AT-09 1er LIVRE DE SAMUEL

CHAPITRES : 1—  11 12  13  14 15

2. DÉBUTS DU RÈGNE DE SAÜL

Soulèvement contre les Philistins. *

13   1 Saül était âgé de … ans lorsqu’il devint roi, et il régna … * ans sur Israël. 2 Saül se choisit trois mille hommes d’Israël : il y en eut deux mille avec Saül à Mikmas et dans la montagne de Béthel, il y en eut mille avec Jonathan à Géba * de Benjamin, et Saül renvoya le reste du peuple chacun à sa tente. *

3Jonathan tua le préfet des Philistins qui se trouvait à Gibéa * et les Philistins apprirent que les Hébreux s’étaient révoltés. Saül fit sonner du cor dans tout le pays 4 et tout Israël reçut la nouvelle : « Saül a tué le préfet des Philistins, Israël s’est même rendu odieux aux Philistins ! » et le peuple se groupa derrière Saül à Gilgal. 5 Les Philistins se rassemblèrent pour combattre Israël, trois mille chars,six mille chevaux et une troupe aussi nombreuse que le sable du bord de la mer, et ils vinrent camper à Mikmas, à l’orient de Bet-Avèn. * 6 Lorsque les Israélites se virent en détresse, car on les serrait de près, les gens se cachèrent dans les grottes, les trous, les failles de rocher, les souterrains et les citernes. 7 Ils passèrent aussi par les gués du Jourdain, au pays de Gad et de Galaad.

  •                Titre. Les ch. 13-14 se présentent comme un exposé du règne de Saül, avec introduction, 13 1, et conclusion, 14 47-52. Mais ils ne racontent que l’assassinat du gouverneur philistin, la réaction des Philistins et la bataille de Mikmas, qui ne dure qu’un jour. Le règne de Saül remplira encore les ch. 15-31. Le ch. 13 est composite. Les vv. 16-18 et 23 appartiennent au récit ancien, qui se continue au ch. 14. Les vv. 7b-15 sont une composition plus récente. Aucune allusion ne sera faite ensuite à ce premier rejet de Saül, qui paraît être une anticipation du ch. 15.
  •                Vers 1. et il régna. L’hébr. se traduirait : « Saül avait un an lorsqu’il devint roi et il régna deux ans sur Israël », ce qui est absurde. L’âge de Saül à son avènement n’était pas connu, ou a disparu accidentellement du texte. La durée de son règne a peut-être été réduite à deux ans par une considération théologique, cf. Ishbaal, un autre mauvais roi, 2 S 2 10.
  •                Vers 2. à Géba. « Géba » conj,, cf. lev. 15 ; «Gibéa»hébr. L’alternance Géba – Gibéa entre l’hébr. et les versions est une difficulté de ces ch. 13-14. Les choix faits ici s’inspirent des textes parallèles et de la situation géographique. – Jonathan est le fils de Saül, cf. v. 16 et la suite du récit.
  •                Vers 2. à sa tente. Débris d’une tradition indépendante.
  •                Vers 5. Bet-Avèn. Interprété « maison de vanité » et devenu un sobriquet de Béthel, cf. Am 5 5. Mais ici et dans d’autres passages, ce nom doit désigner une ville différente, non localisée.

Rupture entre Samuel et Saül. *

Saül était encore à Gilgal et le peuple tremblait derrière lui. 8 II attendit sept jours, selon le terme que Samuel avait fixé, mais Samuel ne vint pas à Gilgal et l’armée, quittant Saül, se débanda. 9 Alors celui-ci dit : « Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de communion », et il offrit l’holocauste. 10 Or il achevait d’offrir l’holocauste lorsque Samuel arriva, et Saül sortit à sa rencontre pour le saluer. 11 Samuel dit : « Qu’as-tu fait ? », et Saül répondit : « J’ai vu que l’armée me quittait et se débandait, que d’autre part tu n’étais pas venu au jour fixé et que les Philistins étaient rassemblés à Mikmas. 12 Je me suis dit : Maintenant les Philistins vont descendre sur moi à Gilgal et je n’aurai pas apaisé Yahvé ! Alors je me suis contraint et j’ai offert l’holocauste. » 13 Samuel dit à Saül : « Tu as agi en insensé ! Tu n’as pas observé l’ordre que Yahvé ton Dieu t’a donné. Autrement Yahvé aurait affermi pour toujours ta royauté sur Israël, * 14 mais maintenant, ta royauté ne tiendra pas : Yahvé s’est cherché un homme selon son cœur et il l’a désigné comme chef sur son peuple, * parce que tu n’as pas observé ce que Yahvé t’avait commandé. » 15 Samuel se leva et partit de Gilgal pour suivre son chemin. Ce qui restait du peuple monta derrière Saül à la rencontre des hommes de guerre et vint de Gilgal à Géba de Benjamin. Saül passa en revue la troupe qui se trouvait avec lui : il y avait environ six cents hommes.

  •                Titre. C’est le drame du règne de Saül : choisi par Yahvé, il a sauvé son peuple, 11 et 14 ; cependant il est rejeté par Yahvé, 13 et 15. Depuis la préférence accordée à Jacob sur Ésaü, Gn 25 23, cf. Rm 9 13, et l’élection d’Israël, Dt 7 6 ; Am 3 2, jusqu’à la vocation des Apôtres, celle de saint Paul, celle de tout chrétien, toute l’Histoire Sainte proclame la gratuité des choix divins. Mais elle proclame aussi que le maintien de la grâce dépend de la fidélité de l’élu : Saül a été infidèle à sa vocation.
  •                Vers 13. sur Israël. On voit mal quelle fut la faute de Saül : il a attendu sept jours, selon l’ordre donné. Il a lui-même offert un sacrifice, mais cela ne choquait pas la conception ancienne, cf. 14 32-35. La raison du rejet sera plus clairement donnée au ch. 15.
  •                Vers 14. son peuple. II s’agit de David.

Préparatifs de combat. *

16 Saül et son fils Jonathan et la troupe qui était avec eux résidaient à Géba de Benjamin et les Philistins campaient à Mikmas. * 17 Le corps de destruction sortit du camp philistin en trois bandes : une bande prit la direction d’Ophra, au pays de Shual, 18 une bande prit la direction de Bet-Horônet une bande prit la direction de la hauteur qui surplombe la Vallée des Hyènes, vers le désert. * 19 II n’y avait pas de forgeron dans tout le pays d’Israël, car les Philistins s’étaient dit : « II faut éviter que les Hébreux ne fabriquent des épées ou des lances. » 20 Aussi tous les Israélites descendaient chez les Philistins pour reforger chacun son soc, sa hache, son herminette ou sa faucille. 21 Le prix était de deux tiers de sicle pour les socs et les haches, d’un tiers de sicle pour aiguiser les herminettes et redresser les aiguillons. * 22 Aussi arriva-t-il qu’au jour de la bataille, dans l’armée qui était avec Saül et Jonathan, personne n’avait en main ni épée ni lance. Il y en avait cependant pour Saül et pour son fils Jonathan. 23 Un poste de Philistins partit pour la passe de Mikmas.

  •                Titre. Au v. 16 commence le récit ancien de la bataille de Mikmas. Les w. 19-22 sont une parenthèse.
  •                Vers 16. Mikmas. Séparés par le profond Wadi Suweinit, que traversera Jonathan, 14 4s.
  •                Vers 18. le désert. «la hauteur» grec. ; «la frontière» hébr. Des commandos vont ravager tout le pays.
  •                Vers 21. les aiguillons. Texte incertain.