C+37 – Le fait de la résurrection des morts. (1 Co 15) & (Matthieu 22)

1 Corinthiens Chap. 15 (1 à 58)

La résurrection des morts. *

1 Corinthiens 15 (1-34)

  • –          Titre. Certains chrétiens de Corinthe rejetaient la résurrection des morts, 15 12. Les Grecs la considéraient comme une conception grossière, Ac 17 32, tandis que les Juifs l’avaient peu à peu pressentie, puis explicitement enseignée. Pour combattre l’erreur des Corinthiens, Paul part de l’affirmation fondamentale de la proclamation évangélique, me mystère pascal du Christ mort et ressuscité, v v 3-4, qu’il développe en énumérant les apparitions du Ressuscité : v v 5-11. A partir de là il montre l’absurdité de l’opinion qu’il combat : v v 12-34, cf 15 13. Le Christ est les prémices et la cause efficace de la résurrection des morts, v v 20-28, et termine par un hymne d’action de grâce, v v 54-57.
  • –          Verset 3, moi-même reçu. La parole vivante de l’Évangile est transmise, reçue et gardée, mots empruntés au vocabulaire technique de la tradition rabbinique, cf 11 23. Mais surtout cet Évangile est annoncé, v v 1-2, proclamé (v 11, le « kérygime ») Mt 4 23 etc., objet de foi, v v 2, 11 ; Mc 1 15, et porteur de salut, v 2, Ac 11 14 ; 16 17.
  • –          Pour nos péchés. Le caractère salutaire de la mort du Christ fait donc partie de la proclamation évangélique antérieure à Paul, cf Rm 6 3.
  • –          Verset 4, les Écritures. Ces expressions, v v 3-4, déjà fixées dans leur formulation, sont le germe des futures professions de foi (Credo).
  • –         Verset 6, jusqu’à présent. Paul sous-entend : ils peuvent encore témoigner aujourd’hui de ce qu’ils ont vu, votre foi en la résurrection du Christ repose sur un témoignage sûr.
  • –          Sont endormis. C’est-à-dire « sont morts ». Même expression aux v v 18-20, 51 ; 1 Th 4 13+.
  • –          Verset 7, les apôtres. Les apôtres apparaissent comme formant un groupe plus large que celui des Douze du v 5.
  • –          Verset 8, l’avorton. Allusion au caractère anormal, violent, « chirurgical » de sa vocation. – Paul ne fait aucune différence entre l’apparition du chemin de Damas et les apparitions de Jésus de la Résurrection à l’Ascension.
  • –          Verset 13, ressuscité. Si l’on nie la résurrection des morts, on nie aussi le cas particulier qu’est la résurrection du Christ. Autre interprétation : la résurrection du Christ n’a de sens que comme prémices de la nôtre. Si celle-ci est niée, celle du Christ n’a plus de sens. Mais cette considération n’intervient qu’au v 20.
  • –          Verset 14, votre foi. Tous les aspects du message chrétien et de la foi qui lui correspond n’ont de sens que par rapport à la réalité centrale : le Christ ressuscité. Sans elle, tout s’effondre.
  • –          Verset 17, dans vos péchés. Car ce qui fait disparaître le péché, c’est la vie nouvelle, participation à la vie du Christ ressuscité : cf Rm 6 8-10 ; 8 2.
  • –          Verset 19, dans le Christ. Autre trad :  » si dans cette vie nous n’avons fait qu’espérer dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes ».
  • –          Les hommes. Renoncer aux jouissances du temps présent est une duperie, si la mort est une fin définitive. L’immortalité de l’âme n’est pas envisagée hors de la perspective de la résurrection de la chair.
  • –          Verset 22, dans le Christ. La perspective n’est pas seulement physique et biologique, mais englobe tout l’homme : mort spirituelle du péché, vie ressuscitée dans la justice et l’amour. On remarquera que la perspective de Paul n’inclut pas la résurrection des pécheurs, affirmée en Jn 5 29 ; Ac 24 15 ; Dn 12 2.
  • –          Verset 23, Avènement. Terme d’origine hellénistique et reçu dans le christianisme primitif pour désigner le glorieux avènement du Christ en son « Jour », à la fin des temps. Ce mot est appliqué à la venue de l’Impie. Comparez les termes analogues de « Révélation », 1 Co 1 7, et « d’Apparition », 1 Tm 6 14.
  • –          Verset 24, et Puissances. Toutes les puissances hostiles au règne de Dieu.
  • –          Verset 27, lorsqu’il dira. Une fois « tout mis sous ses pieds », Jésus se présentera devant son Père pour lui rendre compte de sa mission accomplie. On traduit aussi, à tort : « Mais lorsque l’Écriture dit que tout lui a été soumis… ».
  • –          Verset 29, pour les morts. Allusion à une pratique dont la nature nous échappe. Sans se prononcer sur elle, Paul se borne a souligner qu’elle est absurde si les morts ne ressuscitent pas.
  • –          Verset 32, contre les bêtes. Il s’agit sans doute d’une métaphore. Cette épreuve ne nous est pas connue autrement, mais cf 2 Co 11 23-26.
  • –          Nous mourrons. Il y a là une certaine exagération oratoire, on peut renoncer aux jouissances matérielles pour des motifs purement humains. Paul vient lui-même de le dire, 9 25.
  • –          Verset 33, bonnes mœurs. Vers du poète Ménandre, peut-être devenu dicton populaire.

