18 1 Lorsqu’il eut fini de parler à Saül, l’âme de Jonathan s’attacha à l’âme de David et Jonathan se mit à l’aimer comme lui-même. * 2 Saül le retint ce jour même et ne lui permit pas de retourner chez son père. 3 Jonathan conclut un pacte avec David, car il l’aimait comme lui-même : 4 Jonathan se dépouilla du manteau qu’il avait sur lui et il le donna à David, ainsi que sa tenue, jusqu’à son épée, son arc et son ceinturon. * 5 Dans ses sorties, partout où l’envoyait Saül, David remportait des succès et Saül le mit à la tête des hommes de guerre ; il était bien vu de tout le peuple, et même des officiers de Saül.
- Titre. Même tradition que 17 12-30. David est encore un inconnu pour Saül. C’est inconciliable avec 16 14-23, aussi l’ancienne version grecque omettait-elle 17 55 –18 5, comme 17 12-31.
- Vers 1. lui-même. Ainsi se déclare l’amitié entre David et Jonathan, qui mettra sa douceur dans les âpres récits qui suivent et durera jusqu’à la mort de Jonathan.
- Vers 4. son ceinturon. Les vêtements participent à la personnalité, cf. 24 5-6 ; 2 R 2 13s ; Rt 3 9. Jonathan s’attache donc ainsi à David, v. 1.
Éveil de la jalousie de Saül. *
6 A leur retour, quand David revint d’avoir tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël au-devant du roi Saül pour chanter en dansant, au son des tambourins, des cris d’allégresse et des sistres. 7 Les femmes qui dansaient chantaient ceci : « Saül a tué ses milliers, et David ses myriades. » 8 Saül fut très irrité et cette affaire lui déplut. Il dit : « On a donné les myriades à David et à moi les milliers, il ne lui manque plus que la royauté ! » 9 Et, à partir de ce jour, Saül regarda David d’un œil jaloux.
10 Le lendemain, un mauvais esprit de Dieu assaillit Saül qui entra en délire au milieu de la maison. David jouait de la cithare comme les autres jours et Saül avait sa lance à la main. 11 Saül brandit sa lance et dit : « Je vais clouer David au mur ! », mais David l’évita par deux fois. * 12 Saül eut peur de David car Yahvé était avec celui-ci et s’était détourné de Saül. 13 Alors Saül l’écarta d’auprès de lui et l’institua chef de mille : il sortait et rentrait à la tête du peuple. 14 Dans toutes ses expéditions, David réussissait et Yahvé était avec lui. 15 Voyant qu’il réussissait très bien, Saül le craignait, 16 mais tous en Israël et en Juda aimaient David, car il sortait et rentrait à leur tête.
- Titre. Le texte de ce ch. est surchargé : redondance du v. 6, premier attentat à la vie de David, vv. 10-11, mariage manqué avec Mérab vv. 17-19, succès de David, v. 30, reprenant les vv. 14-16. L’ancienne version grecque ne contenait pas ces doublets.
- Vers 11. deux fois. les vv. 10-11, de même tradition que 16 14-23, interrompent ici le fil du récit en anticipant l’épisode de 19 8-10.
Mariage de David. *
17 Saül dit à David : « Voici ma fille aînée Mérab, je vais te la donner pour femme ; sers-moi seulement en brave et combats les guerres de Yahvé. » Saül s’était dit : « Qu’il ne tombe pas sous ma main, mais sous celle des Philistins ! » 18 David répondit à Saül : « Qui suis-je et quel est mon lignage, * la famille de mon père, en Israël, pour que je devienne le gendre du roi ? » 19 Mais, lorsque vint le moment de donner à David la fille de Saül, Mérab, on la donna à Adriel de Mehola.
20 Or Mikal, la fille de Saül, s’éprit de David et on l’annonça à Saül, qui trouva cela bien. 21 II se dit : « Je la lui donnerai, mais elle sera un piège pour lui et la main des Philistins sera sur lui. » (Saül dit deux fois * à David : « Tu seras aujourd’hui mon gendre. ») 22 Alors Saül donna cet ordre à ses serviteurs : « Parlez en secret à David et dites : » Tu plais au roi et tous ses serviteurs t’aiment, deviens donc le gendre du roi. » » 23 Les serviteurs de Saül répétèrent ces paroles aux oreilles de David, mais David répliqua : « Est-ce une petite chose à vos yeux de devenir le gendre du roi ? Moi, je ne suis qu’un homme pauvre et de basse condition. » 24 Les serviteurs de Saül en référèrent à celui-ci : « Voilà les paroles que David a dites. » 25 Saül répondit : « Vous direz ceci à David : » Le roi ne désire pas un paiement, * mais cent prépuces * de Philistins, pour tirer vengeance des ennemis du roi. » » Saül comptait faire tomber David aux mains des Philistins.
26 Les serviteurs de Saül rapportèrent ces paroles à David et celui-ci trouva que l’affaire était bonne, pour devenir le gendre du roi. Le temps n’était pas écoulé 27 que David se mit en campagne et partit avec ses hommes. Il tua aux Philistins deux cents hommes, il rapporta leurs prépuces et les compta au roi, pour devenir son gendre. Alors Saül lui donna pour femme sa fille Mikal.
28 Saül dut reconnaître que Yahvé était avec David et que toute la maison d’Israël * l’aimait. 29 Alors Saül eut encore plus peur de David et il conçut contre lui une hostilité de tous les jours. 30 Les princes des Philistins firent campagne, mais chaque fois qu’ils faisaient campagne, David remportait plus de succès que tous les officiers de Saül, et il acquit un très grand renom.
- Titre. Les vv. 17-19 s’accordent mal avec la suite : aucune allusion, sauf la glose du v. 21, à ces fiançailles rompues dans les vv. 20-27, qui développent les mêmes thèmes à propos de Mikal.
- Vers 18. lignage. « mon lignage » (hayyî) cpnj.; « ma vie » (hayyay) hébr.
- Vers 21. deux fois. A propos de Mérab, puis à propos de Mikal. Cette phrase est une glose, cf. note.
- Vers 25. paiement. Le mohar, la somme d’argent que le fiancé payait au père de la jeune fille.
- Vers 25. Prépuces. II arrivait qu’on dénombrât les ennemis tués en leur coupant un membre. Les prépuces certifieront que les victimes sont des Philistins incirconcis.
- Vers 28. d’Israël. « toute la maison d’Israël » grec ; « Mikal, fille de Saül » hébr.