Contre la fausse sécurité des grands.
6 1 Malheur à ceux qui sont tranquilles en Sion, * à ceux qui sont confiants sur la montagne de Samarie, ces notables des prémices des nations, à qui va la maison d’Israël. * 2 Passez à Kalné et voyez, de là, allez à Hamat la grande, puis descendez à Gat des Philistins : valent-elles mieux que ces royaumes-ci ? leur territoire est-il plus grand que le vôtre ? *
3 Vous pensez reculer le jour du malheur et vous hâtez le règne de la violence ! * 4 Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les agneaux du troupeau et les veaux pris à l’étable. 5 Ils braillent * au son de la harpe, comme David, ils inventent des instruments de musique ; 6 ils boivent le vin dans de larges coupes, ils se frottent des meilleures huiles, mais ils ne s’affligent pas de la ruine de Joseph ! * 7 C’est pourquoi ils seront maintenant déportés, en tête des déportés, c’en est fait de l’orgie des vautrés !
- – Verset 1. en Sion. « à ceux qui sont tranquilles en Sion » est peut-être une relecture judéenne, cf. 3 1+ ; Os 1 7+.
- – Verset 1. d’Israël. Pour leur rendre hommage, chercher conseil et demander justice.
- – Verset 2. le vôtre. On comprend ce v. comme une apostrophe des notables de Samarie à ceux qui viennent les consulter : vous êtes plus puissants que ces royaumes, vous n’avez rien à craindre. Mais le texte est incertain et en corrigeant le dernier stique on peut comprendre : « valez-vous mieux que ces royaumes-là, votre territoire est-il plus grand que le leur ? » le déclin de ces cités servant alors de signe à Israël. Mais Kalné, cf. Is 10 9, au nord d’Alep, ne sera prise par les Assyriens qu’en 738, Hamat sur l’Oronte en 720, et Gat en Philistie en 711.
- – Verset 3. la violence. Celle de l’occupation ennemie.
- – Verset 5. braillent. Sens incertain.
- – Verset 6. de Joseph. La fin imminente du royaume d’Israël.
Le châtiment sera terrible.
8 Le Seigneur Yahvé l’a juré par lui-même : – oracle de Yahvé, Dieu Sabaot – J’abhorre l’orgueil de Jacob, je hais ses palais, et je livrerai la ville * et tout ce qui la remplit. 9 S’il reste dix hommes dans une seule maison, ils mourront. 10 II n’y aura qu’un petit nombre de rescapés * pour sortir les ossements de la maison ; et si l’on dit à celui qui est au fond de la maison : « En reste-t-il avec toi ? » il dira : « Plus personne » et il dira : « Silence ! il ne faut pas prononcer le nom de Yahvé » *
11 Car voici que Yahvé commande, sous ses coups la grande maison se crevasse et la petite se lézarde. 12 Les chevaux courent-ils sur le roc, laboure-t-on la mer * avec des bœufs, que vous changiez le droit en poison et le fruit de la justice en absinthe ? 13 Vous vous réjouissez à propos de Lo-Debar, * vous dites : « N’est-ce point par notre force que nous avons pris Qarnayim ? » 14 Or voici que je suscite contre vous, maison d’Israël – oracle de Yahvé, Dieu Sabaot – une nation * qui vous opprimera depuis l’entrée de Hamat jusqu’au torrent de la Araba. *
- – Verset 8. la ville. Soit Samarie, soit n’importe quelle ville du royaume du Nord.
- – Verset 10. de rescapés. On suit le grec ; hébreu. inintelligible.
- – Verset 10. de Yahvé. Par respect religieux, ou peut-être par crainte devant le malheur dont Yahvé est l’auteur. Le passage est obscur mais le sens général est clair : il décrit la catastrophe qui s’abat sur la ville et les morts qui remplissent les maisons, ainsi que la terreur qui s’empare du petit groupe des rescapés à qui revient le soin de s’occuper des cadavres.
- – Verset 12. la mer. Texte légèrement corrigé (en séparant différemment les mots et en changeant les voyelles). TM : « est-ce qu’on laboure avec des bœufs? » (pluriel au lieu du singulier collectif).
- – Verset 13. Lo-Debar. Jeu de mots sur Lo-Debar qui signifie « rien ». Lq-Debar, 2 S 9 4, et Qarnayim, 1 M 5 26, en TransJordanie, faisaient sans doute partie des villes reconquises par Jéroboam II et son père Joas, cf. 2 R 13 25 et 14 25.
- – Verset 14. une nation. L’Assyrie.
- – Verset 14. la Araba. Le torrent de la Araba n’est pas identique au torrent d’Égypte qui désigne avec l’Entrée de Hamat les limites sud et nord de la Terre promise, 1 R 8 65. Il s’agit d’un des wadis qui se jettent dans la vallée inférieure du Jourdain (la « Araba ») près de la mer Morte. Le territoire ainsi délimité est celui du royaume du Nord après les conquêtes de Jéroboam II, cf. 2 R 14 25.