AT-10 2ème LIVRE DE SAMUEL

Chapitres : 1—   22  23  24–

Le dénombrement du peuple. *

 24    1 La colère de Yahvé s’enflamma encore contre les Israélites et il excita David contre eux : « Va, dit-il, fais le dénombrement d’Israël et de Juda. » * 2 Le roi dit à Joab et aux chefs * de l’armée qui étaient avec lui : « Parcourez donc toutes les tribus d’Israël, de Dan à Bersabée, et faites le recensement du peuple afin que je sache le chiffre de la population. » 3 Joab répondit au roi : « Que Yahvé ton Dieu accroisse le peuple de cent fois autant, pendant que Monseigneur le roi peut le voir de ses yeux, mais pourquoi Monseigneur le roi aurait-il ce désir ? » 4 Cependant l’ordre du roi s’imposa à Joab et aux chefs de l’armée, et Joab et les chefs de l’armée quittèrent la présence du roi pour recenser le peuple d’Israël.

5 Ils passèrent le Jourdain et commencèrent par Aroër et la ville qui est au milieu de la vallée, allèrent chez les Gadites et vers Yazèr. 6 Puis ils allèrent en Galaad et au pays des Hittites, à Qadesh, ils se rendirent à Dan et de Dan ils obliquèrent vers Sidon. * 7 Puis ils atteignirent la forteresse de Tyr et toutes les villes des Hivvites et des Cananéens et aboutirent au Négeb de Juda, à Bersabée. 8 Ayant parcouru tout le pays, ils rentrèrent à Jérusalem au bout de neuf mois et vingt jours. 9 Joab donna au roi le chiffre obtenu pour le recensement du peuple : Israël comptait huit cent mille hommes d’armes tirant l’épée, et Juda cinq cent mille hommes. *

  •                Titre. Tout ce ch. est le pendant de 21 1-14, cf. 21 1+.
  •                Vers 1. et de Juda. L’accomplissement de ce qui paraît un ordre divin sera considéré par David comme un « péché », v. 10, et puni par un fléau, vv. 15s. La mentalité religieuse de l’ancien Israël rapportait tout à Dieu comme à la cause première. Le Chroniste a remplacé « Yahvé » par « Satan ». On considérait alors un recensement comme une impiété parce qu’il portait atteinte aux prérogatives de Dieu, qui tient les registres de ceux qui doivent vivre ou mourir, Ex 32 32-33, cf. Ex 30 12.
  •                Vers 2. aux chefs. « et aux chefs » Ch, cf. v. 4 ; « chef » hébr.
  •                Vers 5. et la ville. « commencèrent… la ville » grec ; « campèrent à Aroër au sud de la ville » hébr. – Aroër, sur l’Arnon, marque, d’après Dt 2 36 ; Jos 13 9, 16, la limite sud des possessions israélites en Transjordanie. En Cisjordanie, les limites sont Dan au nord et Bersabée au sud, vv. 2, 6-7, 15. Tout le territoire d’Israël est ainsi parcouru. Mais le texte y ajoute Tyr et Sidon et, semble-t-il, Qadesh des Hittites, très au nord sur l’Oronte, ce qu’on essaye de justifier en invoquant Nb 34 7-9 ; Ez 47 15-17 et les conquêtes de David, 8 3-12.
  •                Vers 6. vers Sidon. « au pays des Hittites, à Qadesh » grec Luc.; hébreu. corrompu; – « et de Dan ils obliquèrent » d’après grec ; hébr. corrompu.
  •                Vers 8. mille hommes. Chiffres évidemment trop élevés, comme beaucoup de chiffres analogues dans l’AT, et majorés encore dans Ch. Israël et Juda sont recensés à part, cf. 5 5+.

La peste et le pardon divin.

10 Après cela le cœur de David lui battit d’avoir recensé le peuple et David dit à Yahvé : « C’est un grand péché que j’ai commis ! Maintenant, Yahvé, veuille pardonner cette faute à ton serviteur, car j’ai commis une grande folie. » 11 Quand David se leva le lendemain matin – cette parole de Yahvé avait été adressée au prophète Gad, le voyant de David : 12 « Va dire à David : Ainsi parle Yahvé. Je te propose trois choses, choisis-en une et je l’exécuterai pour toi. » – 13 Donc Gad se rendit chez David et lui notifia ceci : « Faut-il que t’adviennent trois années de famine dans ton pays, ou que tu fuies pendant trois mois devant ton ennemi * qui te poursuivra, ou qu’il y ait pendant trois jours la peste dans ton pays ? Maintenant réfléchis et vois ce que je dois répondre à celui qui m’envoie ! » 14 David dit à Gad : « Je suis dans une grande anxiété… Ah ! Tombons entre les mains de Yahvé car sa miséricorde est grande, mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! » 15 David choisit donc la peste.

