Hymne à la toute-puissance de Dieu. *
25 1 Bildad de Shuah prit la parole et dit : 2 C’est un souverain redoutable, Celui qui fait régner la paix dans ses hauteurs. * 3 Peut-on dénombrer ses troupes ? Contre qui ne surgit pas son éclair ? 4 Et l’homme se croirait juste devant Dieu, il serait pur l’enfant de la femme ? 5 La lune même est sans éclat, * les étoiles ne sont pas pures à ses yeux. 6 Combien moins l’homme, cette vermine, un fils d’homme, ce vermisseau ? * 5a Les Ombres * tremblent sous terre, les eaux et leurs habitants sont dans l’effroi. * 6 Devant lui, le Shéol est à nu, la Perdition * à découvert.
7 C’est lui qui a étendu le Septentrion sur le vide, * suspendu la terre sans appui. * 8 II enferme les eaux dans ses nuages, sans que la nuée crève sous leur poids. 9 II couvre la face de la pleine lune et déploie sur elle sa nuée. * 10 II a tracé un cercle à la surface des eaux, * aux confins de la lumière et des ténèbres.
11 Les colonnes des cieux sont ébranlées, * frappées de stupeur quand il menace, 12 Par sa force, il a brassé la Mer, par son habileté, écrasé Rahab. 13 Son souffle a clarifié les Cieux, sa main transperce le Serpent Fuyard. * 14 Tout cela, c’est l’extérieur de ses œuvres, et nous n’en saisissons qu’un faible écho. Mais le tonnerre de sa puissance, qui le comprendra ?
- – Titre. Ce discours, peut-être mutilé, semble ici anticiper sur les Discours de Yahvé. On peut pourtant le rattacher au Dialogue en y voyant une réponse de Bildad à l’accusation tacite d’impuissance portée par Job contre Dieu.
- – Verset 2. ses hauteurs. Parmi les anges, cf. Is 24 21; Ap 12 7-12, et les astres, cf. Is 40 26; Si 43 10.
- – Verset 5. sans éclat. « est sans éclat » versions; hébr. corrompu.
- – Chap 26. On reporte 26 1-4 après 26 14. Les vv. 5-14, plutôt que la suite du discours de Job qui commence à 26 1, semblent compléter le discours mutilé de Bildad.
- – Verset 5a. les Ombres. Litt. « les Rephaïm », cf. Dt 2 10+ : soit les trépassés, cf. ps 88 11, soit les faibles, les impuissants.
- – Verset 5. dans l’effroi. Les eaux de l’abîme, peuplées par l’imagination populaire des monstres vaincus aux origines, cf. 7 12+. – « sont dans l’effroi », en restituant yehattû, tombé par haplographie après mittahat (« sous terre »), que l’hébr. rattache au deuxième hémistiche.
- – Verset 6. la Perdition. Ce mot (en hébreu Abaddôn, cf. Ap 9 11), synonyme de « Shéol », désignait peut-être anciennement une divinité infernale.
- – Verset 7. sur le vide. La partie septentrionale du firmament, sur laquelle celui-ci était censé pivoter.
- – Verset 7. sans appui. Des colonnes, 9 6, supportent la terre, mais l’homme ignore leur point d’appui, 38 6. Ce v., seul dans la Bible, évoque un espace infini.
- – Verset 9. sa nuée. Lors des éclipses. – « la pleine lune » keseh conj.; « trône » kisseh hébr. – « déploie », en lisant parosh, au lieu de l’hébr. parshez (forme anormale combinant les racines parash et paraz).
- – Verset 10. des eaux. « tracé un cercle » haq hûg conj.; « circonscrit un terme » hoq hag hébr.
- – Verset 11. ébranlées. Les hautes montagnes, qui supportent la voûte céleste, sont ébranlées par le tonnerre, voix de Yahvé, Ps 29, ou par les tremblements de terre, Ps 18 8.
- – Verset 13. Fuyard. C’est « Léviathan », cf. 3 8+ et 7 12+.