(04)-ÉVANGILE SELON SAINT JEAN

Chapitres : 1 – 7 8 9 

Évangile Jean  Chap. 8 

La femme adultère. *

Évangile Jean 8 (1-11)

          Titre. Cette péricope7 53 ; 8 11, omise par les plus anciens témoins (mss, versions et Pères), déplacée par d’autres, au style de couleur synoptique, ne peut être de saint Jean lui-même. Elle pourrait être attribuée à saint Luc. Sa canonicité, son caractère inspiré et sa valeur historique n’en sont pas moins hors de contexte.

          Verset 6, sur le sol. Le sens de ce geste reste obscur.

Jésus lumière du monde. *

 Évangile Jean 8 (12)

Titre. Dans le N T, le thème de la lumière se développe selon trois lignes principales, plus ou moins distinctes.

          1° comme le soleil illumine une route, ainsi est « lumière » tout ce qui éclaire le chemin vers Dieu : jadis, la Loi, la sagesse et la Parole de Dieu ; maintenant, le Christ, Jn 1 9; –9 1-39; –12 35 etc. Comparable à la nuée lumineuse de l’Exode, Jn 8 12 ; tout chrétien enfin, qui manifeste Dieu aux yeux du monde Ap 21 24.

          2° la lumière est symbole de vie, de bonheur et de joie; les ténèbres, symbole de la mort, de malheur et de larmes; aux ténèbres de la captivité s’oppose donc la lumière de la délivrance et du salut messianique, I8 22 – 9 1; Mt 4 16; Lc 1 79; Rm 13 11-12, atteignant même les nations païennes, Lc 2 32; Ac 13 47, par le Christ-lumière, pour se consommer dans le Royaume des Cieux, Mt 8 12; 22 13 etc.

          3° le dualisme « lumière-ténèbres » en vient à caractériser les deux mondes opposée du Bien et du Mal (cf les textes esséniens de Qumrân). Dans le N T apparaissent ainsi deux « empires », sous la domination respective du Christ et de Satan, l’un s’efforçant de vaincre l’autre, Lc 22 53 ; Jn 27 30. Les hommes se séparent en « fils de lumière » et « de fils des ténèbres », Lc 16 8 ; Jn 12 36 etc., selon qu’ils vivent sous l’influence de la lumière (le Christ) ou des ténèbres (Satan), Mt 6 23 etc. Ils se reconnaissent à leurs œuvres, Rm 13 12-14 ; Ep 5 8-11. Cette séparation (jugement) entre les hommes s’est manifestée par la venue de la Lumière, obligeant chacun à se prononcer pour ou contre elle, Jn 3 19-21 etc. La perspective reste optimiste : les ténèbres devront un jour s’effacer devant la lumière, Jn 1 5 ; 1 Jn 2 8 ; Rm 13 12.

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Ap 21 24.24 Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre viendront lui porter leurs trésors. 25 Ses portes resteront ouvertes le jour – car il n’y aura pas de nuit * – 26 et l’on viendra lui porter les trésors et le faste des nations.

I8 22 – 9 1; 8 22 Puis il regardera vers la terre ; et voici : angoisse, obscurité, nuit de détresse, ténèbres dissolvantes. ——— 9  1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi.

Rm 13 11-12, 11 D’autant que vous savez en quel moment * nous vivons. C’est l’heure désormais de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru. 12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là * les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de lumière. 

Ac 13 47, 47 Car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu’aux extrémités de la terre. » 

Mt 8 12;  12 tandis que les fils du Royaume * seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents.

Mt 6 23  23 Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! 

Discussion du témoignage de Jésus sur lui-même.

Évangile Jean 8 (13-30)

–          Verset 14, ni où je vais. Le Fils est à lui-même son véritable témoin, parce que seul il connaît le mystère céleste de son être, cf Mt 11 27p.

          Verset 15, selon la chair. Les Juifs jugent Jésus selon l’apparence, qui est celle d’un homme ordinaire, « dans la chair ils ne voient pas resplendir la gloire du Fils de Dieu » (S. Augustin).

Je ne juge personne. C’est à dire « condamne », suivant l’usage sémitique du mot.

          Verset 21, mourrez dans votre péché. En repoussant Jésus, les Juifs se perdent sans espoir ; ils pêchent contre la vérité, v v 40, 45s. C’est le péché contre l’Esprit, Mt 12 31p, Cf Jn 7 34+.

          Verset 24, que je Suis. « Je Suis » est le nom divin révélé à Moïse, Ex 3 14+, et signifie que le Dieu d’Israël est le seul vrai Dieu, Dt 32 39. En s’appliquant ce nom, Jésus se donne le seul et unique sauveur, vers qui tendaient toute la foi et l’espérance d’Israël, cf 8 28, 58 ; 13 19 et aussi 6 35; 18 5,8.

          Verset 25, ce que je vous dis. Texte très difficile, diversement traduit : « D’abord pourquoi vous parlé-je ? « D’abord ce que je vous dis »; « Absolument ce que je vous dis ». Notre traduction garde la nuance temporelle, qui prépare le second « alors » du v 28: les Juifs ont maintenant l’occasion de connaître Jésus par sa parole; quand ils le reconnaîtront « élevé », il sera trop tard. – La traduction de la Vulg. : « (Je Suis) le Principe, moi qui vous parle » est grammaticalement insoutenable.

