AT-33 LE PROPHETE ÉZÉCHIEL.

Chap : 1  32  33  34 

lll. Pendant et après le siège de Jérusalem *

Le prophète comme guetteur.

33 1 La parole de Yahvé me fut adressée en ces termes : * 2 Fils d’homme, parle aux enfants de ton peuple. Tu leur diras : Quand je fais venir l’épée contre un pays, les gens de ce pays prennent parmi eux un homme et le placent comme guetteur ; 3 s’il voit l’épée venir contre le pays, il sonne du cor pour avertir le peuple. 4 Si quelqu’un entend le son du cor mais n’en tient pas compte, et que l’épée survient et le fait périr, le sang de cet homme retombera sur sa propre tête. 5 II a entendu le son du cor sans en tenir compte : son sang retombera sur lui. Mais celui qui en a tenu compte, sa vie est sauve. 6 Mais si le guetteur a vu venir l’épée et n’a pas sonné du cor, si bien que le peuple n’a pas été averti, et que l’épée survienne et fasse chez eux une victime, celle-ci périra victime de sa faute, mais je demanderai compte de son sang au guetteur.

7 Toi aussi, fils d’homme, je t’ai fait guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. 8 Si je dis au méchant : « Méchant, tu vas mourir, » et que tu ne parles pas pour avertir le méchant d’abandonner sa conduite, lui, le méchant, mourra de sa faute, mais c’est à toi que je demanderai compte de son sang. 9 Si au contraire tu as averti le méchant d’abandonner sa conduite pour se convertir et qu’il ne s’est pas converti, il mourra, lui, à cause de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie.

  • Titre. Jérusalem. La troisième partie du livre contient les oracles prononcés depuis l’invasion de la Palestine par Nabuchodonosor, à l’exception des poèmes contre les nations, réunis dans la seconde partie.
  • Vers 1. ces termes. Au début d’une nouvelle période de son ministère, le prophète reçoit, dans des termes presque identiques, la même mission qu’il avait reçue après sa vision inaugurale, 3 17-21.

Conversion et perversion.

10 Et toi, fils d’homme, dis à la maison d’Israël : Vous répétez ces paroles : « Nos crimes et nos péchés pèsent sur nous ; c’est à cause d’eux que nous dépérissons. Comment pourrions-nous vivre ? » * 11 Dis-leur : « Par ma vie, oracle du Seigneur Yahvé, je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie. Convertissez-vous, revenez de votre voie mauvaise. Pourquoi mourir, maison d’Israël ? »

12 Et toi, fils d’homme, dis aux enfants de ton peuple : La justice du juste ne le sauvera pas au jour de son crime, et la méchanceté du méchant ne le fera pas succomber au jour où il reviendra de sa méchanceté. Le juste ne peut pas vivre en vertu de sa justice au jour de son péché. 13 Si je dis au juste : « Tu vivras », * mais que lui, se confiant dans sa justice, commette le mal, on ne se souviendra plus de toute sa justice, mais c’est de tout le mal qu’il a commis qu’il mourra. 14 Mais si je dis au méchant : « Tu mourras », et qu’il revienne de ses péchés et pratique le droit et la justice, 15 s’il * rend le gage, restitue ce qu’il a volé, observe les lois qui donnent la vie sans plus faire le mal : il vivra, il ne mourra pas. 16 On ne se souviendra plus de tous les péchés qu’il a commis : il a observé le droit et la justice, il vivra.

17 Les enfants de ton peuple disent : « La manière d’agir du Seigneur n’est pas juste. » C’est votre manière d’agir qui n’est pas juste. 18 Lorsque le juste se détourne de sa justice pour commettre le mal, il meurt pour cela. 19 Et lorsque le méchant se détourne de sa méchanceté et pratique le droit et la justice, c’est à cause de cela qu’il vit. 20 Et vous dites : « La manière d’agir du Seigneur n’est pas juste ! » Je vous jugerai chacun selon votre conduite, maison d’Israël !