Le mode de la résurrection.

1 Corinthiens 15 (35-53)

  • –          Verset 38, corps particulier. Dans la mentalité populaire, la germination était un processus dépendant du bon vouloir de la divinité, non un phénomène naturel, cf 2 M 7 22-23. Dans le rapport entre le corps actuel, naturel et le corps de gloire, Paul insiste sur l’altérité beaucoup plus que sur la continuité. Il veut sans doute répondre à l’objection (v 35) qui refuserait à juste titre de prendre à la lettre une imagerie telle que celle de Ez 37 1-10+.
  • –          Verset 44, corps psychique. Pour Paul comme pour la tradition biblique, la psyché (hébreu « nephest », cf Gn 2 7) est le principe vital qui anime le corps humain, 1 Co 15 45. Elle est sa « vie », Rm 16 4 ; Ph 2 30 ; 1 Th 2 8 etc. Son âme vivante, 2 Co 1 23, et peut servir à désigner tout l’homme, Rm 2 9 ; 13 1; 2 Co 12 15 etc. Mais elle reste un principe naturel, 1 Co 2 14 ; Jude 19, qui doit s’effacer devant le « pneuma » pour que l’homme retrouve la vie divine. Cette substitution qui s’ébauche déjà durant la vie mortelle par le don de l’Esprit, Rm 5 5+, cf 1 9, obtient sont plein effet après la mort.
  • – Alors que la philosophie grecque attendait une survie immortelle de l’âme supérieure (noûs) seule, enfin affranchie du corps, le christianisme ne conçoit l’immortalité que dans la restauration intégrale de l’homme, c’est-à-dire dans la résurrection du corps par l’Esprit, principe divin que Dieu avait retiré à l’homme à la suite du péché, Gn 6 3, et qu’il lui rend par l’union au Christ ressuscité, Rm 1 4+; 8 11+, homme céleste et Esprit vivifiant, 1 Co 15 45-49.
  • – De « psychique » le corps devient alors « pneumatique », incorruptible, immortel, 1 Co 15 53, glorieux, 1 Co 15 43 ; Rm 8 18 ; 2 Co 4 17 etc., affranchi des lois de la matière terrestre, Jn 20 19, 26, et de ses apparences, Lc 24 16. – En un sens plus large, la « psyché » peut désigner par opposition au corps, le siège de la vie morale et des sentiments, Ph 1 27; Ep 6 6; Col 3 23; Mt 22 37+, etc., et même l’âme spirituelle et immortelle, Mt 10 28, 39; Ac 2 27; Jc 1 21; 5 20; 1 P 1 9 etc.
  • –          Verset 45, âme vivante. C’est-à-dire un être doué de vie par sa « psyché », mais d’une vie purement naturelle, et soumis aux lois du dépérissement et de la corruption.
  • –          Verset 49, nous porterons. Var : « puissions-nous porter ».
  • –          Verset 51, transformés. La leçon de la Vulg.: « nous mourrons tous, mais nous ne serons pas tous changés », est à rejeter.
  • –          Verset 52, trompette finale. Depuis le Sinaï, Ex 19 16, 19, la trompette fait partie du symbolisme des manifestations divines, Mt 24 31 ; 1 Th 4 16+. Elle rythme les étapes du dessein final de Dieu, cf les sept trompettes de l’Ap 8 6- 11 19.
  • –          Et nous. C’est-à-dire ceux qui seront alors vivants, Paul envisage la possibilité d’être de ceux-là, mais cf 1 Th 4 15 ; 5 1+.

