Dernière réponse de Job.
42 1 Et Job fit cette réponse à Yahvé 2 Je sais que tu es tout-puissant : ce que tu conçois, tu peux le réaliser. 3 J’étais celui qui voile tes plans, par des propos dénués de sens. * Aussi as-tu raconté des œuvres grandioses que je ne comprends pas, des merveilles qui me dépassent et que j’ignore. 4 (Écoute, laisse-moi parler : je vais t’interroger et tu m’instruiras.) * 5 Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. * 6 Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre. *
Job 42 (1-6)
- – Verset 3. de sens. « J’étais celui », litt. « Qui est celui-là », comme en 38 2. – « par des propos » ajouté avec grec, syr., et d’après 38 2.
- – Verset 4. m’instruiras. Sans doute glose (cf. 33 31 ; 38 3).
- – Verset 5. t’ont vu. Ce n’est pas une vision proprement dite, cf. Ex 33 20+, mais une perception nouvelle de la réalité de Dieu. Job, qui n’avait de Dieu qu’une idée reçue, en a saisi le mystère, et s’incline devant la Toute-Puissance. Ses questions sur la justice restent sans réponse. Mais il a compris que Dieu n’a pas de comptes à rendre, et que sa Sagesse peut donner un sens insoupçonné à des réalités comme la souffrance et la mort.
- – Verset 6. la cendre. Le geste classique de la douleur et de la pénitence, cf. 2 8.
V. Épilogue
Yahvé blâme les trois sages.
7 Après qu’il eût ainsi parlé à Job, Yahvé s’adressa à Éliphaz de Témân : « Ma colère s’est enflammée contre toi et tes deux amis, car vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. 8 Et maintenant, procurez-vous sept taureaux et sept béliers, puis allez vers mon serviteur Job. Vous offrirez pour vous un holocauste, tandis que mon serviteur Job priera pour vous. J’aurai égard à lui * et ne vous infligerai pas ma disgrâce pour n’avoir pas, comme mon serviteur Job, parlé avec droiture de moi. » 9 Éliphaz de Témân, Bildad de Shuah, Çophar de Naamat s’en furent exécuter l’ordre de Yahvé. Et Yahvé eut égard à Job.
- – Verset 8. égard à lui. « J’aurai égard à lui », en lisant kî (ou kl ‘et) au lieu de kl ‘im. – Job fait figure d’intercesseur comme Abraham, Gn 18 22-32 ; 20 7; Moïse, Ex 32 11+; Samuel, 1 S 7 5 ; 12 19 ; Amos, Am 7 2-6 ; Jérémie, Jr 11 14; 37 3 ; 2 M 15 14. Cf. Ez 14 14, 20. Son épreuve semble être l’une des raisons de l’efficacité de sa prière. A l’arrière-plan se profile la figure du Serviteur, cf. Is 53 12, dont la souffrance, cette fois, est expressément une expiation pour autrui.
Yahvé restaure la fortune de Job.
42 10 Et Yahvé restaura la situation de Job, tandis qu’il intercédait pour ses amis ; et même Yahvé accrut au double tous les biens de Job. 11 Celui-ci vit venir vers lui tous ses frères et toutes ses sœurs ainsi que tous ceux qui le fréquentaient autrefois. Partageant le pain avec lui dans sa maison, ils s’apitoyaient sur lui et le consolaient de tous les maux que Yahvé lui avait infligés. Chacun lui fit cadeau d’une pièce d’argent, * chacun lui laissa un anneau d’or. 12 Yahvé bénit la condition dernière de Job plus encore que l’ancienne. Il posséda quatorze mille brebis, six mille chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses. 13 II eut sept fils * et trois filles. 14 La première, il la nomma « Tourterelle », la seconde « Cinnamome » et la troisième « Corne à fard ». 15 Dans tout le pays on ne trouvait pas d’aussi belles femmes que les filles de Job. Et leur père leur donna une part d’héritage en compagnie de leurs frères. *
16 Après cela Job vécut encore cent quarante ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu’à la quatrième génération. 17 Puis Job mourut chargé d’ans et rassasié de jours. *
Job 42 (10-16)
- – Verset 11. pièces d’argent. En hébr. qesitah, monnaie ancienne de valeur inconnue. Les versions traduisent « brebis ».
- – Verset 13. sept fils. Le Targ. a : « quatorze fils ».
- – Verset 15. leurs frères. Régulièrement, les filles n’héritaient qu’en l’absence de fils, cf. Nb 27 1-11. Le fait témoigne de la richesse exceptionnelle de Job.
- – Verset 17. de jours. Le grec contient deux additions. La première témoigne qu’anciennement on trouvait dans le livre l’idée de résurrection : II est écrit qu’il ressuscitera de nouveau avec ceux que le Seigneur ressuscitera. » La seconde nous dit que Job habitait « au pays d’Ausitide, aux confins de l’Idumée et de l’Arabie » ; elle l’identifie avec Yobab, Gn 36 33.
Fin du livre de Job