AT-01 LA GENÈSE

Chapitre : 13 4 5 6

Caïn et Abel. *

Genèse 4 (1-16)

  •           Titre. Le récit qui suppose une civilisation déjà évoluée, un culte, d’autres hommes qui pourraient tuer Caïn, tout un clan qui le protègera, a pu se rapporter d’abord, non aux enfants du premier homme, mais à l’ancêtre éponyme des Quénites (Caïnites cf. Nb 24 21+). Reporté par la tradition yahviste aux origines de l’humanité, il reçoit une portée générale : après la révolte de l’Homme contre Dieu, c’est la lutte de l’homme contre l’homme, à qui s’opposera le double commandement qui résume la Loi, l’amour de Dieu et du prochain, Mt 22 40.
  •          Verset 1, de part Yahvé. Jubilation de la première femme qui, de servante d’un époux, devient mère d’un homme. Un jeu de mot rapproche le nom de Caïn (Qayn) du verbe (qanah) « acquérir ». 
  •          Verset 5, et son offrande. Première apparition du thème du cadet préféré à l’aîné, par lequel se manifeste le libre choix de Dieu, son mépris pour les grandeurs terrestres et sa prédilection pour les humbles ; ce thème revient souvent à travers la Genèse (Isaac préféré à Ismaël, 21, Jacob à ésaü, 25 23; 27; Rachel à Léa, 29 15-30; de même les enfants de celles-ci…) et dans toute la bible.
  •           Verset 7, pourras-tu la dominer. Traduction approximative d’un texte corrompu. Litt. : « n’est-ce pas que, si tu agis bien, élévation, et si tu n’agis pas bien, à ta porte le péché (fém) couchant (masc) et vers toi sa (masc) convoitise et tu le domineras ». Le texte parait décrire la tentation qui menace une âme mal disposée.
  •           Verset 15, un signe sur Caïn. Le signe de Caïn n’est pas un stigmate infamant, mais une marque qui le protège en le désignant comme membre d’un clan ou s’exerce durement la vengeance du sang.
  •           Verset 16, au pays de Nod. Le pays est inconnu et son nom rappelle l’épithète donnée à Caïn, « errant » (nad), au pays de Nôd.

La descendance de Caïn. *

Genèse 4 (17-24)

  •           Titre. Débris d’une généalogie yahviste. Les mêmes noms paraîtront, avec des variantes, dans la généalogie sacerdotale de Seth, entre Qénân et Lamek, 5 12-28. Cette liste n’est rattachée qu’artificiellement à Caïn, fils d’Adam, condamné à la vie errante, ici, Caïn est le constructeur de la première ville, l’ancêtre des éleveurs, des musiciens, des forgerons et peut-être des filles de joie, cf. v 22, qui subviennent aux commodités et aux plaisirs de la vie urbaine. Ces progrès sont attribués par l’auteur Yahviste à la lignée de Caïn le maudit ; la même condamnation de la vie urbaine se retrouvera dans le récit yahviste de la tour de Babel, 11 1-9.
  •           Verset 22, était Naama. « L’ancêtre des forgerons » Targ, cf. v v 20-21; « le forgeron de tous les ouvriers » hébr.- Les trois castes des éleveurs de bétail, des musiciens, et des forgerons ambulants sont rattachées à trois ancêtres dont les noms font assonance et rappellent les métiers de leurs descendants: Yabal (ybl « conduire »); Yubal (yôbel « trompette »); Tubal (nom d’un peuple du Nord, Gn 10 2, au pays des métaux); Caïn signifie « forgeron » en d’autres langues sémitiques. Naama, « la jolie », « l’aimée », pourrait être l’éponyme d’une autre « profession » sur laquelle le texte se tait.
  •           Verset 24, septante sept fois. Ce chant sauvage composé à la gloire de Lamek, un héros du désert, est recueilli ici comme un témoignage de la violence croissante des descendants de Caïn.

Seth et ses descendants. *

Genèse 4 (25-26)

  •           Titre. Débris d’une autre généalogie primitive.
  •           Verset 25, Dieu m’a accordé. Le nom de Seth (hébr Shet) est appliqué par shat «il a accordé ».
  •           Verset 26, le nom de Yahvé. « Celui-ci fut le premier » grec et Vulg. : « On commença alors » hébr. – Les traditions élohistes et sacerdotales retardent jusqu’à Moïse, la révélation du nom divin.