Hymne triomphal et conclusion.

1 Corinthiens 15 (54-58)

–          Verset 54, l’incorruptibilité. Om. : « Quand donc cet être corruptible aura revêtu l’incorruptibilité ».

–          Qui est écrite. Citée librement.

–          Verset 56, c’est la Loi. Formule ramassée annonçant déjà le développement de Rm 5-7.

–          Verset 58, dans le Seigneur. Ce v relie le développement précédent au v 15 14, début de l’instruction. La certitude de la victoire donne au croyant la force de progresser. Pour Paul, il ne peut y avoir de foi sans vie en progrès.

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La résurrection des morts. Évangile Matthieu 22 (23-33)

22 23 Ce jour-là, des Sadducéens, gens qui disent qu’il n’y a pas de résurrection,  *  s’approchèrent de lui et l’interrogèrent en disant :  24 « Maître, Moïse a dit : Si quelqu’un meurt sans avoir d’enfants, son frère épousera la femme, sa belle-sœur, et suscitera une postérité à son frère.  25 Or il y avait chez nous sept frères. Le premier se maria, puis mourut sans postérité, laissant sa femme à son frère.  26 Pareillement le deuxième, puis le troisième, jusqu’au septième.  27 Finalement, après eux tous, la femme mourut.  28 À la résurrection, duquel des sept sera-t-elle la femme ? Car tous l’auront eue. »

29 Jésus leur répondit : « Vous êtes dans l’erreur, en ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu.  30 À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel.  31 Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu l’oracle dans lequel Dieu vous dit :  32 Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ?  Ce n’est pas de morts mais de vivants qu’il est le Dieu ! » *  33 Et les foules qui avaient entendu, étaient frappées de son enseignement.

Évangile Matthieu 22 (23-33)

–   Verset 23, pas de résurrection. Cette secte s’en tenait strictement à la tradition écrite, surtout du Pentateuque, et assurait n’y pas trouver la doctrine de la résurrection de la chair. Les Pharisiens s’opposaient à eux sur ce point.

–   Verset 32, qu’il est Dieu. Quand Dieu accorde sa protection à un individu ou à un peuple au point de devenir « son Dieu », ce ne peut être d’une manière imparfaite et éphémère qui le laisse retourner au néant. Cette exigence d’éternité de la part de l’amour divin ne fut pas clairement perçue aux débuts de la révélation biblique, d’où cette croyance à un « shéol » sans résurrection, à laquelle le traditionalisme conservateur des Sadducéens, prétendait rester fidèle. Mais le progrès de la Révélation a peu à peu compris et satisfait cette exigence, en annonçant le retour à la vie, de tout homme, sauvé jusque dans son corps. C’est cette révélation ultime que Jésus sanctionne en montrant qu’elle était déjà sous-jacente, selon l’intention divine, à la vieille formule de Ex 3 6.