AT-22 LE LIVRE DE JOB

Chapitre : 1  40  41  42

41   1 Ton espérance serait illusoire, car sa vue seule suffit à terrasser. * 2 II devient féroce quand on l’éveille, qui peut lui résister en face ? * 3 Qui donc l’a affronté sans en pâtir ? Personne sous tous les cieux ! * 4 Je parlerai aussi de ses membres, je dirai sa force incomparable. *

5 Qui a découvert par devant sa tunique. pénétré dans sa double cuirasse ? * 6 Qui a ouvert les battants de sa gueule ? La terreur règne autour de ses dents ! 7 Son dos, ce sont des rangées de boucliers, que ferme un sceau de pierre. * 8 Ils se touchent de si près qu’un souffle ne peut s’y infiltrer. 9 Ils adhèrent l’un à l’autre et font un bloc sans fissure. 10 Son éternuement projette de la lumière, * ses yeux ressemblent aux paupières de l’aurore.

11 De sa gueule jaillissent des torches, il s’en échappe des étincelles de feu. 12 Ses naseaux crachent de la fumée, comme un chaudron qui bout * sur le feu. 13 Son souffle allumerait des charbons, une flamme sort de sa gueule. 14 Sur son cou est campée la force, et devant lui bondit la violence, * (17) Quand il se dresse, les flots prennent peur et les vagues de la mer se retirent. * 15 Les fanons de sa chair sont soudés ensemble ils adhèrent à elle, inébranlables. 16 Son cœur est dur comme le roc, résistant comme la meule de dessous.

18 L’épée l’atteint sans se fixer, de même lance, javeline ou dard. 19 Pour lui, le fer n’est que paille, et l’airain, du bois pourri. 20 Les traits de l’arc ne le font pas fuir : il reçoit comme un fétu les pierres de fronde. 21 La massue lui semble un fétu, il se rit du javelot qui vibre.

22 II a sous lui des tessons aigus, comme une herse il passe sur la vase. 23 II fait bouillonner le gouffre comme une chaudière, il change la mer en brûle-parfums. 24 II laisse derrière lui un sillage lumineux, l’abîme semble couvert d’une toison blanche. * 25 Sur terre, il n’a point son pareil, il a été fait intrépide. 26 II regarde en face les plus hautains, il est roi sur tous les fils de l’orgueil. *

  • – Verset 1. à terrasser. «Ton espérance» syr.; «son espérance» hébr. – Dans le deuxième stîque, on supprime le pronom interrogatif.
  • – Verset 2. en face. « II devient », litt. « n’est-il pas », conj. « il n’est pas » hébr. – « en face », litt. « devant sa face », conj.; « devant ma face » de l’hébr. représente une corr. théologique : Dieu est le seul devant qui on ne peut résister.
  • – Verset 3les cieux. «l’a affronté sans en pâtir» hiqedîmÔ wayyishelam conj.; « m’a affronté pour que je rende » hieqeddimani wa ‘ashallem hébr. – « Personne » /o »/jh’ conj.; n à moi, lui » !i hu’ hébr.
  • – Verset 4. incomparable. «je dirai sa force» conj.; «la parole des forces» hébr. – « incomparable » ‘en ‘erek conj.; hébr. hên ‘ereko corrompu.
  • – Verset 5. cuirasse. cuirasse » grec; « frein » hébr.
  • – Verset 7. de pierre. « Son dos » grec, Vulg.; « la fierté » hébr. – « que ferme un sceau de pierre » grec; « fermé, un sceau étroit » hébr.
  • – Verset 10. de la lumière. II fait jaillir des gouttelettes d’eau qui étincellent au soleil.
  • – Verset 12. qui bout. « qui bout » ‘ogem syr., Vulg.; « un roseau » (?) ‘agmon hébr.
  • – Verset 14. la violence. « violence » deba ‘ah conj.; « effroi »
  • – Verset 17. se retirent. V. déplacé comme semble l’exiger le contexte. – « les flots » gallîtn conj.; « les dieux » Vffm hébr. – « les vagues de la mer » mishberê yam conj.; «à cause des ruptures» mishshebarim hébr.
  • – Verset 24. toison blanche. Lorsqu’il plonge, les bulles d’air jaillissent; lorsqu’il nage, il laisse un sillage étincelant.
  • – Verset 26. de l’orgueuil. Les « fils de l’orgueil » sont les fauves, cf. 28 8, type de tous les puissants de ce monde, que Dieu seul tient en son pouvoir, 40 7-14.