AT-28 L’ECCLÉSIASTIQUE

Chapitre : 1 46  47  48 

Natân.

47 1 Après lui se leva Natân pour prophétiser au temps de David.

David.

2 Comme on prélève la graisse pour le sacrifice de communion, ainsi David fut choisi parmi les Israélites. 3 II se joua du lion comme du chevreau, de l’ours comme de l’agneau. 4 Jeune encore, n’a-t-il pas tué le géant et lavé la honte du peuple, en lançant avec la fronde la pierre qui abattit l’arrogance de Goliath ?

5 Car il invoqua le Seigneur Très-Haut, qui accorda à sa droite la force pour mettre à mort un puissant guerrier et relever la vigueur * de son peuple. 6 Aussi lui a-t-on fait gloire de dix mille et l’a-t-on loué dans les bénédictions du Seigneur, en lui offrant une couronne de gloire.

7 Car il détruisit les ennemis alentour, il anéantit les Philistins ses adversaires, pour toujours il brisa leur vigueur. * 8 Dans toutes ses œuvres il rendit hommage au Saint Très-Haut dans des paroles de gloire ; * de tout son cœur il chanta, montrant son amour pour son Créateur. 9 II établit devant l’autel des chantres, pour émettre les chants les plus doux ;

10 il donna aux fêtes la splendeur, un éclat parfait aux solennités, faisant louer le saint nom du Seigneur, faisant retentir le sanctuaire dès le matin. 11 Le Seigneur a effacé ses fautes, il a fait grandir sa vigueur pour toujours, il lui a accordé une alliance royale, * un trône glorieux en Israël.

  • Vers 5. la vigueur. Litt. « la corne », métaphore biblique courante (surtout dans les Ps) pour exprimer la force physique pu morale.
  • Vers 7. leur vigueur. Hébr. : « 6 Aussi les filles lui répondirent et le surnommèrent du nom de  » dix-mille « . Quand il eut ceint le diadème, il combattit 7 et tout alentour soumit l’ennemi. Il mit chez les Philistins des villes et jusqu’à ce jour il brisa leur corne. »
  • Vers 8. de gloire. Les Psaumes, cf. 2 S 23 1.
  • Vers 11. royale. « royale » grec 248, hébr., lat.; « des rois » texte reçu.

Salomon.

12 Un fils savant lui succéda qui, grâce à lui, * vécut heureux. 13 Salomon régna dans un temps de paix et Dieu lui accorda la tranquillité alentour, afin qu’il élevât une maison pour son nom et préparât un sanctuaire éternel. 14 Comme tu étais sage dans ta jeunesse, rempli d’intelligence ainsi qu’un fleuve !

15 Ton esprit a couvert la terre, tu l’as remplie de sentences obscures. 16 Ta renommée est parvenue jusqu’aux îles lointaines et tu fus aimé dans ta paix. * 17 Tes chants, tes proverbes, tes sentences et tes réponses * ont fait l’admiration du monde.

18 Au nom du Seigneur Dieu, de celui qu’on appelle le Dieu d’Israël, * tu as amassé l’or comme de l’étain et comme le plomb tu as multiplié l’argent. 19 Tu as livré ton corps aux femmes, tu as été l’esclave de tes sens. 20 Tu as fait une tache à ta gloire, tu as profané ta race, au point de faire venir la colère contre tes enfants et l’affliction pour ta folie : *

21 il se dressa un double pouvoir, il surgit d’Éphraïm un royaume révolté. 22 Mais le Seigneur ne renonce jamais à sa miséricorde et n’efface aucune de ses paroles, il ne refuse pas à son élu une postérité et n’extirpe point la race de celui qui l’a aimé. Aussi a-t-il donné à Jacob un reste et à David une racine issue de lui.

  • Vers 12. à lui. L’idée n’est pas seulement profane : Salomon bénéficia des réalisations de son prédécesseur; mais elle est aussi religieuse : Dieu conserva à Salomon sa faveur à cause de David son père. Cf. vv. 20, 22; 1 R 11 12.
  • Vers 16. ta paix. Allusion au nom de Salomon (le « pacifique »); cf. v. 13.
  • Vers 17. tes réponses. « Tes chants » : le Cantique des Cantiques. Sur la sagesse et l’activité littéraire de Salomon, cf. 1 R 5 9-14. Sur les «réponses », cf. 1 R 10 1-10 (la reine de Saba).
  • Vers 18. d’Israël. L’hébr. : « tu étais appelé du nom glorieux invoqué sur Israël » fait peut-être allusion au premier nom de Salomon, Yedidya, « bien-aimé de Yahvé », 2 S 12 25.
  • Vers 20. ta folie. Hébr. : « l’affliction sur ta couche » (c’est-à-dire ta postérité).

Roboam.

23 Et Salomon se reposa avec ses pères, laissant après lui quelqu’un de sa race, le plus fou du peuple, dénué d’intelligence : Roboam, qui poussa le peuple à la révolte. *

  • Vers 23. la révolte. Hébr. : « large de folie, court d’intelligence ». Il semble qu’il y ait un jeu de mots sur le nom de Roboam, interprété à partir de rahab, « large » et de ‘am, « peuple ». La leçon du grec et celle de l’hébr. auraient gardé chacune un élément de cette étymologie.

Jéroboam.

24 Quant à Jéroboam, fils de Nebat, c’est lui qui fit pécher Israël et enseigna à Éphraïm la voie du mal. Dès lors leurs fautes se multiplièrent tant qu’elles les firent exiler loin de leur pays. 25 Car ils cherchaient toute sorte de mal, jusqu’à encourir le châtiment.