AT-22 LE LIVRE DE JOB

CHAPITRES : 1—  12  13  14 

13    1 Tout cela, je l’ai vu de mes yeux, entendu de mes oreilles, et compris. 2 J’en sais, moi, autant que vous, je ne vous cède en rien. 3 Mais j’ai à parler à Shaddaï, je veux faire à Dieu des remontrances.

4 Vous, vous n’êtes que des charlatans, des médecins de fantaisie ! 5 Qui donc vous apprendra le silence, la seule sagesse qui vous convienne ! 6 Écoutez, je vous prie, mes griefs, soyez attentifs au plaidoyer de mes lèvres. * 7 Pensez-vous défendre Dieu par un langage inique et par des propos mensongers ?

8 prendre ainsi son parti, vous faire ses avocats ? 9 Serait-il bon qu’il vous scrutât ? Se moque-t-on de lui comme on se joue d’un homme ? 10 II vous infligerait une sévère réprimande pour votre partialité secrète. 11 Est-ce que sa majesté ne vous effraie pas ? Sa terreur ne fond-elle pas sur vous ?

12 Vos leçons apprises sont des sentences de cendre, vos défenses, des défenses d’argile. 13 Faites silence ; C’est moi qui vais parler, quoi qu’il m’advienne. 14 Je prends ma chair entre mes dents, je place ma vie dans mes mains, * 15 il peut me tuer : je n’ai d’autre espoir que de défendre devant lui ma conduite. * 16 Et cela même me sauvera, car un impie n’oserait comparaître en sa présence.

17 Écoutez, écoutez mes paroles, prêtez l’oreille à mes déclarations. 18 Voici : je vais procéder en justice * conscient d’être dans mon droit. 19 Qui veut plaider contre moi ? * D’avance, j’accepte d’être réduit au silence et de périr ! 20 Fais-moi seulement deux concessions, * alors je ne me cacherai pas loin de ta face : 21 Écarte ta main qui pèse sur moi : et ne m’épouvante plus par ta terreur.

22 Puis engage le débat et je répondrai ; ou plutôt je parlerai et tu me répliqueras. 23 Combien de fautes et de péchés ai-je commis ? Dis-moi quelle a été ma transgression, mon péché ? 24 Pourquoi caches-tu ta face * et me considères-tu comme ton ennemi ? 25 Veux-tu effrayer une feuille chassée par le vent, poursuivre une paille sèche ?

26 Toi qui rédiges contre moi d’amères sentences et m’imputes mes fautes de jeunesse, 27 qui as mis mes pieds dans les ceps, observes tous mes sentiers et prends l’empreinte de mes pas ! 28 Et lui * s’effrite comme un bois vermoulu, ou comme un vêtement dévoré par la teigne,

  • – Verset 6. de mes lèvres. Job revient à la procédure juridique, cf. v. 18 et 9 14+. Il veut interroger Dieu lui-même, écartant les faux sages qui se font audacieusement ses avocats.
  • – Verset 14. mes mains. On supprime les deux premiers mots, dittographie de la fin du v. 13. – Ces locutions d’allure proverbiale signifient qu’on risque sa vie, qu’on joue le tout pour le tout, cf. Jg 12 3; 1 S 19 5; 28 21.
  • – Verset 18. en justice. Job imagine un procès entre Dieu et lui. Il oublie cette fois qu’il n’existe pas d’arbitre au-dessus des parties, 9 32-33. Il réduit maintenant son juge au rôle d’adversaire.
  • – Verset 15. ma conduite. Plutôt que de voir restaurer son bonheur, Job veut venger son honneur aux yeux des hommes et surtout de Dieu.
  • – Verset 19. contre moi. Job retourne contre Dieu le défi juridique que Yahvé, Is 1 18 ; Os 2 4; Mi 6 1-2, ou son Serviteur, Is 50 8, lançait à son peuple. Le second stique, litt. « car dès maintenant je me tairai et je périrai », peut être encore une formule juridique. Celui qui défie les contradicteurs accepte d’avance d’être confondu et de subir la peine. Job, sûr de son droit, y consent.
  • – Verset 20. deux concessions. D’abord, rencontrer Dieu sur un pied d’égalité et recouvrer sa liberté. Ensuite un ordre du débat : Job parlera le premier.
  • – Verset 24. ta face. Dieu « cache sa face » lorsqu’il refuse les signes de sa présence gracieuse et favorable.
  • – Verset 28Et lui. L’homme dont parle le v. suivant; c’est pourquoi certains critiques proposent de lire ce v. après 14 2 ou 14 6.