AT-01 LA GENÈSE

Chapitre : 12 3 4

Genèse 2 (1-4a)

  • Verset 3, et le sanctifia. Le sabbat (shabbat) ce jour-là. Cependant le mot shabbat est évité ici, car, selon l’auteur sacerdotal, le sabbat ne sera imposé qu’au Sinaï, où il deviendra le signe de l’alliance, Ex 31 12-17. Mais, dès la création, Dieu a donné un exemple que l’homme devra imiter, Ex 20 11 ; 31 17.
  •           Verset 4a, l’histoire. En hébreu, (tôledôt), proprement descendance, puis histoire d’un ancêtre et de sa lignée. Par l’emploi de ce mot ici, la création est démysthisée, elle est le commencement de l’histoire, elle n’est plus comme en Summer et en Égypte, une suite d’engendrements divins.

L’épreuve de la liberté. Le paradis. *

Genèse 2 (4b-25)

  •           Titre. La section 2 4b – 3 24 appartient à la source yahviste. Ce n’est pas comme on le dit souvent, un « second récit de la création », suivi d’un « récit de la chute », ce sont deux récits combinés qui utilisent des traditions diverses: un récit de la création de l’homme distincte de la création du monde et qui n’est complète que par la création de la femme et l’apparition du premier couple humain, 2 4b-8, 18-24; un récit sur le paradis perdu, la chute et le châtiment, qui commence en 2 9-17 et se continue par 3 1-24.
  •           Verset 7, la glaise du sol. L’homme, (‘adam), vient du sol, (‘adamah), cf. 3 19. Ce nom collectif deviendra le nom propre du premier humain, Adam, cf. 4 25; 5 1,3.
  •           Un être vivant. C’est le mot (nephesh), qui désigne l’être animé par un souffle vital, manifesté aussi par « l’esprit », (ruah), 6 17+; Is 11  2+, cf. Ps 6 5+.
  •           Verset 8, jardin en éden. « Jardin » est traduit « paradis » dans la version grecque, puis dans toute la tradition. « Éden » est un nom géographique qui se dérobe à toute localisation, et a pu d’abord signifier « steppe ». Mais les Israélites ont interprété le mot d’après l’hébreu « délices », racine (‘dn). la distinction entre éden et le jardin, exprimée ici et au v 10, s’estompe ensuite : on parle du « jardin d’éden », v 15 ; 3 23,24. Dans Ez 28 13 et 31 9, Éden est le « jardin de Dieu », et dans Is 51 3, Éden, le « jardin de Yahvé » est opposé au désert et à la steppe.
  •           Verset 9, arbre de vie. Symbole de l’immortalité, cf. 3 22+, sur l’arbre de la connaissance du bien et du mal, cf. v 17.
  •           Verset 10, quatre bras. Les v v 10-14 sont une parenthèse, mais elle a probablement été insérée par le yahviste lui-même, qui utilisait de vieilles notions sur la configuration de la terre. Son propos n’est pas de localiser le jardin d’Éden, mais de montrer que les grands fleuves qui sont les artères vitales des quatre régions du monde ont leur source au paradis. Il n’est pas étonnant que cette géographie soit incertaine. Le Tigre et l’Euphrate sont bien connus et ont leur source dans les monts d’Arménie, mais le Pishôn et le Gihôn sont inconnus. Havila est, d’après Gn 10 29, une région d’Arabie, et Kush désigne d’ailleurs l’éthiopie, mais il n’est pas sûr que ces deux noms soient à prendre ici dans leur sens habituel.
  •           Verset 12, le bdellium. Gomme arabique.
  •           Verset 17, du bien et du mal. Cette connaissance est un privilège que Dieu se réserve et que l’homme usurpera par le péché, 3 5-22. Ce n’est donc ni l’omniscience, que l’homme déchu ne possède pas, ni le discernement moral, qu’avait déjà l’homme innocent et que Dieu ne peut pas refuser à sa créature raisonnable. C’est la faculté de décider soi-même de ce qui est bien et mal et d’agir en conséquence, une revendication d’autonomie morale par laquelle l’homme renie son état de créature, cf. Is 5 20. Le premier péché a été un attenta à la souveraineté de Dieu, une faute d’orgueil. Cette révolte s’est exprimée concrètement par la transgression d’un précepte posé par Dieu et représenté sous l’image du fruit défendu.
  •           Passible de mort. La même expression est employée dans les lois et les sentences qui prévoient une peine de mort. La manducation du fruit ne doit pas provoquer une mort instantanée : Adam et Ève y survivront et la condamnation de 3 16-19 ne parle pas de la mort que comme le terme d’une vie misérable. Le péché, symbolisé par la manducation du fruit, mérite la mort : le texte ne dit pas plus, cf. 3 3.
  •           Verset 18, qui lui soit assortie. Le récit de la création de la femme, v v 18-24, semble provenir d’une tradition indépendante : dans le v 16, « homme désigne l’homme et la femme comme en 3 24, et 3 1-3, qui continue 2 17, suppose que le précepte a été donné à l’homme et à la femme.
  •           Verset 21, la chair à sa place. La chair (basar), c’est d’abord, chez l’animal ou l’homme, la « viande », les muscles, 41 2-4 ; Ex 4 7 ; Jb 2 5. C’est aussi le corps entier, Nb 8 7 ; 1 R 21 27 ; 2 R 6 30, et donc le lien familial, 2 23 ; 29 14 ; 37 27, voire l’humanité ou l’assemblée des êtres vivants (toute chair). Ps 56 5 ; Is 40 6 ; Jr 17 5. L’âme, 2 7+ ; Ps 6 5+, ou l’esprit, 6 17+, animent la chair sans s’additionner à elle, en la rendant vivante. Souvent néanmoins la « chair » souligne ce qu’il y a de fragile et de périssable en l’homme, 6 3 etc. ; et peu à peu l’on percevra une certaine opposition entre les deux aspects de l’homme vivant, Ps 78 39 etc. ; cf. aussi Sg 8 19 ; 9 15+. L’hébreu n’a pas de mot pour dire « corps » : le N T suppléera à cette lacune en développant (sôma) à coté de (sarx), cf. Rm 7 5+ ; 24+.
  •          Verset 22, une femme. Expression imagée du rapport qui relie l’homme et la femme, v 23, et qui les unit dans le mariage, v 24.
  •           Verset 23, « femme ». L’hébreu joue sur les mots (‘ishsha) « femme » et (‘ish) « homme ».