AT-22 LE LIVRE DE JOB

CHAPITRES : 1—   23  24  25 

24  1 Pourquoi Shaddaï n’a-t-il pas des temps en réserve, et ses fidèles ne voient-ils pas ses jours ? * 2 Les méchants déplacent les bornes, ils enlèvent troupeau et berger. * 3 On emmène l’âne des orphelins, on prend en gage le bœuf de la veuve. 4 Les indigents s’écartent du chemin, les pauvres du pays se cachent tous de même. 5 Tels les onagres du désert, ils sortent à leur travail, cherchant dès l’aube une proie, et le soir, du pain pour leurs petits. * 6 Ils moissonnent dans le champ d’un vaurien, * ils pillent la vigne d’un méchant. 10 Ils s’en vont nus, sans vêtements ; affamés, ils portent les gerbes.

11 En plein midi ils restent entre deux murettes ; * altérés, ils foulent les cuves. 7 Ils passent la nuit nus, sans vêtements, sans couverture contre le froid. 8 L’averse des montagnes les transperce ; faute d’abri, ils étreignent le rocher.

9 On arrache l’orphelin à la mamelle, on prend en gage le nourrisson du pauvre. * 12 De la ville on entend gémir les mourants, * les blessés, dans un souffle, crier à l’aide. Et Dieu reste sourd à la prière ! * 13 D’autres sont de ceux qui repoussent la lumière : * ils en méconnaissent les chemins, n’en fréquentent pas les sentiers.

14 II fait noir quand l’assassin se lève, pour tuer le pauvre et l’indigent. Durant la nuit rôde le voleur, * 16a dans les ténèbres, il perfore les maisons. 15 L’œil de l’adultère épie le crépuscule : « Personne ne me verra », dit-il, et il met un voile sur son visage. 16b Pendant le jour, ils se cachent, ceux qui ne veulent pas connaître la lumière. 17 Pour eux tous, le matin devient ténèbres, car ils en éprouvent alors les terreurs. * 25 N’en est-il pas ainsi ? Qui me convaincra de mensonge, et réduira mes paroles à néant ?

  • – Verset 1. ses jours. Des « temps » supplémentaires, ajoutés à celui qui mesure une vie humaine, pour exercer enfin le châtiment ; des « jours » pour la rétribution des individus, analogues au « Jour de Yahvé » eschatologique, cf. Am 5 18+.
  • – Verset 2et berger. « Les méchants » grec; omis par hébr. – « et berger » grec; « et le font paître » hébr. – Job oppose aux forts qui oppriment les autres, vv. 2-4, la basse classe des prolétaires indigents, w. 5-12, dont la misère crie vers Dieu.
  • – Verset 5. leurs petits. « cherchant dès l’aube (mishshahar) une proie », litt. « dès l’aube, pour une proie », conj.; « cherchant (meshaharê) pour une proie » hébr. – « le soir, du pain » ‘ereb lallehem conj.; « dans la steppe, pour lui, du pain » arabah lô lehem hébr.
  • – Verset 6. vaurien. « d’un vaurien » beliyya ‘a/ conj.; « son fourrage » belilô hébr.
  • – Verset 11. deux murettes. « entre deux murettes » ben shûrotayim conj.; « entre leurs murettes » ben shûrotam hébr.
  • – Verset 9. du pauvre. « mamelle » grec; «dévastation» hébr. (simple différence vocalique).-« nourrisson »
  • – Verset 12. les mourants. « les mourants » syr.; « les hommes » hébr.
  • – Verset 12. à la prière. D’après le syr.; « Dieu n’applique pas (son attention) à la sottise » hébr.
  • – Verset 13. la lumière. Cette diatribe contre les ennemis de la lumière, peut-être un poème indépendant repris ici par l’auteur, ramène l’attention sur les oppresseurs, que Dieu laisse opérer dans l’ombre. La lumière est la lumière physique, mais le sens moral est sous-jacent, cf. Jn 8 12+.
  • – Verset 14. le voleur. « II fait noir » belf ‘or conj.; « à la lumière » la ‘or hébr. – « rôde » yehallek conj.; « il est comme » yehî ka hébr.
  • – Verset 17. les terreurs. Stique corrigé. Hébr. : « car il connaît les terreurs de l’ombre épaisse». On transpose les vv. 18-24 après 27 23.