(05)-ACTES DES APÔTRES

Chapitres : 1  12 13 14 

ACTES DES APÔTRES Chap. 13

III. La mission de Barnabé et de Paul.Le Concile de Jérusalem.

Envoi en mission.

 13 1 Il y avait dans l’Église établie à Antioche des prophètes et des docteurs : *  Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën, ami d’enfance d’Hérode le tétrarque, et Saul.  2 Or un jour, tandis qu’ils célébraient le culte *  du Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit : « Mettez-moi donc à part Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. »  3 Alors, après avoir jeûné et prié, ils leurs imposèrent les mains *  et les laissèrent à leur mission.

Actes 13 (1-3)

            Verset 1, et des docteurs. Sur les prophètes, voir Ac 11 27+. Le charisme propre du docteur, ou didascale, le rend apte à donner à ses frères un enseignement moral et doctrinal, normalement fondé sur l’Écriture. Cf 1 Co 12 14+. Les cinq prophètes et docteurs énumérés représentent le gouvernement de l’Église d’Antioche ; comparer la liste des douze, 1 13, et celle des sept, 6 5. Comme ces derniers, il semble que les Cinq d’Antioche soient des Juifs hellénistes.

            Verset 2, célébraient le culte. L’usage de ce terme assimile les prières communes des chrétiens au culte sacrificiel de l’ancienne Loi.

            Verset 3, imposèrent les mains. D’après 14 26, ce geste de la communauté parait recommander à la grâce de Dieu les nouveaux missionnaires, choisis, v 2, et envoyés, v 4, par l’Esprit Saint. Le rite n’a donc pas tout à fait la même portée que dans 6 6, où les Sept reçoivent des apôtres leur mandat.

——————————————-

Ac 11 27+. 11 27 En ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. 28 L’un d’eux, nommé Agabus, se leva et, sous l’action de l’Esprit, se mit à annoncer qu’il y aurait une grande famine dans tout l’univers. C’est celle qui se produisit sous Claude.

1 Co 12 14+. 14 Aussi bien le corps n’est-il pas un seul membre, mais plusieurs. 15 Si le pied disait : « parce que je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps, » il n’en serait pas moins du corps pour cela. 16 Et si l’oreille disait : « parce que je ne suis pas l’œil, je ne suis pas du corps, » elle n’en serait pas moins du corps pour cela. 17 Si tout le corps était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était oreille, où serait l’odorat ?

À Chypre. Le magicien Élimas.

13 Eux donc, envoyés en mission par le Saint Esprit, descendirent à Séleucie, d’où ils firent voile pour Chypre. *  Arrivés à Salamine, ils se mirent à annoncer la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. *  Ils avaient avec eux Jean comme auxiliaire.

 Ayant traversé toute l’île jusqu’à Paphos, ils trouvèrent là un magicien, faux prophète Juif, nommé Bar-Jésus,  qui était de l’entourage du proconsul Sergius Paulus, homme avisé. Ce dernier fit appeler Barnabé et Saul, désireux d’entendre la parole de Dieu. Mais Élimas le magicien – Ainsi se traduit son nom – leur faisait opposition, cherchant à détourner le proconsul de la foi.  Alors Saul – appelé aussi Paul, * – rempli de l’Esprit Saint, le fixa du regard  10 et lui dit : « Être rempli de toutes les astuces et de toutes les scélératesses, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu donc pas de rendre tortueuses les voies du Seigneur qui sont droites ?  11 Voici à présent que la main du Seigneur est sur toi. Tu vas devenir aveugle, et pour un temps tu ne verras plus le soleil. » À l’instant même, obscurité et ténèbres s’abattirent sur lui, et il tournait de tous côtés, cherchant quelqu’un pour le conduire.  12 Alors, voyant ce qui s’était passé, le proconsul embrassa la foi, vivement frappé par la doctrine du Seigneur.

Actes 13 (4-12)

–            Verset 4, voile pour Chypre. Patrie de Barnabé, 4 36.

–           Verset 5, synagogues des Juifs. La tactique constante de Paul, est de s’adresser d’abord aux Juifs. Elle correspond à un principe : la priorité revient aux Juifs. Ce n’est qu’après leur refus qu’on se tourne vers les païens.

            Verset 9, appelé aussi Paul. Les Juifs, et les Orientaux en général, prenaient ainsi un nom à l’usage du monde gréco-romain : Jean portait le nom de Marc, Joseph-Barsabbas celui de Justus, Siméon celui de Niger, Tabitha celui de Dorcas, etc. Pour la première fois, Luc donne ici à Paul son nom romain, qui lui restera seul dans toute la suite. Il fait aussi passer Paul au premier plan : non plus un second de Barnabé, mais le véritable chef de la mission, v 13.

