AT-22 LE LIVRE DE JOB

CHAPITRES : 1—   17  18  19 

La colère ne peut rien contre l’ordre de la justice.

 18     1 Bildad de Shuah prit la parole et dit : 2 Jusqu’à quand mettrez-vous des entraves aux discours ? Réfléchissez, puis nous parlerons. * 3 Pourquoi nous considères-tu comme des bêtes, passons-nous pour des brutes à tes yeux ? *

4 Ô toi qui te déchires dans ta fureur, la terre à cause de toi sera-t-elle abandonnée et les rochers quitteront-ils leur place ? 5 La lumière du méchant doit s’éteindre sa flamme ardente ne plus briller. 6 La lumière s’assombrit sous sa tente, la lampe qui l’éclairait s’éteint. 7 Ses pas vigoureux se rétrécissent, il trébuche dans ses propres desseins. 8 Car ses pieds le jettent dans un filet et il avance parmi les rets.

9 Un lacet le saisit au talon et le piège se referme sur lui. 10 Le nœud pour le prendre est caché en terre, une trappe l’attend sur le sentier. 11 De toutes parts des terreurs l’épouvantent et elles le suivent pas à pas. 12 La faim devient sa compagne, * le malheur se tient à ses côtés. 13 Le mal dévore sa peau, * le Premier-né de la Mort * ronge ses membres.

14 On l’arrache à l’abri de sa tente et tu le traîneras vers le Roi des frayeurs, * 15 Tu peux habiter la tente qui n’est plus la sienne, et l’on répand du soufre sur son bercail. * 16 En bas ses racines se dessèchent, en haut se flétrit sa ramure. 17 Son souvenir disparaît du pays, son nom s’efface dans la contrée. 18 Poussé de la lumière aux ténèbres, il se voit banni de la terre. 19 II n’a ni lignée ni postérité parmi son peuple, aucun survivant en ses lieux de séjour. 20 Sa fin frappe de stupeur l’Occident et l’Orient est saisi d’effroi. 21 Point d’autre sort pour les demeures de l’injustice. Voilà ce que devient le lieu de quiconque méconnaît Dieu.

  • – Verset 2. nous parlerons. Ce v. doit s’adresser à Çophar et à Éliphaz.
  • – Verset 3. à tes yeux. « passons-nous pour des brutes » nidmînû kabba ar conj.; « sommes-nous impurs » nitmînû hébr.
  • – Verset 12. sa compagne. «La faim» conj.; «affame» hébr. – « sa compagne» ‘ittô conj. ;« sa force» ou « son malheur » ‘onô hébr.
  • – Verset 13. sa peau. « Le mal dévore » ye ‘akel bidway conj. ; « il dévore des morceaux(de la peau)» y0’ kal baddê hébr.
  • – Verset 13. la Mort. Sans doute la plus grave des maladies : la peste.
  • – Verset 14. des frayeurs. Personnage de la mythologie orientale et grecque (Nergal, Pluton, etc.) qui semble ici commander à des esprits infernaux, sortes de Furies qui s’acharnent sur les criminels, déjà de leur vivant.
  • – Verset 15. son bercail. Traduction litt., mais le texte est peut-être corrompu. Certains critiques proposent de lire : « on mettra le feu à sa tente (toshkan mabbel au lieu de tishkan mibbelî lô\ à cause du parallélisme avec le soufre, symbole de stérilité, cf. Dt 29 22; » Is 34 9; Ps 11 6, et peut-être ici désinfectant.