AT-02 L’EXODE

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III. L’alliance au Sinaï *

1. L’ALLIANCE ET LE DÉCALOGUE

Arrivée au Sinaï.

  •        Titre. Sinaï. Cette grande section est surtout de rédaction sacerdotale : Ex 19 1-2; 24 15 – 31 ; 18; 34 29 jusqu’à la fin du livre. Il faut ensuite mettre à part 20 22 – 23 33, le Code de l’Alliance, qui a été rattaché secondairement au Sinaï. Le reste provient des sources anciennes où la distinction entre yahviste et élohiste est parfois difficile. Dans sa composition finale, l’alliance mosaïque scelle l’élection du peuple et les promesses qui lui furent faites, 6 6-8, de même que l’alliance avec Abraham, rappelée à 6 5, avait confirmé les premières promesses, Gn 17.
  • – Mais l’alliance avec Abraham était conclue avec un seul individu (bien qu’elle atteignît sa descendance) et ne comportait qu’une seule prescription, celle de la circoncision. L’alliance du Sinaï engage tout le peuple, qui reçoit une Loi : le Décalogue et le Code de l’Alliance. Avec ses développements postérieurs, cette Loi deviendra la charte du judaïsme et Si 24 9-27 l’identifiera à la Sagesse. Mais elle est en même temps « un témoin contre le peuple », Dt 31 26, car sa transgression rend vaines les promesses et entraîne la malédiction de Dieu. Elle demeurera comme une instruction et une contrainte, préparant les âmes à la venue du Christ, qui scellera la Nouvelle Alliance. Saint Paul expliquera, contre les judaïsants. ce rôle temporaire de la Loi, Ga 3; Rm 7.
  •        Verset 2. La montagne. La localisation du Sinaï est difficile. Depuis le IV e siècle de notre ère, la tradition chrétienne le place au sud de la péninsule qui en tire son nom, au djebel Mousa (2245 m). Mais une opinion actuellement répandue invoque les traits de caractère volcanique dans la description de la théophanie, 19 16+, et l’itinéraire de Nb 33 (cf. 33 1+) pour situer le Sinaï en Arabie où des volcans étaient encore en activité à l’époque historique.
  • – Ces arguments ne sont pas décisifs (cf. les notes mentionnées) et d’autres textes supposent une localisation plus proche de l’Égypte et du sud de la Palestine. En conséquence, une autre théorie situe le Sinaï près de Cadès, en s’appuyant sur les textes qui mettent Séïr, Edom et le mont Paran en rapport avec la manifestation divine, Jg 5 4; Dt 33 2; Ha 3 3. Mais Cadès n’est jamais associé au désert du Sinaï, et certains textes mettent clairement celui-ci loin de Cadès, Nb 11-13; 33; Dt 1 2, 19. La localisation dans le sud de la péninsule reste la plus vraisemblable. Malgré l’importance durable des événements et de la législation rattachés au Sinaï, Ex 3 1 -4 ;1718; 19-40; Nb 1-10, les Israélites semblent avoir vite oublié sa situation précise. L’épisode d’Élie, 1 R 19, cf. Si 48 7, est une exception. Pour saint Paul, Ga 4 24s, le Sinaï représente l’Ancienne Alliance désormais abolie.

Promesse de l’Alliance. *

Exode 19 (1-8)

  • – Titre. L’Alliance fera d’Israël le bien personnel et sacré de Yahvé, Jr 23, un peuple consacré, Dt 7626 19, ou saint (le mot hébreu signifie les deux choses) comme son Dieu est saint, Lv 19 2, cf. 11 44s; 20 7, 26, un peuple de prêtres aussi, cf. Is 61 6, car le sacré a un rapport immédiat avec le culte. La promesse trouvera sa pleine réalisation dans l’Israël spirituel, l’Église, où les fidèles seront appelés « saints ». Ac 9 13+, et unis au Christ-Prêtre, offriront à Dieu un sacrifice de louange, 1 P 2 5 S, 9; Ap 1 6; 5 10; 20 6.

Préparation de l’Alliance.

Exode 19 (10-14)

  • – Verset 9. Du peupleCes derniers mots répètent la fin du v. 8 et sont une addition qui assure la transition avec le passage suivant.
  •        Verset 12. la montagne. « Délimite le pourtour de la montagne » sam. ; « délimite le peuple » hébr. – Transcendance et sainteté sont inséparables et la sainteté implique une séparation du profane. Les lieux où Dieu se rend présent sont interdits. Gn 28 16-17; Ex 3 5; 40 35; Lv 16 2; Nb 1 51; 18 22. De même l’arche sera intouchable, 2 S 6 7. Cette conception primitive du sacré comporte un enseignement permanent sur la grandeur inaccessible et la majesté redoutable de Dieu.
  •        Verset 14. la femme. Les relations sexuelles rendent impropre à tout acte sacré. Cf. 1 S 21 5.

La théophanie. *

Exode 19 (16-25)

  • – TitreLes traditions yahviste, 19 18, sacerdotale, 24 15b-17, et deutéronomiste, Dt 4 11b-12» ; 5 23-24 ; 15, décrivent la théophanie du Sinaï dans le cadre d’une éruption volcanique. La tradition élohiste la décrit comme un orage, Ex 19 16, cf. v. 19. Ce sont deux présentations inspirées des plus impressionnants spectacles de la nature : une éruption volcanique comme les Israélites en avaient entendu parler par les visiteurs d’Arabie du Nord, ou comme ils avaient pu en observer de loin, dès le temps de Salomon (expédition d’Ophir); un orage de montagne comme ils pouvaient en voir en Galilée ou sur l’Hermon. On comprend que la première tradition soit celle du Yahviste, originaire du Sud, et que la seconde soit celle de l’élohiste. Originaire du Nord. Ces images expriment la majesté et la gloire de Yahvé, cf. 24 16+, sa transcendance et la crainte religieuse qu’il inspire, cf. Jg 5 4s ; ps 29 ; 68 8 ; 77 18-19 ; 97 3-5 ; Ha 3 3-15.
  •        Verset 19. le tonnerreLitt. « Dans (ou par) une voix ». Ce mot désigne toujours le tonnerre quand il est employé au pluriel, cf. v. 16. Au singulier, il peut aussi signifier le « tonnerre », mais il peut exprimer ici la voix intelligible de Dieu qui « répond » à Moïse.
  •        Verset 21. Moïse. Les vv. 21-24 sont une addition qui se réfère aux vv. 12-13, et fait mention des prêtres qui ne sont pas encore institués.
  • – Verset 25. et lui ditLa phrase est inachevée ; le récit a été interrompu par l’insertion du Décalogue.  

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