- 10/22 Détresse présente de Job.
30 1 Et maintenant, je suis la risée de gens qui sont plus jeunes que moi, et dont les pères étaient trop vils à mes yeux pour les mêler aux chiens de mon troupeau. *
2 Aussi bien, la force de leurs mains m’eût été inutile : ils avaient perdu toute vigueur, *
3 épuisée par la disette et la famine, car ils rongeaient les racines de la steppe, * ce sombre lieu de ruine et de désolation ;
4 ils cueillaient l’arroche sur le buisson faisaient leur pain des racines de genêt.
5 Bannis de la société des hommes, qui les hue comme des voleurs,
6 ils logent au flanc des ravins, dans les grottes ou les crevasses du rocher.
7 Des buissons, on les entend braire, ils s’entassent sous les chardons.
8 Fils de vauriens, bien plus, d’hommes sans nom, ils sont rejetés par le pays. *
9 Et maintenant, voilà qu’ils me chansonnent, qu’ils font de moi leur fable !
10 Saisis d’horreur, ils se tiennent à distance, devant moi, ils crachent sans retenue.
11 Et parce qu’il a détendu mon arc et m’a terrassé, ils rejettent la bride en ma présence.
12 Leur engeance surgit à ma droite, épie si je suis tranquille et fraie vers moi ses chemins sinistres. *
13 Ils me ferment toute issue, en profitent pour me perdre et nul ne les arrête, *
14 ils pénètrent comme par une large brèche et je suis roulé * sous les décombres.
15 Les terreurs se tournent contre moi, mon assurance est chassée * comme par le vent, mon espoir de salut disparaît comme un nuage.
16 Et maintenant, la vie en moi s’écoule, les jours de peine m’ont saisi.
17 La nuit, le mal * perce mes os et mes rongeurs ne dorment pas.
18 Avec violence il m’a pris * par le vêtement, serré au col de ma tunique.
19 II m’a jeté dans la boue, je suis comme poussière et cendre.
20 Je crie vers Toi et tu ne réponds pas ; je me présente sans que tu me remarques. *
21 Tu es devenu cruel à mon égard, ta main vigoureuse sur moi s’acharne.
22 Tu m’emportes à cheval sur le vent et tu me dissous dans une tempête.
23 Oui, je sais que tu me fais retourner vers la mort, vers le rendez-vous de tout vivant.
24 Pourtant, ai-je porté la main sur le pauvre, quand, dans sa détresse, il réclamait justice ? *
25 N’ai-je pas pleuré sur celui dont la vie est pénible, éprouvé de la pitié pour l’indigent ?
26 J’espérais le bonheur, et le malheur est venu ; j’attendais la lumière : voici l’obscurité.
27 Mes entrailles bouillonnent sans relâche, les jours de souffrance m’ont atteint.
28 Si je m’avance l’air sombre, nul ne me console, * si je me dresse dans l’assemblée, c’est pour crier.
29 Je suis devenu le frère des chacals et le compagnon des autruches.
30 Ma peau sur moi s’est noircie, mes os sont brûlés par la fièvre.
31 Ma harpe est accordée aux chants de deuil, ma flûte à la voix des pleureurs.
Job 30 (1-31)
- Verset 1. mon troupeau. La classe des indigents, rebut de la société, cf. 24 4s. Job est maintenant rejeté au-dessous d’eux.
- Verset 2. vigueur. « toute vigueur » kol leah conj.; « maturité » (?) kalah hébr.
- Verset 3. la steppe. « racines » est restitué : le mot ‘iqqarê a dû tomber par haplographie après toreqîm (litt. a rongeant »).
- Verset 8. le pays. « sont rejetés » nikretû conj.; « sont frappés » nike’« hébr.
