(04)-ÉVANGILE SELON SAINT JEAN

Chapitres : 1 – 5 6 7 

Évangile Jean  Chap. 6 

3. LA PÂQUE DU PAIN DE VIE

(NOUVELLE OPPOSITION A LA RÉVÉLATION)

La multiplication des pains.

 6 1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.  2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades.  3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples.  4 Or la Pâque, la fête des Juifs était proche. *

 5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? »  6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire.  7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. »  8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :  9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? »  10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.  11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient.  12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. »  13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.  14 À la vue de ce signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. »

 15 Alors Jésus, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit * à nouveau dans la montagne, tout seul.

Évangile Jean 6 (1-15)

–            Verset 4, était proche. Le pain donné par Jésus sera la Pâque nouvelle.

          Verset 15, s’enfuit. Var : se retira.

Jésus vient vers ses disciples en marchant sur la mer.

 6  16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer,  17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre coté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit ; Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ;  18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait.  19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur.  20 Mais il leur dit : « c’est moi. N’ayez pas peur. » *  21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient.

Évangile Jean 6 (16-21)

–  Verset 20, n’ayez pas peur. Omission : n’ayez pas peur.

Discours dans la synagogue de Capharnaüm. *

6  22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés.  23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain.  24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.  25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »  26 Jésus leur répondit :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.

 27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu a marqué de son sceau. » *

 28 Ils lui dirent alors : « Que devons nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »  29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, * c’est que vous croyiez en celui qui m’a envoyé. »  30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?  31 Nos pères ont mangé la manne * dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel.

 32 Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;  33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. »  34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. »  35 Jésus leur dit : « Je suis * le pain de vie. Qui vient à moi * n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. » *

 36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne me croyez pas.  37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ;  38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

 39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.  40 « Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils * et croit en lui ait la vie éternelleet je le ressusciterai au dernier jour. »

  41 Les Juifs, alors se mirent à murmurer à son sujet, * parce qu’il avait dit : « Je suis le pain descendu du ciel. »  42 Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? » 43 Jésus leur répondit : Ne murmurez pas entre vous.

 44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi.

 46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d’auprès de Dieu : celui-là a vu le Père.  47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle.  48 Je suis le pain de vie.

 49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ;  50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas.  51 Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c’est ma chair * pour la vie du monde. 

 52 Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »  53 alors Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.

 54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle * et je le ressusciterai au dernier jour.  55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.  56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. *  57 De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. *

 58 Voici le pain descendu du ciel ; il n’est pas comme celui qu’ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais.  59 Tel fut l’enseignement qu’il donna dans une synagogue à Capharnaüm.

 60 Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : « Elle est dure, cette parole ! Qui peut l’écouter ? »  61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : Cela vous scandalise ?  62 Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?…

 63 C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. *

 64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.  65 Et il disait : « Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné du Père. »  66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.

Évangile Jean 6 (22-66)

–  Titre. Selon certains, un discours eucharistique : Jésus vraie nourriture par son corps et par son sang, a été inséré dans le récit-discours suivant : aux Juifs réclamant un « signe » analogue à celui de la manne, Jésus répond : par l’enseignement du Père que je transmets aux hommes, je suis le vrai pain, assimilable par la foi. Les Juifs ne comprennent pas, v v 60-66, à l’exception de Pierre et des disciples, v v 67-71. Pour comprendre ce thème, cf Lc 11 29-32.

          Verset 27, de son sceau. Le sceau de l’Esprit reçu au baptême, Mt 3 16+, puissance de Dieu pour effectuer des « signes ». Cf Mt 12 28 ; Ac 10 38; Ep 1 13; 4 30; 2 Co 1 22.

          Verset 28, l’œuvre de Dieu. Aux œuvres des Juifs, Jésus oppose la foi à l’envoyé de Dieu.

          Verset 31, la manne. La manne d’Ex 16 1+ était regardée comme la nourriture du peuple messianique. Les chrétiens y ont vu une image du repas eucharistique, 1 Co 10 3-4+. Jésus l’évoque ici comme une figure de l’aliment véritable de la foi, qui est sa chair et son sang, source de vie éternelle.

