AT-07 LES JUGES.

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  •             Titre. D’après 2 11-15. cf. aussi 2 3, les nations étrangères ont été laissées comme un châtiment de l’infidélité d’Israël. C’est devenu ici un moyen de mettre sa fidélité à l’épreuve, vv. 22-23 ; 3 1 et 4. La glose de 3 2 offre une autre explication : maintenir l’esprit guerrier. D’autres raisons sont données par Ex 23 29 et Dt 7 22 : ne pas faire du pays un désert livré aux bêtes sauvages, et par Sg 12 3-22 : laisser aux anciens habitants le temps du repentir.
  •                Vers 3. Les Hittites« Hittites », cf. Jos 11 3 ; 2 S 24 6 ; « Hivvites » hébr.

Histoire des Juges *

1. OTNIEL *

  •                Titre. Histoire des juges. La coutume est d’appeler « grands » Juges ceux dont l’histoire est racontée avec plus ou moins de détails : Otniel, Éhud, Débora (et Baraq), Gédéon, Jephté, Samson, et « petits » Juges ceux qui ne reçoivent qu’une brève mention : Shamgar, Tola, Yaïr, Ibçân, Elon, Abdon, Cette distinction n’est pas faite par le texte, mais elle correspond à peu près à deux types différents de personnages qu’il présente. Les premiers sont suscités par Dieu pour délivrer le peuple de l’oppression, ils sont des chefs charismatiques et des sauveurs. Les seconds remplissent évidemment une charge, mais il est difficile de préciser leurs attributions. Ils « jugent », ce qui inclut l’administration de la justice mais la dépasse. Le même verbe, rarement en hébreu mais plus souvent dans d’autres langues sémitiques de l’ouest, signifie « gouverner », et « juge » devient synonyme de « roi ». Au « Juge » (shophet), on peut comparer les « Suffètes » de Tyr et de Carthage. Les chiffres précis donnés pour le temps où ils furent en charge indiquent une bonne source historique, mais l’extension de leur autorité à tout Israël et leur succession chronologique semble être une construction secondaire. L’auteur du livre des Juges a étendu le nom de cette fonction aux héros libérateurs dont il recueille les histoires. II se les représente comme ayant, eux aussi, « jugé » Israël, et leur série, complétée par les « petits Juges pour atteindre au chiffre des douze tribus, lui sert à meubler le temps qui s’est écoulé entre la mort de Josué et l’installation de Saül. De fait, le régime des Juges a été, au niveau de la cité et du district, une étape entre le gouvernement tribal et la monarchie.
  •                Titre. Otniel. Ce petit récit est énigmatique. Otniel est certainement le même que le conquérant de Debir au moment de l’installation. L’oppresseur est Kushân-Risheatayim, roi d’Aram-Naharayim d’après l’hébr. c’est-à-dire de la Haute Mésopotamie. Ainsi présenté, l’épisode est invraisemblable. La solution la plus probable est que le mot Aram est une corruption du mot Edom (dont la graphie est très semblable en hébr.), et que Naharayim a été monté d’après les souvenirs de la Genèse. Une tentative des Edomites pour s’installer dans le sud de la Palestine ne serait pas étonnante. Tout le passage est de la main du rédacteur deutéronomiste qui semble avoir utilisé une ancienne tradition du Sud pour donner à Juda (qui avait intégré les Calébites) une place dans sa galerie des juges.
  •                Vers 8. roi d’Édom. On lit « édom » et non « Aram » hébr. (de même au v. 10) et on supprime « Naharayim ».  – Le nom du roi signifie « Kushân a la double méchanceté ; » c’est peut-être un nom ancien modifié par dérision.

2. EHUD *

  •                Titre. L’histoire suppose que les Moabites ont dépassé l’Arnon, occupé les « Steppes de Moab » et franchi le Jourdain : leur roi a une résidence a Jéricho (la « ville des Palmiers »). Ils sont ainsi dans le territoire de Benjamin. Cette expansion doit être mise en relation avec l’affaiblissement de la tribu de Ruben, au début de la période des Juges. L’intervention du rédacteur deutéronomiste est ici réduite au minimum : w, 12, 15 et 30. Il utilise un récit qui se racontait peut-être à Gilgal, v. 19, et rapportait avec complaisance et sans souci de jugement moral la ruse du Benjaminite Éhud. L’élargissement de l’action à tout Israël, vv. 27-29, est secondaire, mais peut-être antérieur à l’utilisation du récit par le deutéronomiste.
  •                Vers 19. de Gilgal. Ces idoles de pierre (pesîlîm) étaient bien connues de la tradition locale et servent de repère géographique, ici et v. 26. Nous ne savons pas ce qu’elles étaient, mais il ne peut pas s’agir des pierres érigées par Josué, Jos 4 19-20, qu’on n’aurait pas appelées des « idoles ».
  •                Vers 22. de son ventre. On suit le grec. Hébr. ajoute : « et sortit le parshedonah », ou : « et il sortit par l’ebarshedon », mot inconnu. C’est peut-être un doublet du début du v. suivant (« il sortit par les cabinets », où « cabinets » est la traduction vraisemblable, cf. v. 24, d’un mot unique).
  •                Vers 24. couvre les pieds. Euphémisme pour : satisfaire un besoin naturel.

3. SHAMGAR *

  •             Titre. Ce v. est une addition, cf. 4 1. Sliamgar semble n’être pas Israélite : son nom est étranger, et il est apparemment originaire de Bet-Anat, en Galilée, qui était restée cananéenne. Jg 1 33. Son insertion dans la liste des Juges vient probablement de 5 6 mal compris.

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