AT-34 LE LIVRE DE DANIEL

Chapitre : 1—   8  9  10 

La prophétie des soixante-dix semaines

Prière de Daniel.

Daniel 9 (1-19)

  • – Verset 1. de Chaldée. Voir 7 5+ et 1+.
  • – Verset 4. confession. La prière qui suit incorpore nombre de réminiscences bibliques. Elle est à rapprocher de la prière d’Azarias, en 3 25-45, et elle a servi de modèle à Ba 1 et 2.
  • – Verset 12nous gouvernaient. Litt. « aux juges qui nous jugeaient ».
  • – Verset 14. a veillé. En Jr 1 11-12, cf. 31 28 ; 44 27, le symbole de l’amandier (sheqed) évoque l’oracle de Yahvé qui veille (shôqed) sur l’accomplissement de sa Parole, pour le bien comme pour le malheur.
  • – Verset 16tes justices. C’est-à-dire : au nom de la justice manifestée dans les actes par lesquels tu as « revendiqué » ton peuple.
  • – Verset 17. ses supplications. Cf. 1 R 8 28 ; Ne 1 6, 11 ; Ps 130 2.
  • – Verset 17. toi-même. toi-même » d’après Théod. et v. 19 ; « à cause de mon Seigneur » hébr.

L’ange Gabriel explique la prophétie.

Daniel 9 (20-27)

  • – Verset 21. plein vol. Litt. « volant de vol, me toucha ».
  • – Verset 22. il vint. « II vint » LXX. syr.; « II me fit comprendre » hébr.
  • – Verset 23. des prédilections. « homme » est ici sous-entendu. Cf. 10 11, 19. La Vulgate. traduit « l’homme de désirs », mais il s’agit bien des complaisances divines pour Daniel, non des désirs de son âme.
  • – Verset 23la vision. La prophétie qui suit, parallèle à celles des ch. voisins, vise les événements de la persécution d’Antiochus, mais dans un style littéraire allusif et mystérieux (absence de noms propres, chiffres conventionnellement arrondis) qui signale que le texte a une portée plus haute. Comme l’annonce du royaume messianique, 2 28+ ; 7 13+, elle aura sa réalisation définitive au temps du Christ et de l’Eglise. L’ère de plénitude décrite au v. 24 dépasse infiniment un quelconque retour à la paix. Mais le détail des vv. 25-27, qui décrivent les périodes précédentes, reste obscur.
  • – Verset 24. septante semaines. II s’agit d’un nombre parfait de semaines d’années. Le point de départ du comput est la date de la révélation faite à Jérémie, cf. v. 25. Le terme envisagé est la restauration de Jérusalem et le retour des captifs, que 2 Ch 36 22-23 (= Esd 1 1-3) voit réalisés par le décret libérateur de Cyrus en 538.
  • – Verset 24pour sceller. « sceller » signifie tantôt « mettre fin à », tantôt « garantir », et a ici le sens plénier « d’accomplir ».
  • – Verset 24. des saints. Soit l’autel ou le Temple, soit le grand prêtre, cf. 1 Ch 23 13 : la restauration du sacerdoce saint coïncide avec celle de l’autel et du Temple, elle est envisagée dans une même perspective prophétique.
  • – Verset 25. Prince Messie. Messie ou « oint », cf. Ex 30 22+ ; 1 S 9 26+ ; Is 45 1. Les plus anciens Pères de l’Église ne sont pas d’accord sur l’identité de ce Prince Messie, pas plus que pour affirmer que le v. 26 vise la mort de Jésus. Certains renvoyaient la dernière semaine à la fin des temps.
  • – Verset 25. remparts. C’est la période de reconstruction sous le régime perse.
  • – Verset 26. un messie. On peut, avec Théodotion, identifier cet Oint avec le grand prêtre Onias III, cf. 2 M 4 30-38, déposé vers 175 et assassiné par les gens d’Antiochus Épiphane : ce serait aussi le Prince de l’Alliance de 11 22.
  • – Verset 26. pour lui. Un mot a dû tomber du texte. Théod. supplée « de faute ». On a proposé « de successeur ».
  • – Verset 26. décrétés. Décrétés par Dieu, cf. 8 25+.
  • – Verset 27. grand nombre. Ce passage s’éclaire peut-être à la lumière de 11 30-32 : « L’alliance » désignant ici le ralliement des impies autour du tyran qui les a attirés à trahir l’Alliance sainte. Cf. 1 M 1 21, 43, 52 ; 2 M 4 10s.
  • – Verset 27. l’oblation. L’abolition du sacrifice ancien ne signifie pas ici son remplacement par le sacrifice de la nouvelle alliance ; les passages parallèles montrent qu’elle est l’œuvre des impies.
  • – Verset 27. du Temple. « du Temple » n’est pas précisé dans l’hébr. mais le sens est évident.
  • – Verset 27. la désolation. Litt. « l’abomination horrifique » ou « désolatrice ». Cette expression (shiqqûçîm meshomem), dont nous avons gardé la traduction consacrée par l’usage, doit évoquer d’une part les antiques baals, objets de l’idolâtrie jadis reprochée à Israël par ses prophètes (shiqqâç étant un équivalent méprisant de Baal, et shomem jouant sur le titre de ces baals phéniciens « rois des cieux », baal shamem); et d’autre part le Zeus Olympios auquel on consacra le Temple de Jérusalem, cf. 2 M 6 2.

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