AT-01 LA GENÈSE

Chapitre : 15 6 7

Fils de Dieu et filles des hommes. *

  •           Titre. Épisode difficile de tradition yahviste. L’auteur sacré se réfère à une légende populaire sur les géants, en hébreu (Nephilim), qui seraient des titans orientaux, nés de l’union entre des mortelles et des êtres célestes. Sans se prononcer sur la valeur de cette croyance et en voilant son aspect mythologique, il rappelle seulement ce souvenir d’une race insolente et surhommes, comme un exemple de la perversité croissante qui va motiver le déluge. Le judaïsme postérieur et presque tous les premiers écrivains ecclésiastiques ont vu des anges coupables dans ces « fils de Dieu ». Mais, à partir du 4° siècle, en fonction d’une notion plus spirituelle des anges, les Pères ont communément interprété les « fils de Dieu » comme la lignée de Seth et « les filles des hommes » comme la descendance de Caïn.
  •           Verset 3, cent vingt ans. Durée maximale à laquelle Dieu réduisit alors la vie humaine d’après cette source yahviste ; pour la tradition sacerdotale voir la note sur 5 1.

II. LE DÉLUGE *

La corruption de l’humanité.

La Genèse 6 (5-12)

  •           Titre. (Le déluge) Cette section combine deux récits parallèles : l’un yahviste, plein de couleur et de vie ; l’autre sacerdotal, plus précis et plus réfléchi mais plus sec. Le rédacteur final a respecté ces deux témoignages qu’il recevait de la tradition, sans chercher à supprimer leurs divergences de détail. Nous possédons plusieurs narrations babyloniennes sur le déluge, qui présentent des ressemblances remarquables avec le récit biblique. Celui-ci n’en dépend pas, mais puise au même héritage qu’elle : le souvenir d’une ou de plusieurs inondations désastreuses de la vallée du Tigre et de l’Euphrate, que la tradition avait grossies aux dimensions d’un cataclysme universel. Seulement, et c’est l’essentiel, l’auteur sacré a chargé ce souvenir d’un enseignement éternel sur la justice et la miséricorde de Dieu, sur la malice de l’homme et le salut accordé au juste. C’est un jugement de Dieu, qui préfigure celui des derniers temps, Lc 17 26s ; Mt 24 37s, comme le salut accordé à Noé figure le salut par les eaux du baptême, 1 P 3 20-21.
  •           Verset 6, dans son cœur. Ce repentir de Dieu exprime sous un mode humain l’exigence de sa sainteté, qui ne peut pas supporter le péché. 1 S 15 29 écartera une interprétation trop littérale. Beaucoup plus fréquemment, le « repentir » de Dieu signifie l’apaisement de sa colère et le retrait de sa menace, voir Jr 26 3+

Préparatifs du déluge.