          Verset 35, je suis. L’expression grecque (egô eimi) évoque le nom divin révélé à Moïse, Ex 3 14+ ; mais ici et dans maint autres passages, elle introduit en outre l’explication d’une parabole en geste ou en paroles. Ici Jésus se désigne comme le pain véritable que figurait la manne et le pain hier multiplié. Voir 6 41, 48, 51 ; 8 12 etc.

Jamais soif. Comme la Sagesse, Jésus invite les hommes à son repas. Pour Jean, Jésus est cette sagesse de Dieu que la Révélation biblique tendait à personnifier. Cette conviction s’appuie sur l’enseignement du Christ, perceptible déjà dans les synoptiques, mais beaucoup plus accentuée ici : d’origine mystérieuse, Jn 7 27-29 ; 8 14 etc., Jésus seul connait les mystères de Dieu et les révèle aux hommes, pain vivant qui apaise la faim, 6 35 etc.

Vient à moi. Venir à Jésus correspond à croire en lui.

          Verset 40, voit le Fils. Voir le Fils, c’est discerner et reconnaître qu’il est réellement le Fils envoyé par le Père, cf 14 45 ; 14 9 etc.

          Verset 41, à son sujet. Comme les hébreux au désert, Ex 16 2; 17 3 etc.

          Verset 51, c’est ma chair. Sous-entendu : donnée ou livrée (comme le précisent beaucoup de mss). Cette tournure concise rappelle 1 Co 11 24 : ceci est mon corps qui est pour vous, allusion à la Passion.

          Verset 54, a la vie éternelle. Jésus est le vrai pain, et comme la parole de Dieu, v v 32s, et comme victime offerte en sacrifice, par son corps et son sang pour la vie du monde, v v 51-58, cf 6 22+. Le mot chair suggère le rapport entre l’eucharistie et l’incarnation : l’homme se nourrit du Verbe fait chair, 1 14.

          Verset 56, et moi en lui. Etre dans, et plus encore demeurer dans, c’est, avec bien des variantes dans les sujets et les compléments, l’un des traits propres du langage johannique. La relation de présence intérieure qui s’exprime ainsi est évidemment déterminée par la nature des réalités et des personnes en cause : l’une est toujours plus grande que l’autre, et surtout s’il s’agit d’une personne divine. La chose est à observer en particulier si la relation est réciproque, comme ici, 10 38 ; 14 10, 20; 15 4-7 ; 17 21-23, 26 ; 1 Jn 2 24 ; 3 24 ; 4 12-16.

          Verset 57, lui aussi vivra par moi. L’Eucharistie communique aux fidèles la vie que le Fils tient du Père.

          Verset 63, et elles sont vie. Les paroles de Jésus sur le pain céleste révèlent une réalité divine dont seul l’Esprit, peut donner l’intelligence, et qui est source de vie pour l’homme.

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Lc 11 29-32. 11 29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, * et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. ——– 32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !

Mt 12 28 ;28 Mais si c’est par l’Esprit de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. 

Jn 7 27-29 ;27 Mais lui, nous savons d’où il est, tandis que le Christ, à sa venue, personne ne saura d’où il est. » ———  29 Moi, je le connais, parce que je viens d’auprès de lui * et c’est lui qui m’a envoyé. »

1 Co 11 24 : 24 et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. »

La confession de Pierre.

6  67 Jésus dit alors aux douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »  68 Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.  69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. » *  70 Jésus leur répondit : « n’est-ce pas moi qui vous ai choisi, vous, les Douze ? Et l’un d’entre vous est un démon. »  71 Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; c’est lui en effet qui devait le livrer, lui, l’un des Douze.

Évangile Jean (67-71)

–            Verset 69, le Saint de Dieu. C’est à dire l’envoyé et l’élu de Dieu, consacré et uni à lui de façon éminente, le Messie. Var : tu es le Christ, le Fils de Dieu, ou : le Fils du Dieu vivant, cf Mt 16 16.

Mt 16 16. 15 Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? 16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » 17 En réponse, Jésus lui dit : Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.

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