AT-29 ISAÏE – Chap. 1 à 33

Chap: 1—   14  15  16 

Sur Moab. *

15 1 Oracle sur Moab. Parce qu’une nuit elle a été dévastée, * Ar-Moab s’est tue ; parce qu’une nuit elle a été dévastée, Qir-Moab s’est tue. 2 Elle est montée, la fille de Dibôn, * sur les hauts lieux pour pleurer. Sur le Nébo et à Médba, Moab se lamente, toutes les têtes sont rasées, toute barbe coupée.

3 Dans ses rues on ceint le sac ; sur ses toits et sur ses places, tout le monde se lamente et fond en larmes, 4 Heshbôn et Éléalé ont crié, jusqu’à Yahaç leur voix s’est fait entendre. C’est pourquoi les guerriers de Moab frémissent, son âme frémit en l’entendant.

5 Son cœur crie en faveur de Moab : car ses fuyards sont déjà à Çoar, vers Églat-Shelishiyya. * Sur la côte de Luhit, on monte en pleurant, sur le chemin d’Horonaïm, on pousse des cris déchirants. 6 Les eaux de Nimrim sont un lieu désolé : l’herbe est desséchée, le gazon a péri, plus de verdure.

7 C’est pourquoi, ce qu’ils ont pu sauver et leurs réserves, ils les portent au-delà du torrent des Saules. 8 Car ce cri a fait le tour du territoire de Moab, jusqu’à Églaïm on entend son hurlement, jusqu’à Beer-Élim on entend son hurlement. 9 Car les eaux de Dimôn * sont pleines de sang, et j’ajouterai sur Dimôn un surcroît de malheur : un lion pour les survivants de Moab, pour ceux qui restent sur son sol.

  • – Titre. L’origine isaïenne du long poème sur Moab des ch. 15-16 est débattue. Certains pensent à des oracles antérieurs à Isaïe, qui auraient été repris par lui et appliqués à son époque, cf. la conclusion en prose des vv. 13-14. D’autres datent ces poèmes, ou une partie d’entre eux, d’une époque postérieure à Isaïe. On y trouve de nombreux parallèles avec l’oracle sur Moab de Jr 48.
  • – Verset 1dévastée. La dévastation a atteint tout le pays de Moab dont les principales villes sont mentionnées aux vv. 1-4, en allant en gros du Sud au Nord, depuis Qir (Kerak) jusqu’à Heshbôn et Éléalé, au nord du Nébo et de Médba (Madaba). Les vv. 5-9 décrivent la fuite des habitants vers le Sud : Çoar (cf. Gn 19 22) et le Torrent des Saules, frontières méridionales de Moab.
  • – Verset 2. Dibôn. « Elle est montée, la fille de -Dibôn » conj. d’après Targ. et Syr.; « II monte au temple et à Dibôn » hébr.
  • – Verset 5. Églat-Shelishiyya. « son cœur » grec. Targ; « mon cœur » hébr. – « ses fuyards » 1 QIsa; « ses verrous » hébr.
  • – Verset 9. Dimôn. « Dimôn » est peut-être une variante dialectale de « Dibôn », cf. v. 2, choisie parce qu’elle évoque l’idée de sang, hébreu. dam.