AT-01 LA GENÈSE

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LA GENÈSE

TABLE DES MATIÈRES

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LA GENÈSE

I. Les origines du monde et de l’humanité.

La création et la chute

Premier récit de la création. *

Genèse 1 (1-31) 

         Titre. Ce récit attribué à la source sacerdotale, plus abstrait et plus théologique que le suivant, 2 4b-25, veut donner un classement logique et exhaustif des êtres crées suivant un plan réfléchi dans le cadre d’une semaine qui s’achève par le repos sabbatique. Les êtres viennent à l’existence à l’appel de Dieu, selon un ordre croissant de dignité, jusqu’à l’homme, image de Dieu et roi de la création. Le texte utilise une science encore dans l’enfance. Il ne faut pas s’ingénier à établir des concordances entre ce tableau et notre science moderne ; mais il faut y lire, sous une forme qui porte la marque de son époque, un enseignement révélé, de valeur permanente, sur Dieu, unique, transcendant, antérieur au monde, créateur.

          Verset 1, le ciel et la terre. On traduit aussi : « Au commencement que Dieu créa le ciel et la terre, la terre était…». Les deux traductions sont grammaticalement possibles : celle qu’on retient, avec toutes les anciennes versions, respecte le mieux la cohérence du texte. Le récit ne commence qu’au v 2 ; le v 1 est un titre auquel correspond la conclusion de 2 4a. « Le ciel et la terre » sont l’univers ordonné, le résultat de la création. Celle-ci est exprimée par le verbe (bara’) qui est réservé à l’action créatrice de Dieu, différente de l’action productrice de l’homme. Il ne faut pas y introduire la notion métaphysique de création (ex nihilo), qui ne sera pas formulée avant 2 M 7 28, mais le texte affirme qu’il y eu un commencement au monde : la création n’est pas un mythe atemporel, elle est intégrée à l’histoire dont elle est le début absolu.

–             Verset 2, vide et vague. En hébreu : (tohû et bohû), « le désert et le vide ; » comme les « ténèbres sur l’abîme », le « vent » et les « eaux » sont là des images qui, par leur caractère négatif, préparent la notion de création à partir du néant.

    –               Tournoyait. Il ne s’agit pas ici de l’Esprit de Dieu et de son rôle dans la création. Celle-ci sera l’œuvre de la « parole » de Dieu, v v 3s, ou de son « action », v v 7, 16, 25, 26.

      –             Verset 4, la lumière et les ténèbres. La lumière est une création de Dieu, les ténèbres ne le sont pas : elles sont négation. La création de la lumière est rapportée la première parce que la succession des jours et des nuits va être le cadre où se déroulera l’œuvre créatrice.

–             Verset 6, un firmament. La « voûte » apparente du ciel était pour les anciens Sémites une coupole solide, retenant les eaux supérieures : par ses ouvertures ruissellera le déluge, 7 11.

–             Verset 7, Dieu fit. À la création par la parole, « Dieu dit », s’ajoute la création de l’acte, « Dieu fait » le firmament, les astres, v 16, les animaux terrestres, v 25, l’homme, v 26. L’auteur sacerdotal intègre ainsi à sa conception plus spirituelle de la création une tradition ancienne, parallèle à celle du second récit, 2 4b-25, où Dieu « fait » le ciel et la terre, l’homme et les animaux.

–               Verset 16, deux luminaires majeurs. Leurs noms sont omis à dessein : le soleil et la lune, divinisés par tous les peuples voisins, sont ici de simples luminaires qui éclairent la terre et fixent le calendrier.

–               Verset 24, bestioles. Litt. : ce qui rampe ou glisse, serpents, lézards, mais aussi insectes et petits animaux.

–             Verset 26, Faisons. Ce pluriel peut indiquer une délibération de Dieu avec sa cour céleste (les anges) ; la traduction grecque, suivie par Vulgate., du Ps 8 6, repris dans He 2 7, a compris ainsi notre texte. Ou bien ce pluriel exprime la majesté et la richesse intérieure de Dieu, dont le nom commun en hébreu est de forme plurielle, (élohim). Ainsi se trouve amorcée l’interprétation des Pères, qui ont vu insinuée ici la trinité.

–               L’homme. Nom collectif, d’où le pluriel « qu’ils dominent ».

–             Notre ressemblance. « Ressemblance » parait atténuer le sens de « image » en excluant la parité. Le terme concret « image » implique une similitude physique, comme entre Adam et son fils, 5 3. Ce rapport à Dieu sépare l’homme des animaux. Il suppose de plus une similitude générale de nature : intelligence, volonté, puissance ; l’homme est une personne. Il prépare une révélation plus haute : participation de nature par la grâce.

–               Les bêtes sauvages. Toute la terre (hébreu).

–               Verset 30, la verdure des plantes. Image d’un âge d’or, ou hommes et animaux vivent en paix, se nourrissant des plantes, marque le début d’un nouvel âge.

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