AT-28 L’ECCLÉSIASTIQUE

Chapitre : 1—  41  42  43 

42 1 Mais de ce qui suit n’aie pas honte * et ne pèche pas en tenant compte des personnes : 2 n’aie pas honte de la loi du Très-Haut ni de l’alliance, du jugement qui rend justice aux impies, * 3 de compter avec un compagnon de voyage, * de distribuer ton héritage à tes amis,

4 d’examiner les balances et les poids, d’obtenir de petits et de grands profits, 5 de faire du bénéfice en matière commerciale, * de corriger sévèrement tes enfants, de meurtrir les flancs de l’esclave vicieux. 6 Avec une femme curieuse il est bon d’utiliser le sceau, là où il y a beaucoup de mains mets les choses sous clef !

7 Pour les dépôts, comptes et poids sont de rigueur, et que tout, doit et avoir, soit mis par écrit. 8 N’aie pas honte de corriger l’insensé et le sot, et le vieillard décrépit qui discute avec des jeunes. * Ainsi tu te montreras vraiment instruit et tu seras approuvé de tout le monde.

  • Vers 20. à table. « à table », litt. « sur les pains »; s’agit-il d’une règle de savoir-vivre ? Cela semble peu en accord avec le contexte. L’hébr. est aussi peu intelligible : « de violer serment et alliance, de tendre les coudes sur (vers) le pain (?) ».
  • Vers 1. pas honte. Ben Sira proclame la licéité, voire la convenance de certains actes auxquels s’opposaient le respect humain ou les préjugés.
  • Vers 2. aux impies. Les impies sont peut-être les étrangers : l’auteur recommanderait de leur rendre justice comme aux Israélites.
  • Vers 3. de voyage. « compter » : en lisant logismou d’après l’hébr. au lieu de logou. – « compagnon de voyage » conj.; « un compagnon et des voyageurs » grec.
  • Vers 5. commerciale. Cf. en sens contraire 26 29 et 27 2. Le commerce est légitime, mais il est plein de tentations.
  • Vers 8. des jeunes. Hébr. : « qui pèche par fornication ».

Soucis d’un père pour sa fille.

9 Sans le savoir une fille cause à son père bien du souci ; * le tracas qu’elle lui donne l’empêche de dormir : jeune, c’est la crainte qu’elle ne tarde à se marier, et, mariée, qu’elle ne soit prise en grippe. 10 Vierge, si elle se laissait séduire et devenait enceinte dans la maison paternelle !

En puissance de mari, si elle faisait une faute, établie, si elle demeurait stérile ! 11 Ta fille est indocile ? surveille-la bien, qu’elle n’aille pas faire de toi la risée de tes ennemis, la fable de la ville, l’objet des commérages, et te déshonorer aux yeux de tous.

  • Vers 9. du souci. Hébr. : « une fille est pour son père un trésor trompeur ».

Les femmes.

12 Devant qui que ce soit ne t’arrête pas à la beauté et ne t’assieds pas avec les femmes. * 13 Car du vêtement sort la teigne et de la femme une malice de femme. 14 Mieux vaut la malice d’un homme que la bonté d’une femme : une femme cause la honte et les reproches. *

  • Vers 12. les femmes. Hébr. : « Qu’elle ne montre à aucun homme sa beauté, qu’elle ne bavarde pas avec les femmes. »
  • Vers 14. les reproches. Ben Sira est plus sévère que les Proverbes, qui pourtant ne sont guère indulgents pour les femmes. Il faut faire la part du paradoxe, mais noter aussi que le rabbinisme postérieur manifeste la même tendance.

II. La gloire de Dieu

I. DANS LA NATURE

15 Maintenant je vais rappeler les œuvres du Seigneur, ce que j’ai vu, je vais le raconter. Par ses paroles * le Seigneur a fait ses œuvres et la création obéit à sa volonté. * 16 Le soleil qui brille regarde toutes choses et l’œuvre du Seigneur est pleine de sa gloire.

17 Le Seigneur n’a pas donné pouvoir aux Saints * de raconter toutes ses merveilles, ce que le Seigneur, maître de tout, a fermement établi pour que l’univers subsiste dans sa gloire. * 18 II a sondé les profondeurs de l’abîme et du cœur humain et il a découvert leurs calculs.

Car le Très-Haut possède toute science, il a regardé les signes des temps. * 19 II annonce le passé et l’avenir et dévoile les choses cachées. 20 Aucune pensée ne lui échappe, aucune parole ne lui est cachée. 21 II a disposé dans l’ordre les merveilles de sa sagesse, car il est depuis l’éternité jusqu’à l’éternité sans que rien lui soit ajouté ni ôté, et il n’a besoin du conseil de personne.

22 Que toutes ses œuvres sont aimables, comme une étincelle qu’on pourrait contempler. 23 Tout cela vit et demeure éternellement et en toutes circonstances tout obéit. 24 Toutes les choses vont par deux, en vis-à-vis, et il n’a rien fait de déficient. * 25 Une chose souligne l’excellence de l’autre, qui pourrait se lasser de contempler sa gloire ?

  • Vers 15. ses paroles. Hébr. : « Par sa parole ». – C’est une des premières manifestations de la doctrine de la Parole créatrice. Cf. 43 26; Gn 1; Ps 33 6; Sg 9 1, 2; Jn 1 1+. Dans l’ensemble de la littérature sapientielle c’est plutôt la Sagesse qui est dite créatrice, cf. Pr 8 22+.
  • Vers 15. sa volonté. Stique traduit d’après S, hébr. et syr.; omis par l’ensemble du grec.
  • Vers 17. aux saints. C’est-à-dire aux anges, Jb 5 1+.
  • Vers 17. sa gloire. Hébr. (pour 17c~d) : « Le Seigneur a donné à ses armées la force de subsister devant sa gloire. »
  • Vers 18. des temps. Les astres sont « signes des temps », non seulement parce qu’ils divisent régulièrement le temps, 43 6; Gn 1 14-18, mais aussi parce que, selon la conception la plus répandue, l’avenir était déjà inscrit dans le ciel, Jr 10 2. Il faut peut-être songer ici particulièrement aux signes extraordinaires qui doivent annoncer la venue du Messie, Mt 24 29-31.
  • Vers 24. de déficient. Hébr. : « toutes choses sont différentes l’une de l’autre et il n’en a fait aucune en vain. »