AT-02 L’EXODE

Chapitres : 1—   19  20 21 

Le Décalogue. *

Exode 20 (1-21)

  • – Titre. Dans l’état actuel du livre, le Décalogue ne s’enchaîne pas au récit qui l’encadre, 19 24-25 et 20 18-21. Le Décalogue (ou « Dix Paroles », cf. Ex 34 28; Dt 4 13; 10 4) nous est conservé sous deux formes: ici dans une recension élohiste, et à Dt 5 6-21 dans une recension deutéronomiste un peu différente. Sa forme primitive, qu’on peut faire remonter à l’époque mosaïque, devait être une suite de dix formules brèves (cf. les 5e, 6e, 7e et 8e commandements), rythmées, faciles à retenir par cœur. Le Décalogue s’est ensuite transmis oralement dans les groupes qui avaient eu l’expérience du Sinaï, et qui savaient qu’il contenait les « paroles » que Dieu y avait prononcées. Il fut donc inséré, avec des développements, dans le récit de la théophanie. La tradition élohiste se poursuit ensuite en Ex 24 3, par-dessus le Code de l’Alliance.
  • – Le Décalogue couvre tout le champ de la vie religieuse et morale. Deux divisions des commandements ont été proposées : a) vv. 2-3; 4-6; 7; 8-11; 12; 13; 14; 15; 16; 17; fc 3-6; 7; 8-11; 12; 13; 14; 15; 16; 17′; 17″. La première, qui est celle des Pères grecs, a été conservée dans les églises orthodoxes et réformées. Les églises catholique et luthérienne ont adopté la seconde, établie par saint Augustin d’après le Deutéronome.
  • – Le Décalogue est le cœur de la Loi mosaïque et il garde sa valeur dans la nouvelle Loi : le Christ en rappelle les commandements auxquels s’ajoutent, comme le sceau de la perfection, les conseils évangéliques, Mc 10 7-21. La polémique de saint Paul contre la Loi, Rm et Ga, ne touche pas ces devoirs essentiels envers Dieu et envers le prochain.
  •        Verset 3. devant moi. Yahvé exige d’Israël un culte exclusif, c’est la condition de l’Alliance. La négation de l’existence d’autres dieux ne viendra que plus tard, cf. Dt 4 35+.
  •        Verset 4. de la terreInterdiction de faire des images cultuelles de Yahvé (cf. la justification donnée en Dt 4 15). Cette interdiction met Israël à part de tous les peuples qui l’environnent.
  •        Verset 5. ces dieuxLitt. « devant eux » : les dieux du v. 3 auquel se rattache le v. 5.
  •        Verset 7. Dieu à fauxCe qui pourrait inclure, outre le parjure, Mt 5 33, et le taux témoignage, v. 16 et Dt 5 20, l’usage magique du nom divin; le grec et la Vulg. ont traduit « en vain ».
  •        Verset 8Du sabbat. Le nom du sabbat est explicitement rattaché par la Bible, Ex 16 29-30; 23 12; 34 21, à une racine qui signifie « cesser, chômer ». C’est un jour de repos hebdomadaire, consacré à Yahvé, qui s’est reposé le septième jour de la Création, v. 11, cf. On 2 2-3. À ce motif religieux se joint un souci d’humanité, Ex 23 12 ; Dt 5 14. L’institution du sabbat est très ancienne, mais son observance prit une spéciale importance à partir de l’Exil et devint un trait du judaïsme, Ne 13 15-22 ; 1 M 2 32-41. L’esprit légaliste transforma la joie de ce jour en une contrainte, dont Jésus libéra ses disciples, Mt 12 1s p ; Lc 13 10s ; 14 1s.
  •        Verset 20. Péchiez pasLa terreur devant les manifestations sensibles de la grandeur divine, en particulier les phénomènes de la nature accompagnant les théophanies, se distingue ici de la crainte qui est soumission sans réserve à la volonté de Dieu, cf. Gn 22 12 Dt 6 +.

2. LE CODE DE L’ALLIANCE. *

Loi de l’autel.

Exode 20 (22-26)

  •        Titre. Le « Code de l’Alliance », 20 22 – 23 33, est ainsi nommé par les modernes d’après 24 7, mais ce texte se rapporte au Décalogue. Ce recueil de lois et coutumes n’a pas été promulgué au Sinaï : ses prescriptions supposent une collectivité déjà sédentarisée et agricole. Il date des premiers temps de l’installation en Canaan, avant la monarchie. Appliquant l’esprit des commandements du Décalogue, il a été considéré comme la charte de l’Alliance du Sinaï et, pour cette raison, inséré ici, à la suite du Décalogue.
  • – Ses contacts avec le Code de Hammurabi, le Code hittite et le Décret d’Horemheb ne témoignent pas d’un emprunt direct mais d’une source commune : un vieux droit coutumier qui s’est différencié selon les milieux et les peuples. – On peut ranger les prescriptions du Code, selon le contenu, sous trois chefs : droit civil et pénal, 21 1 – 22 20; règles pour le culte, 20 22-26; 22 28-31; 23 10-19; morale sociale, 22 21-27; 23 1-9. Selon leur forme littéraire, ces prescriptions se divisent en deux catégories : « casuistique » ou conditionnelle, dans le genre des codes mésopotamiens ; « apodictique » ou impérative, dans le style du Décalogue et des textes de la sagesse égyptienne.
  •        Verset 24. Mon nomContrairement à Dt 12 5, etc., le Code de l’Alliance admet la pluralité des lieux de culte. Le culte est légitime en tout lieu où Yahvé a manifesté sa présence, où il s’est révélé et dont il a pris ainsi possession.
  •        Verset 26. Ta nudité. Le sacrificateur devait porter un simple pagne à la mode égyptienne, d’où le danger d’indécence lorsqu’il montait les degrés de l’autel

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