4 1 et la parole de Samuel fut pour tout Israël comme la parole de Yahvé. * Éli était très âgé et ses fils persévéraient dans leur mauvaise conduite à l’égard de Yahvé.
- Titre. Première révélation qui consacre Samuel comme prophète, v. 20. Ce n’est pas un songe : la voix réveille Samuel. Ce n’est une « vision » qu’au sens large, car Samuel ne voit pas Yahvé, il l’entend seulement.
- Vers 3. l’arche de Dieu. C’est au-dessus de l’arche que Yahvé se rend présent et communique ses ordres, cf. Ex 25 22 ; Is 6.
- Vers 12. à la fin. Probablement ajouté après l’insertion de 2 27-36.
- Vers 13. lui annonceras. «Tu lui annonceras» conj. «je lui ai annoncé» hébr. – « Dieu » Çelotitni) grec ; « à eux » (lahem) hébr.
- Vers 1. parole de Yahvé. « comme la parole de Yahvé » conj.; hébr. a : « dans la parole de Yahvé », placé à la fin du v. précédent.
2. L’ARCHE CHEZ LES PHILISTINS *
Défaite des Israélites et capture de l’arche.
4 1 Il advint en ce temps-là que les Philistins se rassemblèrent pour combattre Israël, * et les Israélites sortirent à leur rencontre pour le combat. Ils campèrent près d’Ében-ha-Ézèr, tandis que les Philistins étaient campés à Apheq. * 2 Les Philistins s’étant mis en ligne contre Israël, il y eut un rude combat et Israël fut battu devant les Philistins : environ quatre mille hommes furent tués dans les lignes, en rase campagne. * 3 L’armée revint au camp et les anciens d’Israël dirent : « Pourquoi Yahvé nous a-t-il fait battre aujourd’hui par les Philistins ? Allons chercher à Silo l’arche de notre Dieu, * qu’elle vienne au milieu de nous et qu’elle nous sauve de l’emprise de nos ennemis. » * 4 L’armée envoya à Silo et on enleva de là l’arche de Yahvé Sabaot, qui siège sur les chérubins ; * les deux fils d’Éli, Hophni et Pinhas, accompagnaient l’arche. 5 Quand l’arche de Yahvé arriva au camp, tous les Israélites poussèrent une grande acclamation, * qui fit résonner la terre. 6 Les Philistins entendirent le bruit de l’acclamation et dirent : « Que signifie cette grande acclamation au camp des Hébreux ? », et ils connurent que l’arche de Yahvé était arrivée au camp. 7 Alors les Philistins eurent peur, car ils se disaient : « Dieu est venu au camp ! » Ils dirent : « Malheur à nous ! Car une chose pareille n’est pas arrivée auparavant. 8 Malheur à nous ! Qui nous délivrera de la main de ce Dieu puissant ? C’est lui qui a frappé l’Égypte de toutes sortes de plaies au désert. 9 Prenez courage et soyez virils, Philistins, pour n’être pas asservis aux Hébreux comme ils vous ont été asservis ; soyez virils et combattez ! » 10 Les Philistins livrèrent bataille, les Israélites furent battus et chacun s’enfuit à ses tentes ; ce fut un très grand massacre et trente mille hommes de pied tombèrent du côté d’Israël. 11 L’arche de Dieu fut prise et les deux fils d’Éli moururent, Hophni et Pinhas.
- Titre. Cette histoire, 4 1b-7, n’a avec la précédente que des liens accessoires, les mentions de Silo, d’Éli et de ses fils. Samuel n’y paraît plus. L’arche (cf. Ex 25 10+ et 2 S 6 7+) est maintenant le sujet principal. Par son contenu, son cadre géographique et son humour, le récit s’apparente à l’histoire de Samson, Jg 13-16. D’abord indépendant, il a servi de préface à l’histoire monarchiste de l’institution de la royauté, 9-11, qui se poursuit avec la reprise des guerres philistines, 13-14. Pour avoir la suite de l’histoire de l’arche, il faut passer à 2 S 6, puis à 1 R 8 1-11.
