AT-03 LE LÉVITIQUE

Chapitres :  1—  16  17  18

IV. Loi de sainteté *

Immolations et sacrifices.

17   1   Yahvé parla à Moïse et dit : 2 Parle à Aaron, à ses fils et à tous les Israélites. Tu leur diras : Voici l’ordre qu’a donné Yahvé :

3 Tout homme de la maison d’Israël qui, dans le camp ou hors du camp, immolera taureau, agneau ou chèvre, 4 sans l’amener à l’entrée de la Tente du Rendez-vous pour en faire offrande à Yahvé devant sa demeure, cet homme répondra du sang répandu, * il sera retranché du milieu de son peuple. 5 Ainsi les Israélites apporteront au prêtre pour Yahvé, à l’entrée de la Tente du Rendez-vous, les sacrifices qu’ils voudraient faire dans la campagne, et ils en feront pour Yahvé des sacrifices de communion. 6 Le prêtre versera le sang sur l’autel de Yahvé qui se trouve à l’entrée de la Tente du Rendez-vous et il fera fumer la graisse en parfum d’apaisement pour Yahvé. 7 Ils n’offriront plus leurs sacrifices à ces satyres * à la suite desquels ils se prostituaient. * C’est une loi perpétuelle que celle-ci, pour eux et leurs descendants.

8 Tu leur diras encore : Tout homme de la maison d’Israël ou tout étranger résidant parmi vous qui offre un holocauste ou un sacrifice 9 sans l’apporter à l’entrée de la Tente du Rendez-vous pour l’offrir à Yahvé, cet homme sera retranché de sa race.

10 Tout homme de la maison d’Israël ou tout étranger résidant parmi vous qui mangera du sang, n’importe quel sang, je me tournerai contre celui-là qui aura mangé ce sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. 11 Oui, la vie de la chair est dans le sang. Ce sang, je vous l’ai donné, moi, pour faire sur l’autel le rite d’expiation pour vos vies car c’est le sang qui expie pour une vie. 12 Voilà pourquoi j’ai dit aux Israélites : « Nul d’entre vous ne mangera de sang et l’étranger qui réside parmi vous ne mangera pas de sang. »

13 Quiconque, Israélite ou étranger résidant parmi vous, prendra à la chasse un gibier, bête ou oiseau qu’il est permis de manger, en devra répandre le sang et le recouvrir de terre. 14 Car la vie de toute chair, c’est son sang, et j’ai dit aux Israélites : « Vous ne mangerez du sang d’aucune chair car la vie de toute chair, c’est son sang, et quiconque en mangera sera supprimé. » 15 Quiconque, citoyen ou étranger, mangera une bête morte ou déchirée, devra nettoyer ses vêtements et se laver avec de l’eau ; il sera impur jusqu’au soir, puis il sera pur. 16 Mais s’il ne les nettoie pas et ne se lave pas le corps, il portera le poids de sa faute.

  •                Titre. Loi de sainteté. Dans une rédaction sacerdotale, le fond de la « loi de sainteté », 17-26, semble remonter à la fin de l’époque monarchique, et représenter les usages du Temple de Jérusalem. On y trouve des contacts évidents avec la pensée d’Ézéchiel qui apparaît ainsi comme le développement d’un mouvement préexilique. La sainteté est l’un des attributs essentiels du Dieu d’Israël, cf. Lv 11 44-45 ; 19 2 ; 20 7, 26; 21 8 ; 22 32s. L’idée première est celle de séparation, d’inaccessibilité, d’une transcendance qui inspire une crainte religieuse, Ex 33 20+. Cette sainteté se communique à ce qui approche de Dieu ou lui est consacré : les lieux, Ex 19 12+; les temps, Ex 16 23; Lv 23 4; l’arche, 2 S 6 7+; les personnes. Ex 19 6+, spécialement les prêtres, Lv 21 6; les objets, Ex 30 29; Nb 18 9, etc. A cause de son rapport avec le culte, la notion de sainteté s’allie à celle de pureté rituelle : la « loi de sainteté » est autant une « loi de pureté ». Mais !e caractère moral du Dieu d’Israël a spiritualisé cette conception primitive : la séparation du profane devient abstention du péché, et à la pureté rituelle s’unit la pureté de conscience, cf. la vision inaugurale d’Isaïe, Is 63+.
  •             Verset 4. du sang répandu. Cf. 1 5+. Ce texte projette au désert la loi d’unicité du sanctuaire promulguée par Dt 12 1-12 ; on ne peut immoler qu’à la Tente du Rendez-vous. Mais il n’envisage pas d’abattage profane, comme fait Dt 12 15-16. C’est le souvenir de la vieille coutume, cf. I S 14 32s ; 17 12 ; 19 26 ; Ac 15 29.
  •             Verset 7. satyres. Le mot hébreu signifie « bouc » et désigne des génies à forme animale, qui étaient censés hanter les lieux déserts et ruinés, Is 13 21 ; 34 14. Azazel leur était assimilé, Lv 16 8+. Ici et à 2 Ch 11 15, le mot désigne avec mépris les faux dieux.
  •            Verset 7. se prostituaient. Image classique de l’infidélité religieuse, voir Os 1-3+.

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