titre. La section 2 4b – 3 24 appartient à la source yahviste. Ce n’est pas comme on le dit souvent, un « second récit de la création », suivi d’un « récit de la chute », ce sont deux récits combinés qui utilisent des traditions diverses: un récit de la création de l’homme distincte de la création du monde et qui n’est complète que par la création de la femme et l’apparition du premier couple humain, 2 4b-8, 18-24; un récit sur le paradis perdu, la chute et le châtiment, qui commence en 2 9-17 et se continue par 3 1-24.
  •        Verset 7, la glaise du sol. L’homme, (‘adam), vient du sol, (‘adamah), cf. 3 19. Ce nom collectif deviendra le nom propre du premier humain, Adam, cf. Gn 4 25; 5 1,3.
  •    Un être vivant. C’est le mot (nephesh), qui désigne l’être animé par un souffle vital, manifesté aussi par « l’esprit », (ruah), 6 17+; Is 11  2+, cf. Ps 6 5+.  
  •      Verset 8, jardin en éden. « Jardin » est traduit « paradis » dans la version grecque, puis dans toute la tradition. « Éden » est un nom géographique qui se dérobe à toute localisation, et a pu d’abord signifier « steppe ». Mais les Israélites ont interprété le mot d’après l’hébreu « délices », racine (‘dn). la distinction entre éden et le jardin, exprimée ici et au v 10, s’estompe ensuite : on parle du « jardin d’éden », v 15 ; Gn 3 23,24. Dans Ez 28 13 et 31 9, Éden est le « jardin de Dieu », et dans Is 51 3, Éden, le « jardin de Yahvé » est opposé au désert et à la steppe.    
  •      Verset 9, arbre de vie. Symbole de l’immortalité, cf. 3 22+, sur l’arbre de la connaissance du bien et du mal, cf. v 17.    
  •    Verset 10, quatre bras. Les v v 10-14 sont une parenthèse, mais elle a probablement été insérée par le yahviste lui-même, qui utilisait de vieilles notions sur la configuration de la terre. Son propos n’est pas de localiser le jardin d’Éden, mais de montrer que les grands fleuves qui sont les artères vitales des quatre régions du monde ont leur source au paradis. Il n’est pas étonnant que cette géographie soit incertaine. Le Tigre et l’Euphrate sont bien connus et ont leur source dans les monts d’Arménie, mais le Pishôn et le Gihôn sont inconnus. Havila est, d’après Gn 10 29, une région d’Arabie, et Kush désigne d’ailleurs l’éthiopie, mais il n’est pas sûr que ces deux noms soient à prendre ici dans leur sens habituel.
  •        Verset 12, le bdellium. Gomme arabique.   
  •      Verset 17, du bien et du mal. Cette connaissance est un privilège que Dieu se réserve et que l’homme usurpera par le péché, Gn 3 5-22. Ce n’est donc ni l’omniscience, que l’homme déchu ne possède pas, ni le discernement moral, qu’avait déjà l’homme innocent et que Dieu ne peut pas refuser à sa créature raisonnable.
  • C’est la faculté de décider soi-même de ce qui est bien et mal et d’agir en conséquence, une revendication d’autonomie morale par laquelle l’homme renie son état de créature, cf. Is 5 20. Le premier péché a été un attenta à la souveraineté de Dieu, une faute d’orgueil. Cette révolte s’est exprimée concrètement par la transgression d’un précepte posé par Dieu et représenté sous l’image du fruit défendu.   
  •       Passible de mort. La même expression est employée dans les lois et les sentences qui prévoient une peine de mort. La manducation du fruit ne doit pas provoquer une mort instantanée : Adam et Ève y survivront et la condamnation de 3 16-19 ne parle pas de la mort que comme le terme d’une vie misérable. Le péché, symbolisé par la manducation du fruit, mérite la mort : le texte ne dit pas plus, cf. 3 3.   
  •      Verset 18, qui lui soit assortie. Le récit de la création de la femme, v v 18-24, semble provenir d’une tradition indépendante : dans le v 16, « homme désigne l’homme et la femme comme en 3 24, et 3 1-3, qui continue 2 17, suppose que le précepte a été donné à l’homme et à la femme.    
  •      Verset 21, la chair à sa place. La chair (basar), c’est d’abord, chez l’animal ou l’homme, la « viande », les muscles, Gn 41 2-4 ; Ex 4 7 ; Jb 2 5. C’est aussi le corps entier, Nb 8 7 ; 1 R 21 27 ; 2 R 6 30, et donc le lien familial, 2 23 ; 29 14 ; 37 27, voire l’humanité ou l’assemblée des êtres vivants (toute chair). Ps 56 5 ; Is 40 6 ; Jr 17 5. L’âme, 2 7+ ; Ps 6 5+, ou l’esprit, 6 17+, animent la chair sans s’additionner à elle, en la rendant vivante. Souvent néanmoins la « chair » souligne ce qu’il y a de fragile et de périssable en l’homme, 6 3 etc. ; et peu à peu l’on percevra une certaine opposition entre les deux aspects de l’homme vivant, Ps 78 39 etc. ; cf. aussi Sg 8 19 ; 9 15+.
  •  L’hébreu n’a pas de mot pour dire « corps » : le NT suppléera à cette lacune en développant (sôma) à coté de (sarx), cf. Rm 7 5+ ; 7 24+.   
  •      Verset 22, une femme. Expression imagée du rapport qui relie l’homme et la femme, v 23, et qui les unit dans le mariage, v 24.      
  • Verset 23, « femme ». L’hébreu joue sur les mots (‘ishsha) « femme » et (‘ish) « homme »

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Gn 4 25 ; 25 Adam connut sa femme ; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth « car, dit-elle, Dieu m’a accordé une autre descendance à la place d’Abel, puisque Caïn l’a tué ». 26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d’Énoch. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé. 

Gn 5 1,3 .  1 Voici le livret de la descendance d’Adam : Le jour où Dieu créa Adam, il le fit à la ressemblance de Dieu. 2 Homme et femme il les créa, il les bénit et leur donna le nom d’« homme », le jour où ils furent crées. 3 Quand Adam eut cent trente ans, il engendra un fils à sa ressemblance, comme son image, et il lui donna le nom de Seth. 4 Le temps que vécut Adam après la naissance de Seth fut de huit cents ans et il engendra des fils et des filles. 5 toute la durée de la vie d’Adam fut de neuf cent trente ans, puis il mourut.

Gn 3 23,24.  23 Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré. 24 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.

Gn 3 5-22. 2 La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger des fruits des arbres du jardin. 3 Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : « Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort ». 4 Le serpent répliqua à la femme : « pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! 5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal ». 6 La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. 7 Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.   8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin. 9 Yahvé Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il. 10 « j’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. 11 Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ! ». —- 22 Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours ! » 23 Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’éden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré. 24 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.