  • Vers 10. pourrions-nous vivre. Le peuple, découragé, se déclare écrasé par le poids de ses péchés et incapable d’y échapper. Ézéchiel affirme en réponse la possibilité d’une conversion. Ce développement, vv. 10-20, est la reprise du thème déjà traité en 18 21-31.
  • Vers 13. tu vivras. « tu vivras » versions; « il vivra » hébr.
  • Vers 15. s’il rend. L’hébr. ajoute « le méchant », omis par les versions.

La prise de la ville.

21 La douzième année, le cinq du dixième mois de notre captivité * le rescapé arriva vers moi de Jérusalem et m’annonça : « La ville est prise. » 22 Or la main de Yahvé avait été sur moi, la veille au soir, avant que n’arrivât le rescapé, et il m’ouvrit la bouche quand celui-ci arriva vers moi, le matin ; ma bouche s’ouvrit et je ne fus plus muet. *

  • Vers 21. notre captivité. Décembre 586-janvier 585, mais cette date est suspecte : la prise de la ville a eu lieu au quatrième mois de la onzième année de Sédécias, 2 R 25 3 ; Jr 39 2. La nouvelle aurait donc mis dix-sept mois pour parvenir à Ézéchiel ; or il fallait environ quatre mois à une caravane pour faire ce trajet, cf. Esd 7 9 ; 9 31. La bonne leçon a peut-être été conservée par quelques mss hébreu. et grec et par syr. qui lisent : « le onzième mois ».
  • Vers 22. plus muet. Ézéchiel avait donc été privé, par « la main de Yahvé », de l’usage de la parole, cf. 3 24-27 ; 24 27.

La dévastation du pays.

23 Alors la parole de Yahvé me fut adressée en ces termes : 24 Fils d’homme, ceux qui habitent ces ruines, sur le sol d’Israël, parlent ainsi : « Abraham était seul lorsqu’il a été mis en possession de ce pays. Nous qui sommes nombreux, c’est à nous que le pays est donné en patrimoine. » *

25 Eh bien ! dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Yahvé. Vous mangez le sang, * vous levez les yeux vers vos ordures, vous répandez le sang, et vous posséderiez le pays ?

26 Vous vous appuyez sur vos épées, vous commettez l’abomination, chacun souille la femme de son prochain, et vous posséderiez le pays ? 27 Tu leur diras ceci ; Ainsi parle le Seigneur Yahvé : Par ma vie, je le jure, ceux qui sont dans les ruines tomberont par l’épée, celui qui est en rase campagne, je le livrerai aux bêtes pour en être dévoré, et ceux qui sont dans les lieux escarpés et dans les cavernes mourront de la peste. 28 Je ferai du pays une solitude désolée, et l’orgueil de sa force prendra fin. Les montagnes d’Israël seront dévastées et nul n’y passera plus. 29 Et l’on saura que je suis Yahvé, quand je ferai du pays une solitude désolée à cause de toutes les abominations qu’ils ont commises.

  • Vers 24. en patrimoine. Réflexion qui montre l’attachement du peuple à son pays, mais aussi une confiance présomptueuse en l’avenir, même après la catastrophe de 587.
  • Vers 25. le sang. Traduction incertaine, litt. : « vous mangez sur le sang ». Peut-être, en corrigeant : « vous mangez sur les montagnes », cf. 18 6.

Résultats de la prédication.

30 Et toi, fils d’homme, les enfants de ton peuple s’entretiennent de toi le long des murs et aux portes des maisons. Ils se disent l’un à l’autre, chacun à son voisin : « Venez donc écouter quelle parole arrive de la part de Yahvé. » 31 Et ils viennent vers toi en foule, mon peuple s’assied devant toi, écoute tes paroles, mais ne les met pas en pratique. Ce qu’ils mettent en pratique, c’est le mensonge * qui est dans leur bouche, et leur cœur s’attache au gain malhonnête. 32 Voici, tu es pour eux comme un chant d’amour, agréablement chanté, bien accompagné de musique. Ils écoutent tes paroles, mais nul ne les met en pratique. 33 Lorsque cela arrivera – et voici que cela arrive – ils sauront qu’il y avait un prophète parmi eux.

  • Vers 31. le mensonge. « en foule », litt. « comme une irruption de peuple ». – « le mensonge » kezabim conj.; « la passion » ‘agabim hébr. (terme employé au v. suivant au sens de [chant] d’amour »).