- Vers 1. combattre Israël. « II advint… Israël » grec ; omis par hébr
- Vers 1. Apheq. Au nord du territoire des Philistins.
- Vers 2. rase campagne. « furent tués » versions : « (les Philistins) tuèrent » hébr
- Vers 3. de notre Dieu. L’hébr. surchargé porte, ici et aux vv. 4-5 : « l’arche de l’alliance de Yahvé (ou : de Dieu) ».
- Vers 3. nos ennemis. L’arche est le signe de la présence de Yahvé, v. 7, mais ce même v. indique qu’elle n’accompagnait l’armée qu’exceptionnellement, cf. Jos 6 6 ; 2 S 11 11.
- Vers 4. les chérubins. Première mention de ce titre qui est en relation avec le sanctuaire de Silo, cf. 1 3+. Les chérubins sont les sphinx ailés qui flanquaient les trônes divins ou royaux de l’ancienne Syrie. A Silo comme dans le Temple de Jérusalem, 1 R 8 6, les chérubins et l’arche sont le trône de Yahvé, le « siège » de la présence invisible.
- Vers 5. acclamation. Ce cri religieux et guerrier appartenait au rituel de l’arche, cf. Nb 10 5+.
Mort d’Éli.
12 Un homme de Benjamin courut hors des lignes et atteignit Silo le même jour, les vêtements déchirés et la tête couverte de poussière. 13 Lorsqu’il arriva, Éli était assis sur son siège, à côté de la porte, surveillant la route, * car son cœur tremblait pour l’arche de Dieu. Cet homme donc vint apporter la nouvelle à la ville, et ce furent des cris dans toute la ville. 14 Éli entendit les cris et demanda : « Quelle est cette grande rumeur ? » L’homme se hâta et vint avertir Éli. – 15 Celui-ci avait quatre-vingt-dix-huit ans, il avait le regard fixe et ne pouvait plus voir. – 16 L’homme dit à Éli : « J’arrive du camp, * je me suis enfui des lignes aujourd’hui », et celui-ci demanda : « Que s’est-il passé, mon fils ? » 17 Le messager répondit : « Israël a fui devant les Philistins, ce fut même une grande défaite pour l’armée, et encore tes deux fils sont morts, et l’arche de Dieu a été prise ! » 18 A cette mention de l’arche de Dieu, Éli tomba de son siège à la renverse, en travers de la porte, sa nuque se brisa et il mourut, car l’homme était âgé et pesant. Il avait jugé Israël pendant quarante ans. *
- Vers 13. surveillait la route. Traduit d’après grec ; l’hébr. est corrompu.
- Vers 16. du camp. « du camp » grec ; « des lignes » hébr. influencé par la suite du v.
- Vers 18. quarante ans. éli est improprement assimilé aux Juges d’Israël, cf. Jg 3 7+. « Quarante ans » est un chiffre rond exprimant la durée d’une génération.
Mort de la femme de Pinhas.
19 Or sa bru, la femme de Pinhas, était enceinte et sur le point d’accoucher. Dès qu’elle eut appris la nouvelle relative à la prise de l’arche de Dieu et à la mort de son beau-père et de son mari, elle s’accroupit et elle accoucha, car ses douleurs l’avaient assaillie. 20 Comme elle était à la mort, celles qui l’assistaient lui dirent : « Aie confiance, c’est un fils que tu as enfanté ! », mais elle ne répondit pas et n’y fit pas attention. 21 Elle appela l’enfant Ikabod, disant : « La gloire a été bannie d’Israël », * par allusion à la prise de l’arche de Dieu, et à son beau-père et son mari. Elle dit : « La gloire a été bannie d’Israël, parce que l’arche de Dieu a été prise. »
- Vers 21. bannie d’Israël. Ey-kabôd : « où est la gloire ? » Cette gloire est celle de Yahvé qui trône sur l’arche.