- Verset 12. sinistre. Ce v., très difficile, est traduit de diverses manières selon les corrections adoptées. On lit ici waveraggelû shalwî « épie si je suis tranquille » au lieu de weraglay shiîlehû, litt. « ils ont jeté mes pieds ». – Job compare les injures qu’il a subies au siège et à l’assaut d’une ville.
- Verset 13. les arrête. « ne les arrête » ‘oçer conj.; « ne les aide » ‘ozer hébr.
- Verset 14. suis roulé. «je suis roulé » conj.; « ils se roulent » hébr.
- Verset 15. chassée. « est chassée » grec; « chasse » hébr.
- Verset 17. le mal. « le mal » mahaleh conj.; « de sur moi » me lalay hébr.
- Verset 18. m’a pris. « m’a pris » grec; « s’est déguisé » hébr.
- Verset 20. remarques. On ajoute la négation (« sans que… ») avec Vulg. et 1 miss hebr.
- Verset 24. justice. « ai-je porté » grec; « il ne portait pas » hébr. – « sur le pauvre » be « ont cpnj.; « sur les ruines » be lî hébr. – « réclamait justice » ledîn shiwwe ‘a conj.; laken shû ‘a hébr. inintelligible.
- Verset 28. me console. litt. «pas de consolation» belo’ nehamah conj.; «pas de soleil » belo’ hammah hébr.
- 10/22 Apologie de Job. *
31 1 J’avais fait un pacte avec mes yeux, au point de ne fixer aucune vierge. *
2 Or, quel partage Dieu fait-il donc de là-haut, quel lot Shaddaï assigne-t-il de son ciel ?
3 N’est-ce pas le malheur qu’il réserve à l’injuste et l’adversité aux hommes malfaisants ?
4 Ne voit-il pas ma conduite, ne compte-t-il point tous mes pas ?
5 Ai-je fait route avec le mensonge, pressé le pas vers la fausseté ? *
6 Qu’il me pèse sur une balance exacte : lui, Dieu, reconnaîtra mon intégrité !
7 Si mes pas ont dévié du droit chemin, si mon cœur fut entraîné par mes yeux et si une souillure adhère à mes mains, *
8 qu’un autre mange ce que j’ai semé et que soient arrachées mes jeunes pousses !
9 Si mon cœur fut séduit par une femme, si j’ai épié à la porte de mon prochain, *
10 que ma femme se mette à moudre pour autrui, que d’autres aient commerce avec elle !
11 J’aurais commis là une impudicité, un crime passible de justice, *
12 ce serait feu qui dévore jusqu’à la Perdition et consumerait * tout mon revenu.
13 Si j’ai méconnu les droits de mon serviteur, de ma servante, dans leurs litiges avec moi, *
14 que ferai-je quand Dieu surgira ? Lorsqu’il fera l’enquête, que répondrai-je ?
15 Ne les a-t-il pas créés comme moi dans le ventre ? Un même Dieu nous forma dans le sein.
38 Si ma terre crie vengeance contre moi et que ses sillons pleurent avec elle,
39 si j’ai mangé de ses produits sans payer, fait expirer ses propriétaires, *
40 a qu’au lieu de froment y poussent les ronces, à la place de l’orge, l’herbe fétide ! *
16 Ai-je été insensible aux besoins des faibles, * laissé languir les yeux de la veuve ?
17 Ai-je mangé seul mon morceau de pain, sans le partager avec l’orphelin ?
18 Alors que Dieu, dès mon enfance, m’a élevé comme un père, guidé depuis le sein maternel ! *
19 Ai-je vu un miséreux sans vêtements, un pauvre sans couverture,
20 sans que leurs reins m’aient béni, que la toison de mes agneaux les ait réchauffés ?