Arrivée à Antioche de Pisidie.

13 13 De Paphos, où ils embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergée, en Pamphilie. Mais Jean les quitta pour retourner à Jérusalem.  14 Quand à eux, poussant au-delà de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et s’assirent.  15 Après la lecture de la loi et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : « Frères, si vous avez quelque parole d’encouragement *  à dire au peuple, parlez. »

Actes 13 (13-15)

–              Verset 15, quelque parole d’encouragement. Il s’agit d’exhortations prenant leur point de départ dans l’Écriture. L’usage des synagogues tel qu’il apparaît ici se retrouve dans les réunions liturgiques chrétiennes, où ces discours d’encouragement sont tenus par les « prophètes » ou docteurs.

La prédication de Paul devant les Juifs. *

13    16 Paul alors se leva, fit signe de la main *  et dit :  Hommes d’Israël et vous qui craignez Dieu, *  écoutez.  17 Le Dieu de ce peuple, le Dieu d’Israël élut nos pères et fit grandir ce peuple durant son exil en terre d’Égypte. Puis, en déployant la force de son bras, il les fit sortir  18 et, durant quarante ans environ, il les entoura de soins *  au désert.  19 Ensuite, après avoir exterminé sept nations dans la terre de Canaan, il les mit en possession de leur pays :  20 quatre cent cinquante ans environ. *  Après quoi, il leur donna des juges, jusqu’au prophète Samuel.  21 Par la suite, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin : *  quarante ans.  22 Après l’avoir écarté, Dieu suscita pour eux David comme roi. C’est à lui qu’il a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, Fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés.  23 C’est de sa descendance que, suivant sa promesse, Dieu a suscité *  pour Israël Jésus comme sauveur.  24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l’adresse de tout le peuple d’Israël un baptême de repentance.  25 Au moment de terminer sa course, Jean disait : « Celui que *  vous croyez que je suis, je ne le suis pas ; mais voici venir après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale. »

Actes 13 (16-25)

–            Titre. Le grand discours inaugural de saint Paul, où Luc veut donner le reflet de la prédication de l’apôtre aux Juifs. Deux parties : d’abord, v v 16-25, un résumé d’histoire sainte, augmenté d’un rappel du témoignage de Jean-Baptiste ; ensuite, v v 26-39 : Jésus, mort et ressuscité est bien le Messie attendu. Le discours se termine, v v 40-41, sur un grave avertissement tiré de l’Écriture, cf 28 26-27.

            Verset 16, fit signe de la main. Geste habituel de l’orateur antique, pour appeler l’attention des auditeurs : il étendait la main droite, dont les deux petits doigts étaient repliés, les trois autres demeurant droits. Cf 19 33 etc.

            Verset 16, vous qui craignez Dieu. Les deux catégories d’auditeurs : Juifs de naissance et « craignant Dieu », 10 2+.

            Verset 18, les entoura de soins. Var : « soutint » (ou : supporta).

            Verset 20, texte occ, (et antiochien): « pendant quatre cent cinquante ans environ, il leur donna des juges ». Le texte reste obscur.

           Verset 21, la tribu de Benjamin. Dont Paul, lui aussi de la tribu de Benjamin, portait le nom.

            Verset 23, Dieu a ressuscité. Ou « ressuscité ». Le verbe grec est amphibologique, et l’argumentation exploite cette amphibologie comme en Ac 3 20-26 : la « promesse » s’est réalisée par la résurrection de Jésus, v v 32-33 ; c’est aussi par sa résurrection que Jésus a été constitué Sauveur. Ainsi le verbe, qui au v 22 signifie indubitablement « ressusciter » à partir du v 30. Au v 23, il fait transition et est équivoque.

            Verset 25, Celui que. Var : « Ce que ».

————————————

Ac 3 20-26 : 3 19 Repentez-vous donc et convertissez-vous, * afin que vos péchés soient effacés, 20 et qu’ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus, 21 celui que le ciel doit garder jusqu’aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé dans la bouche de ses saints prophètes. ———-3 26 C’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l’a envoyé vous bénir, * du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités. »

La prédication de Paul devant les Juifs. (suite)

13 26 Frères, vous les enfants de la race d’Abraham, et vous ici présents qui craignez Dieu c’est à vous *  que ce message de salut a été envoyé.  27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont accompli sans le savoir les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat. *  28 Sans trouver en lui aucun motif de mort, ils l’on condamné et ont demandé à Pilate de le faire périr.  29 Et lorsqu’ils eurent accompli tout ce qui était écrit de lui, ils le descendirent du gibet et le mirent au tombeau.  30 Mais Dieu l’a ressuscité ;  31 pendant de nombreux jours, il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux là même qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. *