          Verset 28, Je Suis. Dans l’A T, la formule : « vous saurez que je suis », ou : « que je suis Yahvé » affirme la puissance divine, ou annonce une intervention éclatante de Yahvé, cf Ex 10 2 etc. Ici est annoncée la glorification de Jésus par son « élévation » sur la croix, 12 32+, qui répondra à la question des Juifs, v 25, mais par la condamnation de leur incrédulité, cf 13 37 etc.

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Ex 3 14+, 14 Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui est. » Et il dit : « Voici ce que tu diras aux Israélites : « Je suis » m’a envoyé vers vous. » 

Mt 11 27p.27 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. »

Dt 32 39. 39   Voyez maintenant que moi, moi je Le suis et que nul autre avec moi n’est Dieu ! C’est moi qui fais mourir et qui fais vivre ; quand j’ai frappé, c’est moi qui guéris (et personne ne délivre de ma main).

Jésus et Abraham.

Évangile Jean 8 (31-59)

–          Verset 32, connaîtrez la vérité. Jésus est la vérité, la totale réalité du don du Père et de son dessein sauveur, en lui sont devenues présentes les réalités annoncées par la loi, 1 17. Il proclame les paroles qu’il détient du Père qui l’a envoyé, il nous fait ainsi connaître celui qu’il connaît, et nous invite à lui donner notre foi. Il est la vraie lumière, il peut dire : « je suis le vrai pain « , etc. Après sa glorification, l’Esprit de vérité guidera les croyants vers la vérité totale, 16 13. Le croyant qui « est de la vérité », 18 37 ; Jn 3 19+; 2 Th 2 10-12, est sanctifié par elle, il y demeure, il y marche, il la fait, il y coopère, il adore le Père en esprit et en vérité, 4 23-24. Il est tiré du mensonge, 8 44.

          Verset 34, est esclave. Add : du péché.

          Verset 39, les œuvres d’Abraham. Les Juifs ne sont pas enfants d’Abraham (comme Isaac), puisqu’ils ne croient pas ; ils sont seulement de la race d’Abraham (comme Ismaël, le fils de la servante qui fût chassé). Sur cette discussion, ils ne sont pas davantage enfants de Dieu, puisqu’ils ne croient pas en Jésus.

         Verset 41, nés de la prostitution. La prostitution désigne chez les prophètes l’infidélité religieuse, cf Os 1 2+. Les juifs protestent donc ici de leur fidélité au Dieu de l’alliance.

          Verset 43, entendre ma parole. Étant sous la dépendance du diable, l’ennemi de la vérité, 18 37.

          Verset 44, père du mensonge. Le mensonge, contrepied de la parole, et de la vérité, est lié au néant et au mal. Les Juifs qui refusent la vérité de Jésus, v 40, sont soumis au chef de tous les ennemis de cette vérité, 12 31; 13 2; 1 Jn 2 14.

          Verset 46, me convaincra de péché. C’est à dire d’infidélité à Dieu dans la mission reçue de lui.

          Verset 56, verrait mon Jour. L’Avènement de Jésus. Jésus s’approprie ici encore une expression réservée à Dieu dans l’A T : « le Jour de Yahvé », cf Am 5 18.

Fut dans la joie. Abraham a vu le « Jour » de Jésus (comme Isaïe a vu sa gloire, 12 4) « de loin », dans un événement prophétique : la naissance d’Isaac, qui provoqua le « rire » d’Abraham, Gn 17 17+. Jésus se donne comme véritable objet de la promesse faite à Abraham, la vraie cause de sa joie, l’Isaac spirituel, cf Gn 12 1+.

          Verset 59, pour les lui jeter. La prétention de Jésus à un mode divin d’existence est aux yeux des Juifs un blasphème, passible de lapidation, Lv 24 16.

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2 Th 2 10-12, 10 comme de toutes les tromperies du mal, à l’adresse de ceux qui sont voués à la perdition pour n’avoir pas accueilli l’amour de la vérité qui leur aurait valu d’être sauvés. 11 Voilà pourquoi Dieu leur envoie une influence qui les égare, qui les pousse à croire le mensonge, 12 en sorte que soient condamnés tous ceux qui auront refusés de croire la vérité et pris parti pour le mal. *

1 Jn 2 14. 14 Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous connaissez le Père. Je vous ai écrit, pères, parce que vous connaissez celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous êtes forts, que la parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le Mauvais. 

Am 5 18. 18 Malheur à ceux qui soupirent après le jour de Yahvé ! * Que sera-t-il pour vous, le jour de Yahvé ? Il sera ténèbres, et non lumière. 19 Tel l’homme qui fuit devant un lion et tombe sur un ours ! Il entre à la maison, appuie sa main au mur, et un serpent le mord ! 20 N’est-il pas ténèbres, le jour de Yahvé, et non lumière ? Il est obscur et sans clarté !

Lv 24 16. 16 Qui blasphème le nom de Yahvé devra mourir, toute la communauté le lapidera. Qu’il soit étranger ou citoyen, il mourra s’il blasphème le Nom. 

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