21 Ai-je agité la main * contre un orphelin, me sachant soutenu à la Porte ?
22 Qu’alors mon épaule se détache de ma nuque et que mon bras se rompe au coude !
23 Car la terreur de Dieu fondrait sur moi, *je ne tiendrais pas devant sa majesté.
24 Ai-je placé dans l’or ma confiance et dit à l’or fin : « 0 ma sécurité » ? *
25 Me suis-je réjoui de mes biens nombreux, des richesses acquises par mes mains ?
26 À la vue du soleil dans son éclat, de la lune radieuse dans sa course,
27 mon cœur, en secret, s’est-il laissé séduire, pour leur envoyer de la main un baiser ? *
28 Ce serait encore une faute criminelle, car j’aurais renié le Dieu suprême.
29 Me suis-je réjoui de l’infortune de mon ennemi, ai-je exulté quand le malheur l’atteignait, *
30 moi, qui ne permettais pas à ma langue de pécher, de réclamer sa vie dans une malédiction ?
31 Et ne disaient-ils pas, les gens de ma tente : « Trouve-t-on quelqu’un qu’il n’ait pas rassasié de viande » ?
32 Jamais étranger ne coucha dehors, au voyageur ma porte restait ouverte. *
33 Ai-je dissimulé aux hommes * mes transgressions, caché ma faute dans mon sein ?
34 Ai-je eu peur de la rumeur publique, ai-je redouté le mépris des familles, et me suis-je tenu coi, n’osant franchir ma porte ? *
35 Ah ! qui fera donc que l’on m’écoute ? J’ai dit mon dernier mot : * à Shaddaï de me répondre ! Le libellé qu’aura rédigé mon adversaire,
36 je veux le porter sur mon épaule, le ceindre comme un diadème. *
37 Je lui rendrai compte de tous mes pas et je m’avancerai vers lui comme un prince.
40 b Fin des paroles de Job. *
Job 31 (1-37)
- – Titre. En cette protestation d’innocence, la morale de l’A.T. atteint sa plus grande pureté, au point de préluder directement à la morale évangélique. La forme est celle du serment imprécatoire contre soi-même, qu’on réclamait en justice de l’accusé, Ex 22 9 10; Nb 5 20-22; 1 R 8 31-32.
- Verset 1. aucune vierge. Job commence par les fautes les plus secrètes, les désirs mauvais dont les yeux sont l’organe, cf. v. 7.
- Verset 5. la fausseté. Les fraudes dans les échanges et les marchés semblent comprises dans cette déclaration générale. En tout cas Job, se réclamant du talion, demande à être pesé sur une balance exacte, v. 6.
- Verset 7. mes mains. Autres fautes d’injustice : Job n’a pas convoité ou pris le bien d’autrui.
- Verset 9. mon prochain. Le péché d’adultère.
- Verset 11. de justice. Ce v. est probablement une glose.
- Verset 12. consumerait. « consumerait » tiserop conj.; « déracinerait » tesharesh hébr.
- Verset 13. avec moi. La Loi avait toujours tempéré d’humanité les rapports entre maîtres et serviteurs. Le v. 15 fonde les droits des serviteurs sur la condition commune de créatures d’un même Dieu. Saint Paul rappellera que maîtres et serviteurs ont un même Seigneur.
- Verset 39. propriétaires. Autre forme d’injustice : l’acquisition malhonnête d’une terre. – On insère ici les vv. 38-40″, dont la place à la fin de l’apologie de Job est certainement accidentelle.
- Verset 40 a. fétide. Traduction incertaine d’un mot de la racine qui signifie « sentir mauvais ». On pense à la mercuriale ou à l’ortie puante.
- Verset 16. des faibles. Après la justice, la bienfaisance, inspirée par la reconnaissance envers Dieu.
- Verset 18. maternel. « (m’a) guidé » conj.; «je la guidais » (ma mère) hébr.
- Verset 21. la main. En signe d’hostilité et de menace, cf. Is 11 15; 19 16; Za 2 13, pour l’accabler en justice.
- Verset 23. sur moi. « de Dieu fondrait sur moi » ; « pour moi, le malheur de Dieu » hébreu
- . Verset 24. sécurité. L’avarice, et aussi la superbe du riche qui croit pouvoir se passer de Dieu.