C’était le temps de la moisson des blés. Yahvé envoya la peste en Israël depuis le matin jusqu’au temps fixé, le fléau frappa le peuple * et soixante-dix mille hommes du peuple moururent depuis Dan jusqu’à Bersabée. 16 L’ange étendit sa main vers Jérusalem pour l’exterminer, mais Yahvé se repentit de ce mal et il dit à l’ange qui exterminait le peuple : « Assez ! Retire à présent ta main. » L’ange de Yahvé se trouvait près de l’aire d’Arauna le Jébuséen. 17 Quand David vit l’ange qui frappait le peuple, il dit à Yahvé : « C’est moi qui ai péché, c’est moi qui ai commis le mal, mais ceux-là, c’est le troupeau, qu’ont-ils fait ? Que ta main s’appesantisse donc sur moi et sur ma famille ! »

  •             Vers 13. ton ennemi. « trois années » grec, Vêt. Lat ; « sept années » hébr. – « ton ennemi » conj.; « tes ennemis » hébr. (mais le verbe est au sing.).
  •                Vers 15. le peuple. Traduit d’après grec ; hébr. omet : « David… blés » et « le fléau frappa le peuple ».

Construction d’un autel. *

   24    18 Ce jour-là, Gad se rendit auprès de David et lui dit : « Monte et élève un autel à Yahvé sur l’aire d’Arauna le Jébuséen. » 19 David monta donc, suivant la parole de Gad, comme Yahvé l’avait ordonné. 20 Arauna regarda et vit le roi et ses officiers qui s’avançaient vers lui. – Arauna était en train de battre le froment. * – II sortit et se prosterna devant le roi, la face contre terre. 21 Arauna dit : « Pourquoi Monseigneur le roi est-il venu chez son serviteur ? » Et David répondit : « Pour acquérir de toi cette aire, afin de construire un autel à Yahvé. Ainsi le fléau s’écartera du peuple. » 22 Arauna dit alors au roi : « Que Monseigneur le roi la prenne et qu’il offre ce qui lui semble bon ! Voici les bœufs pour l’holocauste, le traîneau * et le joug des bœufs pour le bois. 23 Le serviteur de Monseigneur * le roi donne tout au roi ! » Et Arauna dit au roi : « Que Yahvé ton Dieu agrée ton offrande ! »

24 Mais le roi dit à Arauna : « Non pas ! Je veux te l’acheter en payant, je ne veux pas offrir à Yahvé mon Dieu des holocaustes qui ne me coûtent rien. » Et David acheta l’aire et les bœufs pour de l’argent, cinquante sicles. * 25 David construisit là un autel à Yahvé et il offrit des holocaustes et des sacrifices de communion. Alors Yahvé eut pitié du pays et le fléau s’écarta d’Israël.

  •                Titre. Le récit combine probablement deux traditions : d’après l’une, Yahvé arrête le fléau aux portes de Jérusalem parce qu’il aime la ville, v. 16, et David offre un sacrifice d’action de grâces « comme Yahvé l’avait ordonné », v. 19. D’après l’autre, la délivrance est obtenue par la prière de David et l’érection de l’autel, w. 17, 21, 25.
  •                Vers 20. le froment. Cette incise, omise par hébr. est restituée d’après Ch.
  •                Vers 22. le traîneau. La planche garnie de pierres tranchantes encore utilisée en Palestine pour battre le blé.
  •                Vers 23. Monseigneur. « Le serviteur de Monseigneur le roi » conj. « Arauna le roi » hébr.
  •                Vers 24. cinquante sicles. Six cents sicles d’or d’après Ch. L’aire d’Arauna se trouvait en dehors de la ville, sur la colline qui dominait la Jérusalem primitive au nord ; c’est là que s’élèvera le Temple de Salomon, Cf. 5 9+.

Fin du 2e livre de Samuel