 32 Et nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, 33 Dieu l’a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd’hui je t’ai engendré. *  34 Que Dieu l’ai ressuscité des morts et qu’il ne doive plus retourner à la corruption, c’est bien ce qu’il avait déclaré : Je vous donnerai les choses saintes de David, celles qui sont dignes de foi. *  35 C’est pourquoi il dit ailleurs encore : Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption.  36 Or David, après avoir en son temps servi les desseins de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères et a vu la corruption.  37 Celui que Dieu a ressuscité, lui, n’a pas vu la corruption.

 38 Sachez-le donc, frères, c’est par lui que la rémission des péchés vous est annoncée. L’entière justification que vous n’avez pu obtenir par la Loi de Moïse,  39 c’est par lui que quiconque croit l’obtient.

 40 Prenez donc garde que n’arrive ce qui est dit dans les prophètes :  41 « Regardez, contempteurs, soyez dans la stupeur et disparaissez ! Parce que de vos jours je vais accomplir une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. » *

 42 Et, à leur sortie, on les invitait à parler encore du même sujet le sabbat suivant.  43 Après que l’assemblée se fut séparée, nombre de Juifs et de prosélytes *  qui adoraient Dieu suivirent Paul et Barnabé, et ceux-ci, dans leurs entretiens, les engageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu.

Actes 13 (26-43)

–            Verset 26, c’est à vous. Var : « à nous ».

            Verset 27, chaque sabbat. Avec texte occ. Texte courant : « En effet, les habitants de Jérusalem l’ont méconnu, lui, ainsi que les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat : ils les ont accomplies en le condamnant ».

            Verset 31, auprès du peuple. Cet appel au témoignage des apôtres galiléens surprend un peu dans la bouche de Paul qui ne séparait pas son propre témoignage du leur.

            Verset 33, je t’ai engendré. la résurrection du Christ a été son intronisation messianique ; son humanité est entrée alors dans la jouissance des privilèges du Fils de Dieu.

            Verset 34, dignes de foi. Promesse de la sainteté comme d’un don réservé aux temps messianiques, qui découlera du nouveau David, le Christ ressuscité.

            Verset 41, si on vous la racontait. L’incrédulité et le rejet des Juifs sont un thème cher à Luc ; il reviendra en conclusion du livre des Actes.

           Verset 43, de Juifs et de prosélytes. « Prosélytes », ici au sens large équivaut à « craignant Dieu » et « adorant Dieu ».

Paul et Barnabé s’adressent aux païens.

13 44 Le sabbat suivant, presque toute la ville s’assembla pour entendre la parole de Dieu.  45 À la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie, et ils répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul.  46 S’enhardissant *  alors, Paul et Barnabé déclarèrent : « C’était à vous d’abord qu’il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas digne de la vie éternelle, eh bien ! Nous nous tournons vers les païens.

 47 Car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu’aux extrémités de la terre. » *

 48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. *  49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.

 50 Mais les Juifs montèrent la tête aux dames de condition qui adoraient Dieu ainsi qu’aux notables de la ville ; ils suscitèrent de la sorte une persécution contre Paul et Barnabé et les chassèrent de leur territoire.  51 Ceux-ci, secouant contre eux la poussière de leurs pieds, se rendirent à Iconium.  52 Quand aux disciples, ils étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint.

Actes 13 (44-52)

–            Verset 46, s’enhardissant. Cette idée de « hardiesse » ou « d’assurance », déjà soulignée à propos des apôtres, revient de façon insistante quand il s’agit de Paul ; même insistance chez Paul lui-même.

            Verset 47, aux extrémités de la terre. Citation libre d’après les LXX. Le texte peut s’entendre, soit de Paul lui-même, apôtre et docteur des païens, soit du Christ ressuscité : il est la lumière des nations, mais ne les éclairera effectivement que grâce au témoignage des apôtres. Aussi la prophétie est-elle un ordre pour l’Apôtre qui doit en assurer l’accomplissement.

            Verset 48, la vie éternelle. C’est à dire la vie du siècle futur ; n’y parviendront que ceux dont les noms « sont écrits dans le ciel », dans « le livre de vie ». « Destinés à la vie du monde futur », expression courante chez les rabbins. Dans la doctrine chrétienne, cette prédestination à la gloire implique d’abord la foi au Christ.

<< 12 14 >> Retour Chap. 1