- Verset 27. baiser. Après le culte de Mammon, celui des astres. Le baiser était un geste ancien d’adoration.
- – Verset 29. l’atteignait. Job ne parle pas de la vengeance effective, courante et considérée comme normale (cf. pourtant Ex 23 4-5 ; Lv 19 18 ; Pr 20 22 ; 25 21-22). Il va plus loin et s’interdit de se réjouir du malheur d’un ennemi, ou de le maudire.
- Verset 32. ouverte. « au voyageur » version; « à la route » hébr. – Dans l’ancien Orient, l’hospitalité est une des vertus éminentes.
- Verset 33. hommes. « aux hommes » conj.; hébr. : « comme un homme », qu’on interprète alors : « comme le vulgaire » ou « comme Adam »
- Verset 34. ma porte. Les vv. 33-34 ne visent pas un péché particulier mais une attitude laissant supposer une faute. Job n’a jamais eu à se cacher des hommes. Il est prêt de même à paraître devant Dieu, vv. 35-37.
- Verset 35. dernier mot. Litt. « voici mon tav » Oa dernière lettre de l’alphabet).
- Verset 36. diadème. C’est le rouleau portant l’acte d’accusation. Job, sûr de pouvoir le réfuter, veut le porter comme un insigne d’honneur.
- Verset 40 b. de Job. Notice d’un rédacteur. – Les vv. 38-40 sont transposés avant le v, 16.
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Ex 22 9 10 ; 9 Si quelqu’un confie à la garde d’un autre un âne, un taureau, une tête de petit bétail ou tout autre animal, et que la bête crève, se brise un membre ou est enlevée sans témoins, 10 un serment par Yahvé décidera entre les deux parties si le gardien a porté la main sur le bien de l’autre ou non. Le propriétaire prendra ce qui reste et le gardien n’aura pas à restituer.
Nb 5 20-22 ; 20 Mais s’il est vrai que tu te sois dévoyée alors que ton mari a pouvoir sur toi, que tu te sois rendue impure et qu’un homme autre que ton mari t’ait fait partager sa couche… — 22 Que ces eaux de malédiction pénètrent en tes entrailles pour que s’enfle ton ventre et que se flétrisse ton sexe ! » La femme répondra : « Amen ! Amen ! «
1 R 8 31-32. 31 Supposé qu’un homme pèche contre son prochain et que celui-ci prononce sur lui un serment imprécatoire et le fasse jurer devant ton autel dans ce Temple, 32 toi, écoute au ciel et agis ; juge entre tes serviteurs : déclare coupable le méchant en faisant retomber sa conduite sur sa tête, et justifie l’innocent en lui rendant selon sa justice.
Is 11 15 ; 15 Yahvé asséchera la baie de la mer d’Égypte, il agitera la main contre le Fleuve, dans la violence de son souffle. II le frappera pour en faire sept bras, on y marchera en sandales.
Is 19 16 ; 16 Ce jour-là, l’Égypte sera comme les femmes, tremblante et terrorisée devant la menace de la main de Yahvé Sabaot, lorsqu’il la lèvera contre elle.
Za 2 13 , 13 Voici que je lève la main sur elles, pour qu’elles soient le butin de leurs esclaves. » Alors vous saurez que Yahvé Sabaot m’a envoyé !
Ex 23 4-5 ; 4 Si tu rencontres le bœuf ou l’âne de ton ennemi qui vague, tu dois le lui ramener. 5 Si tu vois l’âne de celui qui te déteste tomber sous sa charge, cesse de te tenir à l’écart ; avec lui tu lui viendras en aide.
Lv 19 18 ; 18 Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis Yahvé. 19 Vous garderez mes lois.
Pr 20 22 ; 22 Ne dis point : « Je rendrai le mal ! » fie-toi à Yahvé qui te sauvera.