AT-28 L’ECCLÉSIASTIQUE

Chapitre : 1 45  46  47 

Josué.

46 1 Vaillant à la guerre, tel fut Josué fils de Nûn, successeur de Moïse * dans l’office prophétique, lui qui, méritant bien son nom, * se montra grand pour sauver les élus, pour châtier les ennemis révoltés et installer Israël dans son territoire. 2 Qu’il était glorieux lorsque, les bras levés, il brandissait l’épée contre les villes !

3 Quel homme avant lui avait eu sa fermeté ? Il a mené lui-même les combats du Seigneur. * 4 N’est-ce pas sur son ordre que le soleil s’arrêta et qu’un seul jour en devint deux ? 5 II invoqua le Très-Haut, * le Puissant, alors qu’il pressait les ennemis de toutes parts,

et le Seigneur grand l’exauça en lançant des grêlons d’une puissance inouïe. 6 II fondit sur la nation ennemie * et dans la descente il anéantit les assaillants : pour faire connaître aux nations la force de ses armes et qu’il menait la guerre devant le Seigneur. *

  • Vers 1. de Moïse. « Josué fils de Nûn »; le grec porte « Jésus fils de Navé », conformément à la tradition des LXX, cf. Jos 1 1. – « successeur »; hébr. : « serviteur », cf. Ex 33 11.
  • Vers 1. son nom. Josué signifie « Yahvé sauve ». – L’hébr. porte : « qui fut formé pour être en son temps un grand salut pour ses élus ».
  • Vers 3. du Seigneur. « II a mené… » grec 248 et hébr.; « car le Seigneur lui-même a livré les ennemis » texte reçu.
  • Vers 5. Très-Haut. C’est la traduction de l’hébr. Elyôn ou El Elyôn, qui se trouve quatorze fois dans Si à partir du ch. 41. Dans toute la première partie on trouve « Dieu » ou « Yahvé », en grec Kyrios.
  • Vers 6. ennemie. Texte corr. d’après lat.; grec : « il déchaîna la guerre contre la nation ». – Allusion possible à la victoire sur les Amorites à Gabaôn, Jos 10 10-15, cf. la « pente » ou la « descente » de Bet-Horôn, vv. 10-11.
  • Vers 6. le Seigneur. Var. (Venetus) : « leur guerre (était contre le Seigneur) ». Lat. : « qu’il n’est pas facile de lutter contre le Seigneur ».

Caleb.

7 Car il s’attacha au Tout-Puissant, au temps de Moïse il manifesta sa piété, ainsi que Caleb, fils de Yephunné, en s’opposant à la multitude, en empêchant le peuple de pécher, * en faisant taire les murmures mauvais. 8 Eux deux furent seuls épargnés sur six cent mille hommes de pied, pour être introduits dans l’héritage, dans la terre où coulent le lait et le miel.

9 Et le Seigneur accorda à Caleb la force qui lui resta jusqu’à sa vieillesse, il lui fit gravir les hauteurs du pays que sa descendance garda en héritage, 10 afin que tout Israël voie qu’il est bon de suivre le Seigneur.

  • Vers 7. de pécher. Hébr. : « en détournant de l’assemblée la colère ».

Les Juges.

11 Les Juges, chacun selon son appel, tous hommes dont le cœur ne fut pas infidèle et qui ne se détournèrent pas du Seigneur, que leur souvenir soit en bénédiction ! 12 Que leurs ossements refleurissent * dans la tombe, que leurs noms, portés de nouveau, conviennent aux fils de ces hommes illustres.

  • Vers 12. refleurissent. Litt. « repoussent », comme la souche d’un arbre qui donne un surgeon, cf. 49 10; Is 66 14. Plutôt qu’un témoignage explicite en faveur de la croyance à la résurrection, il semble qu’il faille voir ici un souhait : que les Juges aient à l’époque contemporaine de dignes descendants. Ben Sira écrit à la veille de la révolte maccabéenne.

Samuel.

13 Samuel fut le bien-aimé de son Seigneur ; prophète du Seigneur, il établit la royauté * et donna l’onction aux chefs établis sur son peuple. 14 Dans la loi du Seigneur il jugea l’assemblée et le Seigneur visita Jacob. 15 Par sa fidélité il fut reconnu prophète, par ses discours il se montra un voyant véridique.

16 II invoqua le Seigneur tout-puissant, quand les ennemis le pressaient de toutes parts, en offrant un agneau de lait. 17 Et du ciel le Seigneur fit retentir son tonnerre, à grand fracas il fit entendre sa voix ; 18 il anéantit les chefs de l’ennemi * et tous les princes des Philistins.

19 Avant l’heure de son éternel repos, il rendit témoignage devant le Seigneur et son oint : « De ses biens, pas même de ses sandales, je n’ai dépouillé personne. » Et personne ne l’accusa. 20 Après s’être endormi il prophétisa encore et annonça au roi sa fin ; du sein de la terre il éleva la voix pour prophétiser, pour effacer l’iniquité du peuple.

  • Vers 13. la royauté. Hébr. : « Aimé du peuple et agréable à son créateur fut celui qui fut offert dès le sein de sa mère, nazir de Yahvé dans la charge prophétique, Samuel, juge et prêtre; par la parole de Dieu il établit la royauté. »
  • Vers 18. de l’ennemi. « de l’ennemi » hébr.; « de Tyr » grec (confusion entre car et car).